F.K.Ü – 1981

Avis :

Si beaucoup de personnes estiment que les films d’horreur sont destinés à un public immature et que l’art, le vrai, ne réside que dans des films dramatiques ou des films d’auteur, F.K.Ü semble bien décidé à montrer le contraire. Car le cinéma horrifique, malgré tout le mal que l’on peut en dire, est le seul genre à générer autant de fans, à générer autant de réactions, bonnes ou mauvaises, et il est aussi le seul à bénéficier d’un engouement créatif puissant. Pour preuve, le genre horrifique est devenu transmédia puisqu’on le retrouve en série, en littérature, dans les jeux vidéo ou encore en musique. Oui, en musique et en dehors des bande originale de film glauque à la Charlie Clouser. F.K.Ü est un groupe suédois originaire de Uppsala qui fut fondé à la fin des années 80. Après quelques disputes, le groupe ne survit qu’une année, avant de reprendre sa forme à la toute fin des années 90. S’ensuit alors un premier album, Metal Moshing Mad avec pas moins de 22 pistes très courtes, mais qui faisaient déjà référence à moult films d’horreur comme Halloween ou encore Maniac de William Lustig. Suivant un rythme de production assez sporadique, le groupe décide de sortir 1981 en 2017 avec un concept tout bête, parler de films d’horreur sortis durant cette année. Est-ce réussi ? Sur le fond oui, puisque nous avons 15 pistes assez courtes mais qui évoquent des films horrifiques, mais sur la forme, ça laisse un peu à désirer.

Le skeud débute avec 1981. L’introduction du titre est une VHS que l’on insère dans un magnétoscope, puis arrive alors des riffs assassins et très rapides. Pas trop de doute sur le style du groupe, on nage en plein thrash avec comme but d’aller vite, de ne pas laisser l’ambiance prendre le dessus et d’épuiser à coups de courtes rafales l’auditeur. Et les morceaux vont s’enchainer à une vitesse folle, laissant peu de répit, mais démontrant aussi une grosse lacune : la redondance. Car si certains morceaux sortent du lot (on en reparlera un peu plus bas), la première chose qui frappe quand on écoute l’ensemble du disque, c’est que c’est souvent la même chose. La succession de morceaux courts et rapides est un peu dérangeante dans le sens où l’on ne mémorise rien et où l’on sent vite le schéma constructif des titres. On prend un film, on parle de ce qui s’y passe et on va voir autre chose. Alors oui, les thématiques changent un peu et on restera un peu plus sur des titres comme Evil Dead ou encore The Funhouse, mais ça reste très léger et c’est bien dommage. D’autant plus que l’on a la désagréable sensation que le groupe n’exploite pas toutes ses capacités, voulant rester dans une zone de confort un poil trop facile.

Alors ce n’est objectivement pas mauvais. Les qualités techniques sont là et on ressent une vraie recherche en fonction des morceaux et des films traités. The Funhouse par exemple, laisse parler une jolie ligne de basse au départ, le rire du chanteur renvoie à l’image de ce clown maudit, et les riffs assassins du refrain sont très efficaces. Mais le titre peine à durer plus de deux minutes et c’est un peu frustrant de ne pas trouver un petit solo ou une ambiance un peu plus poussée. Parmi les titres les plus intéressants de l’album, on peut aussi citer The Prowler, qui est un titre très violent et qui tabasse bien dès le départ ou encore Evil Dead en bonus, qui tente dans son départ de créer un petit truc maléfique, qui peut représenter en quelque sorte les Deadites qui rampent sur le sol se rapprochant de la cabane dans les bois. C’est léger, mais ça a le mérite de ne pas rentrer de suite dans le vif du sujet et de tenter une approche plus travaillée. Il y a aussi un point intéressant au sein du groupe, c’est la voix du chanteur, qu’il semble pouvoir moduler un peu comme il veut. Il part aussi bien dans les aigus que dans les graves pour finir ses phrases et cela donne un grain particulier à certains titres, ce qui peut se révéler plaisant. Malheureusement, on reviendra toujours sur ce qui marque le plus, à savoir la répétitivité des riffs et des rythmiques, qui semblent toutes calquées sur la même chose.

Au final, 1981, le dernier album de F.K.Ü, est une galette en demi-teinte, qui va certainement plaire aux fans de thrash ultra rapide et sans recherche de solos, mais qui risque de décevoir ceux qui cherchent autre chose ou une quelconque variation au sein de l’album. Pour le coup, si technique on sent qu’il y a du niveau, le groupe se contente de répéter inlassablement le même schéma rythmique et c’est vite fatigant, pour ne pas dire presque déplaisant. Un album moyen en somme mais qui a le mérite de montrer une culture horrifique assez dense et cela donne fortement envie de se replonger dans certaines œuvres.

  1. 1981
  2. Nightmares in a Damaged Brain
  3. Hell Night
  4. Corpse Mania
  5. Friday the 13th Part 2
  6. The Burning
  7. The Funhouse
  8. The House by the Cemetery
  9. Burial Ground
  10. The Prowler
  11. The Beyond
  12. Halloween II
  13. Night School
  14. Ms 45
  15. Evil Dead

Note : 11/20

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Par AqME

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