Hôtel Transylvanie 3 – Des Vacances Monstrueuses – La Croisière s’Affole

Titre Original : Hotel Transylvania 3 : Summer Vacation

De: Genndy Tartakovsky

Avec les Voix de Adam Sandler, Andy Samberg, Selena Gomez, Kevin James

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Notre famille de monstres préférée embarque pour une croisière de rêve afin que Drac puisse enfin souffler un peu et savourer des vacances au lieu de s’occuper de tout le monde à l’hôtel. Tout s’annonce à merveille pour la petite famille, entre matchs de volley monstres, excursions exotiques et séances de bronzette au clair de lune… Mais les vacances idéales prennent un tour inattendu lorsque Mavis se rend compte que Drac est tombé sous le charme de la mystérieuse Ericka, la capitaine humaine du navire, dont le secret les menace tous…

Avis :

Avant de commencer une carrière de réalisateur au cinéma, Genndy Tartakovsky était surtout connu pour ses travaux sur la chaîne Cartoon Network. Avec des séries comme Samuraï Jack ou encore le Laboratoire de Dexter, la patte graphique de Tartakovsky est très vite reconnaissable, donnant un ton cartoonesque à ses œuvres et voulant à chaque fois exagérer les mimiques, la gestuelle ou encore les exploits physiques de ses protagonistes. Il y a six ans de cela, le réalisateur se lançait alors dans l’aventure du long-métrage avec Hôtel Transylvanie. Un projet ambitieux dans lequel les monstres les plus connus du cinéma se retrouvaient dans un hôtel pour passer des vacances reposantes. Seulement, entre une animation un poil faiblarde et une histoire très mince, le dessin animé peinait à convaincre malgré son grand nombre d’entrées. Il n’était donc pas étonnant de retrouver une suite trois ans plus tard, un poil meilleur, mais qui ressassait pas mal de thèmes identiques comme l’acceptation de l’autre malgré ses différences ou encore la peur de l’inconnu injustifiée. Mais là aussi, les résultats furent satisfaisants et c’est trois ans plus tard que sort ce troisième opus, qui change de cadre, mais pas forcément de fond.

La principale idée de ce nouveau volet des aventures de Dracula et consorts, c’est de les placer dans un contexte différent dudit hôtel, pour les mettre sur un paquebot de croisière avec d’autres monstres. Il sera alors question de changer d’univers pour aborder des lieux insolites et ainsi donc montrer un univers plus étendu des monstres. Et il y aura du nouveau, comme le Kraken, les Gremlins qui tiennent leur propre compagnie d’aviation ou encore les hommes-poissons. Ce changement de lieu sera aussi propice à changer les décors, entre une plage au clair de lune, un volcan sous-marin ou encore un bateau richement décoré avec énormément de couleurs, Genndy Tartakovsky s’est fait plaisir et se lâche complètement sur l’ambiance très festive. D’ailleurs, ce troisième volet sera certainement l’opus le plus musical et le plus dynamique dans son histoire, accumulant parfois des passages complètement hystériques. Le problème, c’est que l’on voit vite que l’on n’est pas chez Pixar et techniquement, c’est un peu à la ramasse. Alors oui, le character design est intéressant et change de ce que l’on peut voir avec Disney, mais on sent que tout cela manque de finesse. Les textures sont assez lisses, certains arrière-plans sont vides et du coup, on a l’impression, par moments, de voir un dessin-animé un peu low cost.

Fort heureusement, le film change un peu son fusil d’épaule au niveau du message à faire passer. Si plusieurs lectures sont possibles en fonction des personnages, on ciblera surtout l’histoire d’amour entre Dracula et une humaine, qui se veut impossible mais qui va pourtant réserver son lot de surprises. Le problème avec cette histoire, c’est que dans le fond, elle ressemble à celle du premier, c’est-à-dire montrer que l’altruisme doit primer et qu’être un monstre ne signifie pas forcément être monstrueux dans son fond. Tout comme être humain ne veut pas forcément dire être bon. Genndy Tartakovsky ressasse un peu cette thématique et même si elle est bien amener, elle reste très classique et certains réalisateurs comme Guillermo Del Toro le font beaucoup mieux. Fort heureusement, derrière tout ça, il est question d’héritage, d’éducation, de changement de mœurs, de droit au bonheur ou encore de parentalité. Des thèmes bien présents, mais un poil trop sous-exploités, ce qui est bien dommage. Là aussi, le film se rattrape sur son design qui montre des parents exténués, voire blasés, un méchant humain mais qui sera finalement, même dans son physique, monstrueux, et des enfants qui tiennent tête à leurs parents. L’image de ce film possède un sens et c’est un plus indéniable.

Enfin, le film vaut le coup d’œil pour ses multiples références au cinéma d’horreur, mais aussi à son humour efficace, parfois bête, mais souvent à propos. Prenons un exemple tout bête, mais les Gremlins dans l’avion est un moment à hurler de rire qui rappelle les films de Joe Dante, mais qui détient aussi sa part de délire visuel. Alors on n’échappera pas à pets et aux rots, ou encore à la bave d’un chien géant, mais cela reste suffisamment pour ne pas prendre le pas sur le reste. L’hystérie collective participe à cet humour sympathique et le final, qui est une battle de musique, sera l’une des bonnes idées du métrage, confrontant musique électro agressive à des tubes de l’été en puissance qui font parfois du bien et permettent de créer une certaine cohésion. Et d’un point de vue référence, on en a pour notre argent, car hormis les personnages que l’on connait tous (et malgré le fait que certains soient complètement sous-exploités comme le loup-garou ou l’homme invisible), de nouveaux viennent faire leur apparition comme Abraham Van Helsing, qui sera l’antagoniste de l’histoire ou encore les hommes-poissions dont le design demeure une idée géniale.

Au final, Hôtel Transylvanie 3 est un bon petit film d’animation familial qui arrive à garder l’esprit des deux premiers, mais qui l’améliore en apportant de nouveaux éléments et en essayant de caler un message un peu plus adulte et d’actualité. Néanmoins, on émet quelques réserves sur la profondeur de ces messages, qui sentent un peu la redite et la facilité, ainsi que sur une animation un poil faiblarde, notamment avec ce qui se fait aujourd’hui. Bref, il s’agit d’un film sympathique, agréable, mieux que les deux précédents, mais auquel il manque encore un je ne sais quoi pour devenir vraiment bon.

Note : 14/20

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Par AqME

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