Windtalkers – Les Messagers du Vent

De : John Woo

Avec Nicolas Cage, Adam Beach, Christian Slater, Mark Ruffalo

Année: 2002

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre

Résumé:

En 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, face à l’ennemi japonais, les Etats-Unis ont utilisé une méthode de codage : le langage Navajo, uniquement compris et parlé par certains soldats indiens. Ces code talkers transmettaient les messages codés entre les bases américaines disséminées sur les îles du Pacifique.
Le marine Joe Enders sort blessé d’une bataille sanglante sur les îles Salamon. Après avoir récupéré dans un hôpital, il est chargé d’une nouvelle mission consistant à assurer la sécurité de deux soldats navajos, Ben Yahzee et Charlie Whitehorse, et à « protéger le code à tout prix » pour l’empêcher de tomber aux mains de l’ennemi. En clair : sacrifier, si besoin est, leurs frères d’armes. Durant ce périple, Joe se voit accompagner d’Ox Anderson et d’autres soldats. En pleine bataille de Saïpan, des liens d’amitié se tissent entre les Navajos et leurs « anges gardiens ».

Avis:

Parmi tous les réalisateurs venant de Hong-Kong ou de Chine, John Woo fait partie de ceux qui ont fait une très belle carrière aux States. Avec des films d’action devenus aujourd’hui cultes comme Volte-Face, le cinéaste a rapidement reçu les honneurs et les coudées libres pour faire un peu ce qu’il voulait. Et ce fut là l’une des premières erreurs de Hollywood. En lui confiant par exemple le deuxième volet de la saga Mission : Impossible, le réalisateur alors dans son âge d’or allait exploser en plein vol, en même temps que ses ralentis sur des colombes. Plus parodique qu’autre chose, le cinéma de John Woo va montrer ses limites avant de retourner en Chine et de presque retomber dans l’anonymat le plus total, ses films récents ne sortant plus qu’en DTV aujourd’hui, quand des distributeurs osent en sortir un. Mais avant cette débandade qui fait plus de mal que de bien, John Woo a réalisé un film de guerre démesuré, qui s’attarde sur un fait assez inconnu de la Seconde Guerre mondiale, les codes Navajos de ceux de ceux que l’on appelait les messagers du vent. Et que reste-t-il de ce film ? Pas grand-chose, l’ensemble ayant mal vieilli et la narration souffrant d’une redondance trop marquée.

Pour la petite histoire, on va suivre Ben Yahzee, un Navajo qui va être recruté par l’armée pour envoyer des codes secrets sur le champ de bataille afin que les japonais ne puissent pas deviner ce qu’il se trame. Il est protégé par Joe Enders, un marine qui fut blessé et laissé pour mort sur le champ de bataille et qui rêve d’une revanche. Envoyés sur l’île de Saïpan, les deux hommes vont apprendre à se connaître et tenter de survivre à une bataille violente et presque sans espoir. Ça, c’est dans les grandes lignes, car John Woo, avec ce film, va s’attarder sur bien d’autres points et surtout, il va vouloir mettre en avant sa réalisation assez caractéristique au profit de scènes de bataille dantesques. Et globalement, on ne peut pas trop lui reprocher d’en faire trop sur ces séquences. Le film est d’ailleurs assez généreux en fusillades, bombardements et autres moments épiques. Quand il faut foutre le feu et sacrifier des hommes, Windtalkers ne fait pas dans la dentelle et n’hésite pas à tuer n’importe qui, même des personnages importants, même des personnages secondaires faisant des actions héroïques. C’est la guerre et personne n’est à l’abri. De ce point de vue, le film s’avère plutôt réussi et assez réaliste.

Cependant, ce qui fait la grande faiblesse du film, c’est sa redondance et sa narration hachurée. En fait, John Woo découpe son film en quatre parties bien distinctes. En premier lieu, on a une bataille, une défaite, puis le recrutement des messagers du vent. En deuxième temps, on aura droit à la construction du duo, la difficile alliance et une première bataille qui érige John Enders en héros. En troisième phase, le duo commence à se faire confiance, Ben Yahzee accepte de tuer du japonais pour sauver sa vie et celle des autres et Joe Enders commence à avoir de l’estime pour lui. Dans le dernier acte, Joe Enders se sacrifie, la bataille est gagnée grâce à un acte héroïque du duo. Tout cela est très codifié et ne sort jamais des clous. C’est l’un des points faibles du film, tout comme l’alternance bataille/phase calme qui va revenir trois ou quatre fois. Ne pouvant faire évoluer les relations du duo durant les fusillades, John Woo décide alors de faire des moments de pause pour épaissir un peu ses personnages. Ainsi donc, c’est dans les moments d’apaisement que le duo discute, fait connaissance et évolue. Cela aurait pu passer, mais c’est vraiment visible et très appuyé.

D’autant plus que l’on aura du mal à croire au personnage joué par Nicolas Cage, rongé par les remords et une réelle envie de mourir. L’acteur est bien souvent en surjeu, essayant de paraître badass en tirant tout le temps la gueule ou en faisant des actions suicidaires sur le champ de bataille. Un personnage relativement détestable et qui ne va pas forcément s’améliorer par la suite. On lui préfèrera un Christian Slater souriant et positif ou encore un Adam Beach assez crédible dans le rôle d’un Navajo pacifiste à la base mais que la guerre va changer à tout jamais. Les relations entre tous les personnages semblent superflues, et se résument à quelques notes jouées à la flûte et à l’harmonica ou encore à un échange de bonnes idées sur le champ pour infiltrer le camp des japonais. C’est très mince et on retrouve souvent la mièvrerie qui baigne les films de John Woo. D’autant plus que l’on retrouve toujours des tics de réalisation assez pénibles comme le ralenti sur des vols d’oiseaux (faute de colombes, on prend des mouettes) ou les sauts grandiloquents des morts par balles qui semblent sortir d’un concours de plongeon. C’est assez triste à dire, mais cela nuit grandement à la crédibilité de l’ensemble.

Au final, Windtalkers – Les Messagers du Vent est un film de guerre relativement moyen et qui souffre des affres du temps. Si d’un côté on prendra plaisir lors des phases de bataille et que certaines séquences sont assez grandiloquentes, on regrettera amèrement les relations cul-cul la praline entre les personnages et les quelques thèmes intéressants tout juste survolé comme le racisme, le machisme ou encore cette façon qu’a la guerre de vous bouffer tout cru. Pour rester dans un vocabulaire culinaire, on peut dire qu’avec ce film, on reste sur notre faim, voyant son potentiel, mettant en lumière un fait quasi inconnu de l’histoire, mais ne restant qu’en surface pour finalement brasser du vent ou des approfondir des personnages pas intéressants, à l’image de Joe Enders joué par Nicolas Cage.

Note : 12/20

Par AqME

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