Mortelles Confessions

Titre Original : House of Mortal Sin

De: Pete Walker

Avec Anthony Sharp, Susan Penhaligon, Stephanie Beacham, Norman Eshley

Année: 1976

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Une jeune femme, nommée Jennifer Welch, vit une situation amoureuse compliquée car elle est amoureuse de deux hommes différents. Elle décide de se confesser au père Xavier Meldrum, qui l’écoute attentivement. Mais la jeune Jenny ne sait pas encore que le père Meldrum va tuer les deux hommes dont elle est éprise… et peut-être d’autres ?

Avis :

Durant les années 60 et 70, on va voir plusieurs phénomènes se développer dans le septième art, l’exploitation. Alors bien évidemment, il ne s’agit pas d’exploiter des gens et de ne pas les rémunérer, mais de prendre un sujet très général, et d’en faire plusieurs films. Ainsi donc, on aura droit à des films avec beaucoup de personnages noirs, ce que l’on nommera la Blaxploitation, mais aussi avec des nazis (nazploitation) ou encore des scènes osées (la sexploitation). Cette dernière va bien évidemment faire des envieux et bon nombre des réalisateurs vont vouloir mettre en avant une nudité crue au service d’une violence accrue. Et certains iront même jusqu’à mélanger deux exploitations, comme les nazis et le sexe. Au milieu et à la fin des années 70, Pete Walker va commencer à se faire un nom grâce à trois films. Flagellations, Frightmare et Mortelles Confessions rentrent tous les trois dans la catégorie des sexploitation et vont faire plus ou moins polémique. En effet, on va accuser Pete Walker de faire de la politique au sein de ses films, ce qu’il niera en bloc. Pourtant, quand on jette un œil sur Mortelles Confessions, on se rend vite compte que certains représentants de l’autorité vont en prendre pour leur grade.

Pour la petite histoire, on va suivre le quotidien de Jennifer, une jeune femme qui est amoureuse d’un homme pas forcément sympathique. En même temps, un autre garçon est amoureux d’elle, donc elle se pose des questions sur sa vie. Elle va donc se confesser un peu par hasard et tombe sur le père Meldrum. Mais ce prêtre tombe amoureux de Jennifer à son tour et il ne va pas hésiter une seule seconde à dézinguer les prétendants de la jeune femme pour lui apprendre les voies du seigneur. Avec un tel pitch, on se rend bien compte que Pete Walker ne va pas faire dans la dentelle. Un mélange d’horreur, de sexe et de religion, c’est un peu le programme de ce film qui s’avère plutôt réussi sur bien des points. Et la première chose qui frappe avec ce métrage, c’est clairement la violence des meurtres. Se déroulant presque comme un giallo sur son début, on va rapidement voir le père Meldrum zigouiller d’autres personnes de façon virulente. Entre celui qu’il ébouillante avec une bouilloire ou l’autre qu’il défigure avec un pot d’encens, chaque crime est stylisé et trouve un écho avec la religion. L’eau que l’on pourrait utiliser pour les baptêmes ou encore l’encens dont on se sert durant les offices religieux. Pete Walker ne laisse rien au hasard et s’amuse à titiller la religion.

Avec ce film, le réalisateur va donc s’en prendre à l’église, mais aussi et surtout au célibat des prêtres. Complètement obnubilé par cette jolie jeune fille, le père Meldrum va complètement disjoncter et afficher son vrai visage, celui d’un homme fou, prêt à tout pour arriver à ses fins et trouvant des excuses dans ses croyances auprès de Dieu. Ainsi donc, le film se veut assez sulfureux, notamment pour l’époque où la religion chrétienne était plus prégnante qu’aujourd’hui. En faisant comme ça, le cinéaste tire à boulets rouges sur la religion et surtout sur sa supposée domination. Le final est d’ailleurs plein de symboliques, notamment dans l’impunité des religieux, se sortant toujours d’affaire, malgré des meurtres atroces. Bref, il est difficile de ne pas y voir un pamphlet contre la religion et son autorité dans ce métrage, même si le réalisateur nie toute implication dans cette entreprise.

Cependant, le côté « sexploitation » est très peu utilisé dans ce métrage et pourtant, il est vendu tel quel. Hormis une paire de fesse au saut du lit, on ne verra rien d’autre. Alors d’un côté, ce n’est pas plus mal, Pete Walker évitant de faire du putassier pour vendre son métrage, mais d’un autre côté, cela amoindri l’aspect sulfureux qu’aurait pu avoir le métrage. En l’état, et même si c’est très bien, il manque une petite dose de chaleur pour rendre le film encore plus puissant dans sa démarche anti-moralisatrice. Fort heureusement, d’autres choses viendront pimenter le tout, comme cette marâtre qui s’occupe de la vieille mère du prêtre et qui ressemble à une nazie ou encore ce pauvre prêtre qui se pose des questions sur son orientation et qui va décider d’abandonner tout cela par amour. Le film pose alors de bonnes questions, interrogeant sur la vie des prêtres, mais aussi sur la sexualité, l’amour ou encore la foi. Enfin, il y a dans ce film un nihilisme incroyable qui prouve qu’à l’époque, on n’hésitait pas à faire des métrages rentre-dedans et à finir sur quelque chose d’injuste et de pourtant parfaitement crédible.

Au final, Mortelles Confessions est un film étonnement réussi qui oscille constamment entre thriller et horreur. S’inspirant du giallo au tout début, le film devient alors une sorte de slasher avant l’heure, mettant en scène un prêtre sadique et complètement allumé du ciboulot. L’ambiance britannique est assez présente, les meurtres sont violents et le message contre la religion est plutôt une bonne chose, surtout dans les années 70 où l’église avait un peu trop de privilèges. Bref, un bon film, qui manque peut-être d’éléments un peu plus sulfureux ou de punch, mais qui s’avère, en l’état, relativement bon. Il faut aussi noter que ce bluray marque les premiers pas d’Artus dans la haute définition et que c’est un excellent travail, aussi bien sur l’image que le son ou encore les bonus.

Note : 14/20

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Par AqME

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