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England is Mine – Gare aux Smiths

De : Mark Gill

Avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay, Jodie Comer, Laurie Kynaston

Année: 2018

Pays: Angleterre

Genre: Biopic

Résumé:

Portrait de Steven Patrick Morrissey et le début de sa vie à Manchester dans les années 70 avant qu’il ne devienne le chanteur emblématique du groupe: The Smiths.

Avis :

Producteur et scénariste anglais qui a travaillé sur un bon nombre de courts-métrages, Mark Gill est encore un inconnu. Il faut dire que produisant dans le court-métrage, sa visibilité est plutôt réduite.

Réalisateur aussi, Mark Gill a déjà derrière lui deux courts-métrages, dont un qui met en vedette Martin Freeman s’il vous plaît. Ces deux courts-métrages lui ont alors ouvert la porte des longs et voici que le réalisateur britannique arrive sur nos écrans avec un premier long-métrage.

Et un premier long-métrage qui est loin d’être inintéressant. On pourra même dire qu’il est audacieux, puisque c’est toute une époque et un charisme auquel le jeune réalisateur a décidé de donner vie. Revenant sur la voix du groupe des Smiths, Steven Patrick Morrissey, Mark Gill s’engage dans un très beau portrait. Portrait qui en plus est tenu par un jeune acteur fabuleux dont on ne devrait pas tarder à entendre parler. Bref, on trouve un joli moment de cinéma, plaisant et rock’n’roll. Un film qu’il est donc intéressant d’aller découvrir quand ce dernier va pointer le bout de sa guitare et sa feuille de papier, pour y écrire un poème, beau et prétentieux à la fois.

Dans les années 70 à Manchester, Steven Patrick Morrissey est un jeune homme timide, maladroit et déjà prétentieux. Steven a bien du mal à s’intégrer au monde qui l’entoure. Il aimerait être écrivain, peut-être chanteur, et pour l’instant, il écrit des poèmes dans un cahier. Cahier qui est son bien le plus précieux. De rencontre en rencontre, Steven apprend, grandit, se développe, s’affirme et bientôt, il sera l’un des membres phares d’un groupe de rock.

Avec « England is mine« , Mark Gill a donc choisi de parler de l’adolescence de Steven Patrick Morrisey. De l’adolescent à l’âge adulte et surtout de l’adolescence à sa rencontre décisive qui amènera sans qu’on le voit à l’artiste connu qu’il est aujourd’hui. Mais avant d’être un artiste connu et reconnu, le chanteur des Smiths a d’abord été un jeune homme timide, peu et trop sûr de lui en même temps. De son amour pour la musique et celui de l’écriture, de son désespoir coincé dans des métiers alimentaires qui étaient très loin de le passionner, à ses rencontres décisives qui vont le faire grandement évoluer à sa première scène et sa révélation, Mark Gill nous raconte très bien ce parcours atypique et riche. Et plus que le simple parcours d’un jeune homme, « England is mine » est avant tout la découverte de soi d’un jeune adulte qui s’accroche à son rêve.

Au fur et à mesure que les mois et les années avancent, Mark Gill a très bien su mettre en scène la découverte de ce jeune homme et de l’artiste qu’il va devenir. On est touché par le portrait que le réalisateur brosse, car il semble et résonne comme authentique. On appréciera que son personnage ne soit que relief, attachant et détestable à la fois. Puis il faut dire que le personnage est tenu avec beaucoup de délicatesse par un jeune comédien à suivre. Jack Lowden, qu’on avait déjà remarqué dans le « Dunkerque » de Christopher Nolan, nous offre une belle prestation et c’est avec curiosité et plaisir qu’on espère le découvrir dans d’autres rôles à l’avenir.

En plus d’avoir une bonne intrigue et une belle évolution, « England is mine » est aussi un très beau film d’époque. Reconstitution, décors et costumes sont excellents. Mark Gill nous offre une remarquable plongée dans l’Angleterre des années 70 et nous, on adore s’y perdre, et ça, même quand le réalisateur étire un peu son film sur la longueur. Un film qui souligne aussi très bien dans sa réalisation, la création. « England is mine« , ça bouillonne, ça réfléchit, ça se prend la tête, ça froisse de la feuille blanche, ça gratte de la guitare, ça essaie, ça se plante, ça réessaie, ça espère, et même quand ça désespère, ça espère et ça essaie toujours.

Une belle réalisation, une écriture fine, un personnage aussi intéressant que touchant, un acteur très bon qui s’investit énormément, le Manchester rock des années 70, franchement, même si ce premier film signé Mark Gill n’est pas parfait, il reste un bon petit film anglais, comme nos amis britanniques savent en faire. On recommande donc ce « England is mine« .

Note : 14/20

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Par Cinéted

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