HellHound – Nothing Left

Avis :

La vie de certains groupes est vraiment passionnante. Entre les disputes, les séparations, les projets solos, les rumeurs ou encore les rivalités entre bandes, on trouve de tout et il y a de quoi faire des tonnes de livres. Pour autant, cela ne touche pas seulement les groupes « connus ». En effet, le monde du métal est si vaste et varié que même les petites formations ont droit à leurs moments de flottement, à l’image de HellHound. Groupe de thrash métal américain originaire de Californie, la vie de ce groupe n’est pas des plus apaisante. En effet, formé en 1984, le groupe ne sortira que trois démos avant de décider de se séparer en 1988. Le groupe refait surface en 1998, le temps de sortir une compilation, mais on n’aura plus de nouvelles jusqu’en 2009. Le groupe décide alors de se reformer vingt-et-un ans plus tard pour sortir une démo avant de se séparer une nouvelle fois en 2011. La vie du groupe semble tumultueuse et on pourrait croire à un arrêt définitif. C’était sans compter qu’en 2014, le groupe redevient actif et se permet même de sortir un premier album, Nothing Left en 2016. Relativement encensé par la presse spécialisée à l’époque, que vaut vraiment ce premier effort d’un groupe qui semble inconstant ?

Le skeud débute avec Red Sun, Black Sand et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça envoie du très lourd très rapidement. Les riffs sont rapides, puissants, le batteur s’acharne sur ses fûts comme jamais et la mélodie rentre rapidement en tête malgré sa violence inhérente. C’est lorsque le chanteur commence alors à pousser la chansonnette que l’on comprend que nous sommes en plein Thrash puissant à la Pantera. Le morceau pulse, donne immédiatement envie de bouger la tête dans tous les sens et le refrain est bien catchy comme il faut. On sent une profonde maturité chez HellHound et une envie de taper fort et vite. Le groupe se targue même de quelques petits solos entre chaque couplet, histoire de montrer sa maestria technique. Avec The Bleeding Edge, le groupe reprend sa recette mais dans un rythme plus léger. La rythmique reste la même, mais on arpente un Thrash plus classique, un poil moins nerveux d’un point de vue puissance vocale, mais globalement, le titre marche autant que le précédent. La structure est assez similaire, on fait face à un titre assez simple mais d’une redoutable efficacité. Mais tout cela, c’est avant que ne déboule les deux titres suivants, Circle of Truth et sa puissance destructrice initiée par une ligne de basse parfaite, et Hollow of Faith et son introduction qui écrase tout sur son passage. Les deux morceaux sont d’une maîtrise folle et donne immédiatement de partir dans un pit pour en découdre.

On pourrait croire que l’ensemble est assez répétitif, avec une violence exacerbée et des riffs rapides et surpuissants. Ce n’est pas tellement faux, mais à chaque plage, le groupe arrive à se renouveler et à nous accrocher avec des refrains accrocheurs et surtout, des mélodies qui sont sensiblement différentes. A titre d’exemple, Dark Discovery est un morceau ultra dense qui ne nous lâche pas d’une semelle avec des riffs très lourds mais qui n’entachent jamais la mélodie. Le morceau pourrait se voir comme un énorme rouleau-compresseur qui n’a que faire de la douceur. Avec Blood Feud, on retrouve des riffs un poil plus « légers », où les deux guitares se répondent coup sur coup avant d’entamer un couplet et cette façon de faire donne un coup de fouet à l’ensemble. C’est très dynamique, ça change de ce que l’on a eu avant et en plus de cela, c’est fait avec une maîtrise totale. Pour As the Needle Drips, le groupe revient sur quelque chose de surpuissant et de très dense. Le titre est peut-être moins mémorable, mais il demeure réalisé avec une technicité folle. Beyond Time and Space s’amuse avec une introduction qui permet d’instaurer une ambiance un peu malsaine que ne renierait pas Voivod par exemple et surtout une rythmique plus hachurée qui fait penser à Metallica. Bref, du tout bon. Et que dire de Killing Spree qui clôture l’album avec violence et rapidité, synthétisant à lui tout seul le crédo du groupe.

Au final, Nothing Left, le premier et dernier album en date de HellHound, est une belle réussite dans son domaine. Véritable machine de guerre à la fois Thrash et Speed, on sent que les américains ont du vécu et montre avec ce premier effort qu’ils peuvent vite devenir un poids lourd de la scène métal. On espère que la formation tiendra plus longtemps afin de livrer une nouvelle galette et d’asseoir un peu plus leur statut d’excellent groupe de thrash.

  • Red Sun, Black Sand
  • The Bleeding Edge
  • Circle of Truth
  • Hollow of Faith
  • Dark Discovery
  • Blood Feud
  • As the Needle Drips
  • Beyond Time and Space
  • Killing Spree

Note : 17/20

Par AqME

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