My Beautiful Boy – Pour un Fils

Titre Original : Beautiful Boy

De : Felix Van Groeningen

Avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Jack Dylan Grazer, Maura Tierney

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme billant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire. 
Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à l’héroïne et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance.
Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille.

Avis :

Après Alabama Monroe et Belgica, Felix Van Groeningen est de retour avec My Beautiful Boy. Porté par Steve Carell, Amy Ryan et la star montante Timothée Chalamet, il s’agit de son premier film américain, qui plus est adapté d’une histoire vraie. Une relation père/fils compliquée et déchirante qu’on décrypte ici.

Maura Toerney and Steve Carell star in BEAUTIFUL BOY

Un casting impeccable

C’est la première fois que Felix Van Groeningen tourne réellement avec des stars internationales. Disons-le d’entrée, Steve Carell, entre Bienvenue à Marwen et My Beautiful Boy, méritait amplement au moins une nomination à la prochaine cérémonie des Oscars dans laquelle il a été totalement boudé. Tout comme le film d’ailleurs qui ne récolte lui non plus aucune nomination. Pourtant, le film de Felix Van Groeningen avait tout pour plaire au jury tant il parle d’un sujet universel tout en utilisant des ressorts émotionnels forts d’espoir, de partage et de combat d’un homme américain contre un fléau mondial, cher aux représentants des Oscar. Peut-être est-ce l’absence de happy end qui les a déçus ? Blague à part, on parle des Oscar car finalement My Beautiful Boy est un film largement calibré sauvé par son casting impressionnant. Thimothée Chalamet est encore une fois impeccable, très propre et précis, mais manque d’une certaine folie. Son petit air hautain fonctionne parfaitement avec son personnage mais il semble s’enfermer dans un jeu de jeune beau gosse ténébreux et torturé. Si ce n’est sa courte et géniale apparition dans Hostiles, il faudra faire attention à ce qu’il ne s’enferme pas dans des rôles sur mesure. Il n’empêche que la star montante tient la baraque et signe encore une prestation très précise, peut-être légèrement moins inspirée que ses précédentes incarnations.

C’est bien Steve Carell qui impressionne du début à la fin. Il méritait sa nomination dans la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle. Dans la peau d’un père vieillissant mais extrêmement ouvert d’esprit, il se lance dans une quête qu’il ne peut gagner : sortir son fils de la drogue dure. Accro notamment à l’héroïne, une des drogues les plus addictives de toute, il se bat constamment pour tenter de sauver la chair de son sang. Patient, pédagogue, aimant, il est confronté à des situations complexes qu’il affronte avec un calme incroyable. Steve Carell incarne le père parfait et renvoie forcément le jeune spectateur à son propre paternel. Inversement, Felix Van Groeningen va renvoyer le public plus âgé à leur propre enfant. La relation paternelle est parfaitement développée et donne tout l’intérêt au long métrage. Steve Carell est parfait, ne tombe jamais dans la surenchère et propose une prestation toute en subtilité. Radieux, on a envie de le prendre dans nos bras à chaque instant, un peu à la manière du regretté Robin Williams dans ses grands jours.

Le long métrage évite le pathos

Felix Van Groeningen offre une mise en scène à tiroirs, composée de flashbacks et autres avancées dans le futur. Avec ce montage, il permet de capter l’attention de son assistance, mais permet également de donner un ton étonnant au film. Malgré la descente aux enfers du fils, le ton reste très positif, constamment tourné vers l’espoir, plutôt que le renoncement. Grâce à ce choix judicieux, My Beautiful Boy permet de créer des ressorts émotionnels solides en plaçant le spectateur directement au sein de la famille Sheff. Adapté d’une histoire vraie, ce montage permet de renforcer l’empathie du spectateur pour les personnages. Le sentimentalisme prend racine, devant les retours en arrière vers l’enfance du fils, et les débuts de père de Steve Carell. En adaptant les nouvelles Beautiful Boy : A Father’s journey through his son’s addiction de David Sheff (le père) et de Tweak : Growing up on methamphetamines de Nic Sheff (le fils), la résonante du film trouve donc une approche très réaliste, permettant de renforcer les ressorts dramatiques. Felix Van Groeningen parvient relativement à éviter le pathos, permettant à My Beautiful Boy de ne pas tomber dans le tire larme et la dégoulinante suintante de bons sentiments, mais prend parfois des airs de remontrance légèrement usante.

Kaitlyn Dever and TimothŽe Chalamet star in BEAUTIFUL BOY

My Beautiful Boy dépeint une société dans laquelle la drogue est trop facilement abordable et casse le cliché de la jeunesse pauvre et précaire qui tombe dans la drogue. Cette fois, il s’agit d’un jeune homme issu d’une famille aisée qui délaisse toutes ses aspirations pour se défoncer jusqu’à l’overdose. Reste que le long métrage, malgré son message plein d’espoir et de bons sentiments, ne demeure pas très original, préférant ne pas prendre de grands risques et adapter textuellement les deux nouvelles. Néanmoins, la relation père/fils fonctionne brillamment grâce à cette mise en scène qui superpose les deux points de vue, de manière un peu répétitive, mais totalement légitime.

Note : 14/20

Par Aubin

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