décembre 4, 2020

Sept Ans au Tibet

Titre original : Seven Years in Tibet

De: Jean-Jacques Annaud

Avec Brad Pitt, David Thewlis, Jamyang Wangchuck, B.D. Wong

Année: 1997

Pays: Angleterre, Etats-Unis

Genre: Aventure, Drame

Résumé :

A la fin de l’été 1939, l’alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l’Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l’Himalaya, accepte de l’argent nazi pour y planter le drapeau à croix gammée. La guerre éclate. Prisonnier des Britanniques à la frontiere de l’Inde, il s’évade. Commence alors la véritable aventure de sa vie: une longue errance qui se termine à Lhassa, résidence du jeune dalai-lama avec qui il se lie d’amitié.

Avis :

Jean-Jacques Annaud est l’un de nos plus grands réalisateurs. S’aventurant toujours sur des projets qu’on peut qualifier de démesuré, surtout pour un français, cela fait maintenant plus de quarante ans que le cinéaste offre régulièrement de jolies leçons de cinéma. Après avoir adapté Marguerite Duras avec le sublime « L’amant« , Jean-Jacques Annaud avait fait une halte au parc du Futuroscope pour le premier film tourné alors en IMAX 3D, « Guillaumet, les ailes du courage« . Film toujours diffusé plus de vingt ans après dans le parc.

Après l’Indochine et la cordillère des Andes, en 1997, Jean-Jacques Annaud a alors posé sa caméra au Tibet pour nous raconter une tranche de vie de l’alpiniste Heinrich Harrer. Ce huitième film de Jean-Jacques Annaud est un petit bijou dans tous les sens du terme. Majestueux dans sa mise en scène, riche de la culture et l’histoire qu’il apporte, ces sept années d’aventures forcées aussi belles que tristes sont une fresque magnifique, passionnante et très émouvante.

« Sept ans au Tibet« , en plus d’être l’un des plus beaux films de son réalisateur, qu’on mettra en évidence aux côtés de « L’ours« , « Le Nom de la rose« , « L’amant« , « Deux frères » … Bref, une bonne partie des films d’Annaud.

1939, l’alpiniste autrichien Heinrich Harrer fait partie d’une expédition envoyée par le Troisième Reich visant à gravir le Nanga Parbat, un sommet inviolé de l’Himalaya, situé à l’époque aux Indes britanniques. Et c’est pendant cette expédition, alors en Terre Britannique, que la deuxième guerre mondiale éclate. Fait prisonnier, Heinrich va alors s’évader d’un camp avec un ami, Peter Aufschnaiter. Ensemble, ils vont errer, fuyant les soldats et les citoyens britanniques. Ils vont alors aller au Tibet où ils vont y trouver une certaine paix, jusqu’à ce qu’en 1950, la Chine envahisse le pays afin de la récupérer.

« Sept ans au Tibet« , c’est une aventure pleine d’humanité. C’est un film qui conjugue à merveille le majestueux et la simplicité. C’est un film d’une très grande richesse, qu’elle soit visuelle, dans son intrigue ou encore et bien évidemment spirituelle. Bref, c’est un film comme Jean-Jacques Annaud sait les faire.

Adapté du récit autobiographique de son alpiniste autrichien, « Sept ans au Tibet » a cette intelligence d’aborder tout un tas de sujets graves et importants, sans pour autant oublier de livrer un film d’aventure divertissant, spectaculaire et touchant.

À travers ce destin hors norme qui ne pouvait qu’être raconté, Jean-Jacques Annaud va aborder tout un tas de sujets aussi beaux qu’importants. « Sept ans au Tibet« , c’est d’abord l’évocation de la Seconde Guerre mondiale loin des champs de bataille de l’Europe. C’est la bêtise humaine très souvent montrée, que ce soit avec l’arrestation et l’enfermement de ces alpinistes ou encore par ce qui arrivera par la suite envers ce peuple pacifiste.

« Sept ans au Tibet« , c’est aussi une rencontre entre deux cultures, deux mondes et une magnifique relation qui se tisse, entre Heinrich Harrer et le tout jeune Dalaï Lama. On s’amusera des protocoles, tout comme on se passionnera par la façon de voir les choses de ce peuple.

Bien entendu, Jean-Jacques Annaud abordera avec passion et bienveillance l’envahissement du Tibet Par la Chine. Il évoquera le régime du Président Mao. Il parlera de la trahison et de la souffrance du peuple Tibétain. Et en toute fin, il parlera de la fuite du Dalaï Lama vers les Indes en 1959. Notons qu’à la suite de ce film, et pour la petite anecdote, Jean-Jacques Annaud, Brad Pitt et David Thewlis furent interdits du territoire chinois.

« Sept ans au Tibet« , c’est un scénario très riche, qui ne se perd jamais et arrive à aborder tout de manière intéressante, même si parfois, son réalisateur ne fera qu’évoquer certains sujets. Puis tous ces sujets et le film lui-même sont sublimés par la mise en scène magnifique de Jean-Jacques Annaud. « Sept ans au Tibet« , c’est des plans majestueux, des images fabuleuses et une photographie divine. C’est des décors et des paysages incroyables et une reconstitution parfaite, même si l’on notera que certaines incrustations ont quelque peu mal vieillies.

Tout en restant assez simple, Jean-Jacques Annaud a trouvé la meilleure des manières pour nous raconter ce périple. Puis le tout est véhiculé par une émotion sublime et mesurée, jamais Jean-Jacques Annaud n’appuie et en fait trop. L’émotion que véhicule ce film naît comme une évidence et l’on se laisse emporter sans même s’en rendre compte.

Une émotion qui est aussi soulignée par une BO signée John Williams.

« Sept ans au Tibet« , c’est Brad Pitt dans un rôle sublime, celui d’un alpiniste, quelque peu perdu. Un personnage arriviste, presque agaçant, qui va ne faire qu’évoluer pendant les deux heures et quart que dure le film, au point d’en devenir réellement émouvant au final. Ce film, c’est un voyage initiatique pour son personnage et Brad Pitt nous offre une très belle palette d’émotions.

Avec « Sept ans au Tibet« , on se laissera aussi attendrir par le jeune Jamyang Wangchuck qui incarne avec sourire et sagesse un tout jeune Dalaï Lama. Puis il est impossible de passer à côté de David Thewlis qui trouve-là l’un de ses plus beaux rôles.

Avec ce huitième film, Jean-Jacques Annaud clôture ses années 90 de la plus belle des manières. Beau, riche, important, puissant et émouvant, « Sept ans au Tibet » est un film sublime et l’un de ceux que je préfère de son réalisateur. C’est une très belle aventure pleine de sagesse et d’humanité. C’est un parcours initiatique passionnant qui est servi par une mise en scène majestueuse. Bref, c’est un film à voir et à revoir.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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