novembre 30, 2020

Standoff

De : Adam Alleca

Avec Laurence Fishburne, Thomas Jane, Ella Ballentine, Jim Watson

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Un ancien soldat prend sous son aile un orphelin poursuivi par un tueur sadique.

Avis :

S’il est parfois difficile d’innover dans un genre donné, il est certaines thématiques propres aux films d’action ou aux thrillers qui, une fois découvertes, ne laissent que peu de doute quant à l’issue de l’intrigue. Constat d’autant plus appuyé si la production en cause est calibrée pour le marché du DTV. Aussi, comment peut-on attendre au tournant Men on Fire ? Suffisamment évasif, le pitch initial rappelle La piste du tueur de Jeb Stuart. Enfin, dans une certaine mesure, car la confrontation des deux protagonistes ne s’effectue pas par le biais d’un jeu du chat et la souris sur les routes du Texas. Ici, on s’approprie les codes du huis clos. Une approche qui pourrait bien surprendre…

Et dans le domaine, Adam Alleca a déjà pu se distinguer en écrivant le scénario du remake de La dernière maison sur la gauche. Après sept années d’absence, il passe à la réalisation pour narrer l’histoire d’un tueur à gages qui se retrouve aux pieds d’un escalier, tandis que sa victime se trouve à l’étage. Le problème ? Le propriétaire des lieux (Thomas Jane) qui est en haut dudit escalier, une cheville mal en point et un stock de munitions pour le moins réduit. En de telles circonstances, on devine mal l’intérêt de la chose tant elle n’a pas presque rien à raconter. Un pitch initial pas vraiment porteur d’originalité, un budget modeste et un environnement tout aussi restreint ne sont pas forcément faits pour rassurer.

Il est vrai que le prétexte est facile et que l’intrigue n’échappe pas à une certaine redondance, notamment dans l’affrontement perpétuel des deux personnages principaux. Le fait de combler les vides par des discussions de remplissage laisse augurer du pire. De négociations en brimades, sans oublier les révélations sur le passé de l’un et de l’autre, on se situe dans un cadre assez conventionnel. La progression est également linéaire, voire statique, au vu des contraintes spatiales imposées. L’on se dit qu’on tient là un mélange action/thriller sans saveur et pourtant, l’intérêt même du film survient au fur et à mesure que l’on découvre, non pas la teneur du duel, mais son évolution.

Le simple fait de ne pas multiplier les fusillades à tout-va, faute de munitions suffisantes, accentue d’emblée la tension. Le rapport de force peut paraître déséquilibré, mais c’est sans compter la connaissance du lieu et un certain passif militaire. Si l’histoire est constamment entrecoupée de discussions plus ou moins stériles, les intermèdes jouent la carte de la variété. Tentative de fuite, préparatifs pour se protéger, arrivée inopinée d’intervenants secondaires… Ce qui s’avançait comme un pénible moment statique entre deux individus se solde par une confrontation qui gagne en intensité. Également scénariste sur son propre film, Adam Alleca n’use même pas de facilités pour parvenir à ses fins.

On évoque les possibilités du tueur (le massif Laurence Fishburne) pour mettre un terme à une situation qui lui échappe, comme l’incendie ou la négociation. Le fait de multiplier les incidents annexes contribue aussi à rendre l’intrigue plausible et entraînante. La perte du téléphone portable, le risque de coupures d’électricité à la tombée de la nuit, l’isolement de la propriété, sans oublier les dilemmes d’ordre moral qui s’impose aux deux camps… Chaque aspect a sa petite importance pour aboutir à un final qui, s’il demeure somme toute prévisible, possède quelques détails ironiques à même de conclure l’entreprise par un ultime pied de nez.

Contre toute attente, Men on Fire est une modeste surprise. Si cette production ne paye pas de mine, notamment au regard du prétexte de base, elle se rattrape par une bonne maîtrise du temps et de son espace restreint. La variété des situations associée à un traitement réaliste contribue à rendre l’initiative intéressante, à défaut de se montrer originale. Il en résulte un DTV dont le parcours à mi-chemin entre le film d’action et le thriller offre un huis clos honnête, même si non dénué d’imperfections. Voilà un film qui n’a peut-être pas grand-chose à dire, mais qui raconte son histoire correctement, et ce, avec peu de moyens.

Note : 13/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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