Blood Hunt

De : Sam Curtain

Avec Dean Kirkright, Kahli Williams, Thomas Roach, Benjamin Denmeade

Année: 2015

Pays: Australie

Genre: Horreur

Résumé:

Dans une Australie aride, un couple, Dean et Claire, va rencontrer l’enfer sur Terre.

Avis :

C’est assez drôle de voir qu’en fonction des pays, les films d’horreur peuvent avoir des références différentes et immédiatement attachées à leur folklore. On peut parler des fantômes aux longs cheveux noirs pour les japonais, des films brumeux et gothiques britanniques ou encore des rednecks complètement frappés de nos amis australiens. Si l’île continent n’est pas forcément une terre prolifique en matière de septième art et de péloches de frousse, il y a tout de même quelques pépites qui ont fait le tour du monde. On pense bien évidemment à Wolf Creek et son tueur en série raciste, mais aussi à The Horseman, thriller hard boiled de vengeance d’un père de famille qui va au bout de ses convictions. Avec Blood Hunt, l’Australie espère peut-être passer un nouveau cap avec un premier film d’horreur pour Sam Curtain, qui mélange de façon ostentatoire rape & revenge et torture porn. Deux axes qui ne brilleront pas par leur qualité narrative et les messages sensibles à faire passer aux téléspectateurs, mais qui se veulent choquants et rentre-dedans. Le pari est-il réussi ? Bien sûr que non.

L’histoire est très simple. Un couple part passer un weekend en campagne australienne. Ils se font attraper par trois bouseux qui vont les torturer, violer la nénette la tuer. L’homme, ivre de rage, décide de buter les trois types. Le film est aussi simpliste que cela et ne va pas chercher plus loin. Il faut dire que lorsque l’on a un budget serré, il faut faire au plus simple, et ne pas chercher à réaliser quelque chose de complexe et de trop couteux. Le problème, c’est que Blood Hunt est bien trop simpliste, et qu’il arrive avec au moins dix ans de retard. Outre son écriture parcellaire, on n’aura strictement aucune empathie pour les personnages et leurs lignes de script seront quasi nulles. Dean et Claire forment un couple lambda, plutôt aimant mais qui ont des désaccords sur leur vie future, elle voulant des enfants et lui ne se prononçant pas. On va voir qu’ils s’aiment tout de même, mais hormis ça, on n’aura rien pour les rendre spéciaux ou pour que l’on puisse s’identifier à eux. Leur vie semble terriblement monotone et on s’emmerde avec eux. Alors oui, ils sont crédibles, mais franchement, dans ce genre de films, il faut des personnages forts si on veut ressentir quelque chose. Le problème, c’est que ce défaut d’écriture et de caractérisation des personnages est aussi présent chez les méchants. On a un trio de merdeux consanguins qui n’ont aucun background et qui semblent faire ça pour leur bon plaisir sans jamais craindre la police ou les forces de l’ordre. Bref, des débiles violents mais qui n’ont aucune nuance ni épaisseur. Et leurs rôles sont amoindris avec une introduction caméra à l’épaule qui ne laisse aucune hésitation quant à leur fonction dans le film, ce qui atténue toute tension et toute nuance.

Au-delà de ce simple constat alarmant, le film ne va rien délivrer comme message. Si parfois, et je dis bien parfois, on retrouve des messages féministes dans les rape & revenge, dans Blood Hunt, il n’y a rien. Le film est binaire au possible et ne souhaite qu’une chose, de la violence plus ou moins graphique et des moments qui se veulent insoutenables. On aura donc droit à des coups, un viol, de la torture psychologique, des courses-poursuites, encore des coups, etc… Le film étant très court, il a au moins ça pour lui, de ne pas trainer en longueur. Le début de présentation dure environ quinze minutes pour ensuite balancer la sauce avec ce qu’il faut de moments plus ou moins trash. Plus ou moins parce que là aussi, les moments sont souvent hors-champ et c’est bien souvent surjoué à mort. Prenons un exemple tout simple, lorsque le gentil Dean décide de mettre un coup de couteau dans l’entrejambe de celui qui a violé sa femme, il prend son temps pour étendre son bras vers l’arrière afin d’un peu plus marquer le coup. C’est inutile en plus de faire très théâtral, très joué. De ce fait, Blood Hunt n’arrive pas à paraître crédible et à offrir des moments relativement rudes.

A cela s’ajoute la réalisation et la performance des acteurs. Très franchement, le couple est assez bon. Si on regrette que Kahli Williams passe son temps à hurler et à devenir hystérique, son expression au moment du viol est assez sidérante et reflète bien la douleur. Cependant, pour le reste, elle toujours aux fraises et semblent constamment dans le surjeu. Pour son compagnon, interprété par Dean Kirkright, il est plus dans la mesure et s’avère plutôt intéressant. Mais encore une fois, quand il faut jouer des moments plus âpres, il est dans la surenchère et c’est bien dommage. La fin par exemple est symptomatique de ce manque de finesse dans le jeu. Concernant les méchants du film, on flirte constamment avec le mauvais goût. Le leader est peu charismatique mais arrive à se rendre détestable. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas de ses deux acolytes, un obèse simplet qui se demande ce qu’il faut là et un rouquin qui n’a pas les atours nécessaires pour ce genre de rôle. Il irait mieux comme victime plutôt que bourreau. Quant à la réalisation, ce n’est pas terrible non plus. On sent le manque de budget et la volonté du réalisateur de coller au plus près de ses personnages pour limiter la casse des plans larges et vides et aussi pour être au plus proche de la douleur. Malheureusement, il n’y a rien d’iconique et lors de la course-poursuite, on va vite se rendre compte que c’est hyper cut et que certains plans ne vont pas ensemble. En fait, on veut rendre l’ensemble dynamique sans jamais y arriver vraiment, la faute à une succession de plans qui ne servent à rien dans ce qu’ils montrent.

Au final, Blood Hunt est un piètre film, même pour un premier essai complètement fauché. Entre un scénario qui tient sur trois lignes, des acteurs au rabais et surtout une tension qui n’est jamais palpable la faute à des tics de réalisation impardonnables, on fait face à un film d’horreur binaire, simpliste, crétin et sans fond. Un mélange hasardeux de Rape & Revenge et de Torture Porn qui n’arrive pas à mettre mal à l’aise et loupe complètement son but premier, faire peur.

Note : 05/20

Par AqME

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