mai 28, 2024

Fallen Angel – Cast Out of Heaven

Avis :

Le mélange des genres dans le métal à donner naissance à des styles qui ont su avoir leur heure de gloire et qui se sont attisés les foudres ou les joies de divers amateurs de musique violente. Nu-Métal, Post-Moderne, Black Atmosphérique, autant de sous-styles qui s’amusent à mélanger les genres pour obtenir des sonorités différentes et bousculer nos habitudes. Et si parfois, on obtient de bons gros succès, parfois, on tombe de haut et on se surprend à détester. C’est un peu le cas avec Fallen Angel. Groupe américain originaire de Rochester dans l’état de New York (à ne pas confondre avec la pléthore de groupes portant ce nom, dont un autre groupe américain), Fallen Angel a un parcours assez atypique. Formé au début des années 80 jusqu’en 1990, la formation ne livrera qu’une démo avant de se séparer. Il faudra alors attendre vingt ans avant que le groupe se reforme avec un nouveau guitariste et un nouveau bassiste. Va alors naître un premier album en 2010, Crawling Out of Hell, puis, huit ans plus tard, un second, Cast Out of Heaven, qui nous préoccupe aujourd’hui. Un album dense, riche, très riche, arborant fièrement dix-neuf titres pour plus d’une heure onze d’écoute, ce second effort ne vaut pourtant pas tripette, tant il peine à fournir des titres efficaces et des mélodies qui restent ancrées en nos mémoires.

Le skeud s’ouvre sur une introduction qui porte le même nom que l’album. Guitares qui se répondent, roulement de tambours qui laisse présager un type un peu Power/Heavy des familles, et même si on reste sur quelque chose de très classique, avec des ajouts électro un peu dégueus, on s’attend à en prendre plein la couenne. Malheureusement, on va vite déchanter avec Fall From Above. Si les riffs peuvent être accrocheurs, ils n’iront jamais plus loin que le riff sans mélodie, toujours au même tempo et avec une rythmique bancale. Mais le pire dans tout réside dans la voix du chanteur, qui se fait doucereusement appeler Caleb – The Teller of Tales. Nasillard, aigu, sans aucune tessiture marquante, le chant se révèle pénible, avec en prime des caquètements qui font plus penser à une poule qu’à un chanteur de métal. On sort très vite du morceau qui ne comporte en plus aucun refrain et pourrait presque se voir comme une intro pénible. The Burning Curse et son démarrage prometteur à la Murderdolls ne va faire que renforcer notre mauvaise première impression, le groupe est incapable de fournir un morceau entêtant et parfaitement construit. On reste constamment sur la même ligne de tempo et le groupe n’arrive pas à rendre cela attractif. On navigue dans un style entre punk et heavy et l’ensemble n’emballe pas. D’autres titres de ce style sont alors légion dans l’album, de The Terror Within et son début poussif à A Clash of Titans et ses envies de Thrash mais qui tombe à l’eau dès que le chanteur ouvre sa bouche.

Au rayon des déceptions, on peut aussi parler des titres instrumentaux qui ne durent pas longtemps et qui ne proposent rien de bien neuf. Charon’s Black Sails veut lancer Lost… on the River Styx mais suscite un ennui poli alors que Harem of Sin et ses gémissements féminins, promettant un Lord of the Flesh langoureux, ne fait que jouer avec des riffs dégoulinants et sans réelle saveur. Ajoutons à cela des morceaux qui sont tout bonnement inécoutable, de par leur volonté de faire quelque chose de plus complexe, de plus lent, de plus atmosphérique. L’exemple le plus probant est Ascension, peut-être le pire titre de l’album, qui manque d’émotion, de tension et qui met en avant la voix insupportable du chanteur, transformée avec une espèce de reverb tout bonnement dégueulasse. Fort heureusement pour nous, dans son tout dernier tiers, le groupe semble touché par la grâce, lâchant trois titres successifs plutôt bons, comme Blackened Hearts qui, pour le coup, détient une vraie ambiance sombre et un réel travail sur la mélodie et le tempo. C’est lent et lourd, le chanteur n’en fait pas des caisses et garde son voix normale pour mieux nous emporter dans ce titre mieux maîtrisé. Même le refrain est intéressant et il est dommage que le titre arrive bien trop tard au sein de l’album. On peut aussi citer Withered Souls, plus nerveux, mais là aussi plus intéressant d’un point de vue technique et sans trop de chichi. Manque de bol pour le groupe, ces morceaux arrivent à la toute fin, peuvent potentiellement nous laisser une bonne impression, mais finalement, on se rappelle aux terribles titres du début et le mojo redescend aussi vite.

Au final, Cast Out of Heaven, le dernier album en date de Fallen Angel (en même temps, s’il leur faut huit ans pour faire un album, on a le temps), est un mauvais album de métal. En faisant constamment des efforts sur la voix, ajoutant sans cesse de la reverb ou des éléments électro en trop, le groupe se perd dans un mélange des styles pénible et sans aucune saveur particulière. En un mot comme en mille, il s’agit-là d’un album très décevant, pourtant généreux, mais il aurait mieux fallu faire moins de titres et mieux maîtrisé son univers et sa technique. Dommage.

  • Cast Out of Heaven
  • Fall From Above
  • The Burning Curse
  • Charon’s Black Sails
  • Lost… on the River Styx
  • The Terror Within
  • Ascension
  • Democales
  • The Man in Black
  • Harem of Sin
  • Lord of the Flesh
  • Dance of the Dead
  • Within this Arena… Glory Awaits
  • A Clash of Titans
  • The Fall of a Lord
  • Blackened Hearts
  • Withered Souls
  • Doomed
  • The Fallen

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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