novembre 30, 2022

Black Dawn – Dernier Recours

Titre Original : Black Dawn

De : Alexander Gruszynski

Avec Steven Seagal, Angela Gots, John Pyper-Ferguson, Matt Salinger

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Jonathan Cold, un agent infiltré dans un groupe de trafiquants d’armes, tente de les empêcher de vendre une bombe nucléaire à des terroristes. Mais quand l’agent Hayles qu’il a formé est capturé, tout bascule…

Avis :

À moins de persister envers et contre tout, un échec commercial et critique débouche rarement sur une suite. En règle générale, celle-ci est l’apanage de succès hollywoodiens, même si l’intérêt demeure douteux ou se délite au fil d’une piètre tentative. Il est donc improbable qu’un navet tel que L’Affaire Van Haken donne lieu à une nouvelle mésaventure de l’agent « secret » Jonathan Cold. Personne ne l’attendait et, pourtant, Black Dawn – Dernier recours concrétise cette idée saugrenue. Après avoir commis quelques-uns des pires films de Steven Seagal (ce qui relève toujours de l’exploit), Michael Oblowitz passe le relais à Alexander Gruszynski, dont il s’agit de l’unique long-métrage en tant que réalisateur. Et l’on comprend pourquoi…

Pour rappel, L’Affaire Van Haken se voulait un mélange méphitique d’action et de thriller sur fond d’espionnage. Ennuyeux et affublé d’une histoire indigente, il fallait se contenter de séquences d’action mollassonnes et de trucages d’une laideur sans nom. Incohérent, long et pénible, le métrage marquait le pas dans la carrière de Steven Seagal, annonçant une filmographie minée par les bêtises cinématographiques, les navets et les productions de seconde zone. En cela, Black Dawn – Dernier recours confirme ce constat et fait aussi pire que son prédécesseur. À certains égards, on peut même l’estimer encore plus mauvais.

Le postulat est navrant de simplicité : Jonathan Cold se reconvertit en intérimaire de l’évasion. Il aide des criminels à recouvrer la liberté avant de proposer ses services pour des transactions autrement plus sensibles. D’emblée, il est facile de distinguer la piètre tentative d’infiltration de l’intéressé. Ces motivations ne trompent personne, et ce, en dépit du flegme habituel de l’acteur. Rarement, une interprétation s’est montrée aussi inexpressive. De situations tendues en potentielles réflexions de pacotilles, il préserve son impassibilité. Cela vaut aussi bien pour une course-poursuite que pour ses réparties guère finaudes.

À ce titre, l’humour bas du front s’appuie sur des jeux de mots ridicules qui laissent perplexes quant à la santé mentale du scénariste. Par exemple : « Vous savez où trouver la veine ? Ne vous en faites pas, j’ai toujours de la veine ». Mention spéciale à l’acteur principal dans la blouse d’un médecin ; autant crédible et utile qu’un pistolet sur un plateau chirurgical. D’ailleurs, les dialogues ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Aléas du doublage ou traduction littérale, on ne compte plus les échanges qui relèvent du non-sens ou les platitudes qui viennent contredire ce qui est avancé quelques secondes plus tôt. L’ensemble pourrait presque paraître cocasse si ce n’était pas présenté avec autant de sérieux.

On atteint néanmoins le summum de la bêtise avec les séquences d’action. Là encore, on ne fait pas les choses à moitié lorsqu’il est question de multiplier les fonds verts mal intégrés à l’image ou les gros plans pour masquer l’indigence du procédé. On songe à cet imbroglio routier avec un poids lourd qui laisse en suspens sa benne de remorquage, mais surtout à cette explosion nucléaire au large de la ville. Du comportement de l’hélicoptère aux effets pyrotechniques censés reproduire le champignon atomique, on reste coi par cette infamie de synthèse. Pour un tel résultat, il aurait mieux valu s’abstenir ou trouver un autre moyen, comme désamorcer la bombe après enclenchement. On n’est plus à une incohérence prête…

Au final, Black Dawn – Dernier recours s’avère aussi miséreux que la première mission de Jonathan Cold. Non satisfait d’enchaîner les imbécillités scénaristiques, le film d’Alexander Gruszynski se révèle miteux à tous les niveaux. Le casting et la caractérisation des personnages se résument à une exposition de clichés et de caricatures, tandis que l’action en elle-même ne présente rien de probant. On observe un montage aléatoire lors de fusillades. Les échanges de coups de feu sont parfois décalés entre deux plans successifs. Cela vaut autant pour le son que pour l’image ! À cela s’ajoutent des effets spéciaux ignobles, des situations prétextes et des dialogues stupides, sinon incohérents. Une pénible incursion dans le cinéma d’action où les tenants propres au contexte de l’espionnage ne sont même pas esquissés.

Note : 04/20

Par Dante

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