octobre 6, 2022

365 Jours: L’Année d’Après – C’est la Purge à la Plage

Titre Original : 365 DNI 3 

De : Barbara Bialowas et Tomasz Mandes

Avec Michele Morrone, Anna-Maria Sieklucka, Simone Susinna, Magdalena Lamparska

Année : 2022

Pays : Pologne

Genre : Erotique

Résumé :

Crise de confiance, jalousie et rival mafieux jouant les trouble-fête : la relation de Laura et Massimo résistera-t-elle ?

Avis :

S’il y a bien un truc que l’on ne peut pas reprocher aux plateformes de streaming, c’est de s’ouvrir à d’autres pays pour étoffer son catalogue. Netflix part souvent chez nos amis espagnols, mais il produit aussi en France et dans d’autres pays européens. Cela donne parfois de bonnes surprises, mais quelques fois, on tombe sur des choses absolument affreuses. Et il est difficile de ne pas citer 365 Jours, film érotique polonais issu d’une littérature douteuse. Ici, on suit Laura, une jeune femme qui va se faire kidnapper par un riche mafieux italien. Ce dernier est amoureux de Laura et il l’enferme un an dans sa luxueuse maison. Si d’ici là, elle n’est pas amoureuse de lui, il la libère. Dès le synopsis, nous savions que nous allions poser les yeux sur quelque chose de profondément malsain. Mais nous ne savions pas que cela allait devenir une trilogie.

Car après avoir succombé au charme fou de Massimo, Laura va se rendre compte que son mari n’est pas un tendre, et est même un parrain de la mafia italienne. Alors qu’elle se marie, elle fait la rencontre de Nacho, un jardinier relativement charmant. Et tout se bouscule dans la tête de Laura lorsqu’elle pense voir son mari la tromper avec une jolie blonde. Mais tout cela fut un coup monté par le frère jumeau de Massimo, qui veut prendre la place de son frangin. Laura retourne alors avec son mari, mais difficile pour elle d’oublier le beau Nacho, rival de son homme. Bref, ce deuxième épisode avait réussi le pari d’être encore plus nul que le premier, servant uniquement à mettre en place des scènes de sexe avec de la musique de boîte de nuit. Malgré sa nullité, ce deuxième film sera encore un succès pour Netflix.

Donc, forcément, il fallait conclure la trilogie, et la plateforme de streaming n’allait pas laisser tomber une si belle vache à lait (on parle de la franchise et pas de l’actrice principale). De ce fait, moins d’un an après le deuxième volet, nous voici avec la conclusion pas tant attendue que ça. Ici, on délaisse toute intrigue mafieuse pour plonger à bras le corps dans les doutes de Laura quant à son amour pour Massimo, puisque c’est Nacho qui occupe toutes ses pensées. Durant près de deux heures, nous aurons donc droit à une intrigue qui n’avance pas (en même temps, pour ce qu’elle raconte, il suffisait d’un petit quart d’heure) et à un montage d’une rare lenteur, qui fait passer le film pour un long clip de R’n’B ou de Dance.

Et c’est bien là un gros problème, car non seulement l’ennui s’installe, mais pire que ça, le film est moins coquin que les deux précédents.

Car oui, l’intérêt du film réside dans les quelques scènes de cul, mais elles sont plus rares que dans les deux précédents opus, et elles sont très répétitives. Si Massimo baise sa nana sur une table entre deux réunions, on va surtout avoir des scènes avec Nacho qui se veulent chaudes, mais qui usent et abusent d’une mise en scène inutiles. On aura constamment droit à une caméra qui tourne autour des amoureux, qui fait des allers-retours vers les corps, le tout dans une photographie factice, avec, en prime, une musique de radio de merde. C’est putassier, et ça ne fait jamais rien avancer. Cela montre même la pauvreté d’idées de mise en scène, puisqu’on retrouve ces scènes plusieurs fois dans le film, même lorsqu’il s’agit de montrer deux nanas en train de bouffer dans un restaurant. Une apologie du vide qui fait froid dans le dos.

De ce fait, il n’y a pas grand-chose à dire que 365 Jours : L’Année d’Après. C’est tout simplement tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma. Un scénario vide de sens qui est obligé de faire du remplissage. Des musiques qui servent à masquer une absence de choses à raconter. Une mise en scène factice qui use de tons sépia dans les décors « naturels » et de saturations de bleu et de rouge dans les boîtes de nuit. Et des acteurs qui ne savent pas ce qu’ils font là, la palme revenant à Michele Morrone qui joue de la même façon la colère, la jouissance et la jalousie. D’ailleurs, même la psychologie des personnages est nulle.

Entre une Laura qui est proche de la nymphomanie et ne sait pas vers quelle bite se tourner, un Nacho amoureux mais un peu pressé quand même et un Massimo torturé, on reste sur un trio de bons gros connards. Et on ne parle même pas des personnages secondaires, qui sont inutiles, ou essayent d’être les atouts rigolos du film, en commençant par la meilleure amie hystérique. C’est catastrophique. Et pire, les relations qu’entretiennent les protagonistes sont malsaines, véhiculant des idées dégueulasses, banalisant la culture du viol, l’infidélité ou encore le SM décomplexé en pleine boîte de nuit, avec des femmes tellement refaites qu’elles ressemblent à des monstres.

Reste alors à définir à quel public cette trilogie s’adresse, et pourquoi elle a eu autant de succès. Bien évidemment, cela va peut-être parler à un public plus féminin. Mais c’est tout de même manquer de respect aux femmes, comme si ces dernières étaient incapables d’aimer le cinéma et les histoires d’amour sans forcément de scènes de sexe. Alors, ça peut faire marcher la libido, surtout en sachant que l’autrice du roman a avoué avoir coucher l’un de ses fantasmes sur papier. Mais doit-on se farcir des hommes aussi toxiques et envahissants ? Doit-on subir une mise en scène désincarnée comme un porno ? Est-on obligé de se fader des musiques contemporaines de boîte de nuit ? Bref, si des femmes ont aimé ce film, c’est que certainement le cinéma n’est pas une chose importante pour elle et elle cherchait juste à se faire mousser. Pas de problème là-dessus.

Mais cela n’explique pas pour autant le succès de cette trilogie sur la plateforme de streaming. A la rigueur, c’est clairement le retour du mot érotique qui a fait venir les curieux. A une époque de plus en plus pudique au cinéma (alors que le porno n’a jamais été aussi facile d’accès), le fait de voir débouler un film qui promet des scènes intenses de sexe, ça a de quoi titiller. Du coup, la campagne marketing à tout fait pour mettre en avant cela. Quitte à tromper le spectateur, car si on verra très souvent Laura nue, il n’en est pas de même avec les hommes. Ce troisième épisode fait la part belle aux fesses de Nacho, mais c’est tout. Pas de kékette, mesdames, ce qui crée, là-aussi, une échelle de valeur dégradante pour la femme. Pourquoi Laura est en nu frontal et pas les hommes ?

Au final, 365 Jours : L’Année d’Après, troisième et dernier volet de la trilogie, est un immense navet. Déjà que les deux précédents films étaient des purges, ce troisième opus arrive à être encore pire en n’ayant rien à dire ni à raconter. Deux heures pour raconter un triangle amoureux à base de sexe et de relations toxiques, c’est clairement un supplice. Et il faut rajouter à cela une mise en scène ignoble, ressemblant à un clip géant de musique urbaine. En proposant cette trilogie, Netflix s’approprie sans problème la palme de la pire saga cinématographique, si tant est que l’on peut appeler ça du cinéma…

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « 365 Jours: L’Année d’Après – C’est la Purge à la Plage »

  1. Je suis tellement d’accord avec cette critique ! C’est d’une nullité abyssale ! Je ne comprends pas cet engouement…faut vraiment pas aimer le cinéma pour apprécier ce..cette chose.

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