Drace XII – Supreme Legacy

Avis :

Le métal symphonique est un genre qui ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté qui aime avoir les cheveux longs. Il faut dire que le genre est assez hybride, que les riffs agressifs ne sont pas le point d’ancrage du sous-genre et que bien souvent, les instrumentalisations orchestrales en font des caisses. Mais différents groupes ont su s’imposer dans ce genre si complexe, comme Nightwish, Within Temptation ou encore Therion. Et quand on regarde les origines de ces groupes, on se retrouve en Scandinavie ou dans des pays plutôt germaniques. Et l’Amérique du Sud ne semble pas forcément une terre fertile pour le métal symphonique. Quand on évoque le Brésil, on pense plus facilement au Thrash de Sepultura plutôt qu’aux envolées lyriques d’un quelconque groupe de métal symphonique. Et pourtant, il va falloir compter maintenant sur Drace XII. Jeune groupe naissant en 2011, c’est cinq ans plus tard que la formation trouve le chemin des studios et d’un contrat avec une maison de disques. C’est donc ainsi que naquit Supreme Legacy, un premier album dense, plutôt réussi dans son ensemble, mais qui aura bien du mal à exister face aux grands manitous du genre. Pourquoi ?

Le skeud débute avec une introduction tout ce qu’il y a de plus classique. Avec Aleph, le groupe offre une voix off, puis quelques violons avant de terminer avec une grosse voix de démon. Nous sommes donc en territoire connu pour les rompus du genre et cela ne surprendra pas, surtout quand les dits violons vont nous jouer un air qui semble assez bien connu. Puis s’enclenche alors Eziel, The Giver, un long titre très réussi. Un morceau qui n’ennuie jamais et qui va alterner les moments rudes avec d’autres passages plus calmes et donc plus symphoniques. Le résultat est plaisant et globalement, c’est ce que l’on attend d’un groupe qui officie dans une telle musique. D’autres titres seront d’ailleurs du même acabit comme Dark Opus qui, lui, démarre directement sur des violons, donnant une aura plus lyrique au titre. Ces violons qui reviendront avant le refrain afin de donner plus d’impact à celui-ci. Le morceau est relativement plaisant et d’ailleurs, il possède un refrain qui pourrait presque faire penser à du J-Rock, notamment dans les paroles, qui semblent être dites en japonais. Bref, le mélange est surprenant, inattendu, et cela marche plutôt bien. Au rayon des réussites, on peut aussi citer Priests of Sacrifice, plus dark et nerveux, avec une rupture amusante sous forme de prière. Enfin, on peut difficilement passer à côté de Disenchant, un long titre qui bénéficie d’une mise en scène et qui passe par quasiment tous les genres connus.

Alors, quand on lit cela, on pourrait croire que Supreme Legacy, le premier album de Drace XII est une belle et grande réussite, et pourtant, ce n’est pas tellement le cas. Non pas que l’album soit si mauvais que ça et masque ses défauts derrière un début tonitruant, mais il manque beaucoup de choses à cette galette pour convaincre parfaitement. La première chose que l’on peut reprocher au groupe et à ce premier album, c’est sa faculté à enfiler des perles sans jamais se poser la question de l’identité. Quand on écoute cet album, on se rend vite compte que les différents morceaux n’accrochent pas forcément notre oreille. Alors le problème ne vient pas de la technicité des musiciens, puisqu’ils sont tous très bons, mais de la marque de fabrique du groupe. Les morceaux sont très génériques et il manque clairement une identité à la formation pour réellement percer. Des titres comme Tides of Revolution, The Holy Cloak ou encore Endless War ne restent pas en tête et n’arrivent donc pas à marquer durablement. Alors oui, c’est un premier album, mais le groupe brésilien doit encore bosser son imagerie et surtout trouver une musique qui soit plus marquée. Enfin, difficile aussi de rivaliser avec des groupes dont les puissances vocales sont sans égales. Ici, ce n’est pas que c’est faux, c’est même plutôt réussi, mais sur certains moments, on sent les limites du chanteur. Un titre comme Arise Again en est le parfait exemple et dès qu’il faut monter un petit peu dans les tours, nous ne sommes pas loin de la catastrophe. Rien de bien méchant ceci dit, le leader semble connaître ses limites.

Au final, Supreme Legacy, le premier album de Drace XII, est un skeud assez sympathique mais qui possède toutes les scories d’un premier effort. Si le départ est plutôt plaisant, voire tonitruant, le reste va se déliter un petit peu, pour ne plus avoir d’identité propre et quelque peu recopier ses pairs, ses mentors. Il manque donc à Drace XII ce petit truc en plus pour vraiment percer, cette sonorité qui leur serait particulière et leur permettrait de concurrencer les autre groupes qui sont déjà installés depuis de longues années.

  1. Aleph
  2. Eziel, The Giver
  3. Dark Opus
  4. Priests of Sacrifice
  5. Tides of Revolution
  6. Disenchant
  7. The Holy CLoak
  8. Adventum
  9. Arise Again
  10. Endless War
  11. The 12th Order
  12. The Unholy Hymn

Note : 12/20

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Par AqME

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