The Handmaid’s Tale Saison 1

D’Après une Idée de : Bruce Miller

Avec Elisabeth Moss, Joseph Fiennes, Yvonne Strahovski, Alexis Bledel

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Drame, Science-Fiction

Résumé :

Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

Avis :

Scénariste depuis presque une trentaine d’années, Bruce Miller a travaillé sur bon nombre de séries qui ont marqué la télévision et leurs époques : « Urgence« , « Médium« , « Les 4400« , « Eureka » ou encore dernièrement « The 100« . Travaillant dans son coin, Bruce Miller s’est lancé dans l’adaptation pour la télévision de « The Handmaid’s tale« , un roman écrit par Margaret Atwood et publié en 1985. Roman qui a déjà connu une adaptation par Volker Schlöndorff.

Série évènement de 2017, « The Handmaid’s tale » est un véritable choc. Déluge d’émotions, de rage et de haine, « The Handmaid’s tale » est de ces séries qu’on n’attendait pas et qui mettent presque tout le monde sur la même voie dès le premier épisode.

Étouffante, révoltante, insultante, et surtout terrifiante, « The Handmaid’s tale« , c’est un chaos violant, injuste et en même temps juste (dans son traitemenet) et passionnante. Avec cette plongée brutale, totalement immersive, dans une Amérique qui a sombré dans la folie et la dictature, « The Handmaid’s tale » ne peut laisser indifférent. Bijou d’écriture, d’univers et d’interprétation, cette première création de Bruce Miller est un sans-faute bouleversant !

L’Amérique que l’on connaît n’existe plus. Aujourd’hui, elle est plongée dans le totalitarisme. Le monde ayant des problèmes de fertilité, les hommes ont pris le pouvoir et la société est dictée par la religion et l’amour de Dieu. Dans cette société où les femmes n’ont plus de droits, elles ne peuvent être rangées que dans trois catégories. Il y a les épouses qui tiennent leur maison. Il y a les Martha, celles qui entretiennent les maisons. Puis, il y a les servantes, celles qui sont capables d’avoir des enfants et qui sont offertes en cadeau précieux au commandant de la maison, afin d’offrir un enfant à la famille. June, une jeune femme, est une servante et elle est prête à tout endurer pour survivre.

Violent ! Violent, voilà le seul et unique mot qui peut le mieux convenir à ce choc qu’est « The Handmaid’s tale« .

Violent, parce que les thèmes abordés et la façon dont la série a choisi de les aborder sont d’une extrême violence, au point de mettre mal à l’aise tout du long. Chaque épisode est une souffrance incroyable. Chaque épisode est une crainte, c’est une asphyxie, au point qu’alors même que la série nous tienne fermement, on hésite à voir le prochain. On espace même les épisodes, tiraillé entre l’envie de savoir la suite et l’horreur de ce que la série nous raconte. Chaque épisode développe parfaitement et logiquement cet univers, et même si l’on n’a pas encore toutes les réponses, le showrunner sait parfaitement où il va.

Avec cette série, Bruce Miller nous entraîne dans un monde et une société terrifiante. Société qui n’est pas si éloignée de la nôtre dans son passé et c’est ça qui est peut-être le plus terrifiant finalement. Ici, il y a de vraies fondations, il y a une évolution que l’on découvre et suit au fur et à mesure des flashbacks, tous parfaitement montés et amenés. Attentats, manipulations et climat de terreur sont le ciment de ce qui sera alors cette société totalitaire. Une société où la religion dicte sa loi, où les déviants et les rebelles sont éliminés. Une société où les exécutions publiques sont de rigueur et les cadavres laissés à la face du monde. Une société qui tolère le viol pour la reproduction. Une société où les femmes ne sont qu’objet. Bref, une société sans vie, sans émotion, sans rien, si ce n’est la terreur et pire encore, l’accoutumance. Une vision et une évolution de société qui poussent grandement à la réflexion, tant la série aborde la liberté, les femmes, les hommes, l’être humain, l’amour, la haine, la tolérance, le racisme, la peur, l’homosexualité, la politique, la justice, l’économie, la religion et l’extrémisme. Bref, la série est une violente richesse.

Violent, parce que la série, que ce soit dans ce qu’elle raconte ou dans son visuel, ne fait aucune concession. Autant dire qu’on ne se marre pas en la regardant. Magnifiquement réalisée, parcourue d’idées incroyables et doté d’un univers terrifiant, car juste et réaliste, « The Handmaid’s tale » n’hésite à aucun moment à foncer tête baissée dans sa violence. Une violence qui joue avec les limites de l’acceptable. Une violence qui se fait sombre et glauque, mais qui à aucun moment ne se fait gratuite. Ici, tout est fait pour soutenir le propos de la série et ses thèmes.

Violent, de par l’incroyable performance de ses comédiens. Emmenée par une Elisabeth Moss qui est un immense bouleversement et qui tient là l’un des plus grands rôles de sa carrière. L’actrice est prodigieuse, parce qu’elle n’est qu’intériorité et c’est en ne disant pas grand-chose qu’elle nous fait le plus ressentir la douleur de son personnage. La voix off ajoute aussi, puisque les confessions intimes de cette femme sont absolument marquantes. Certaines de ses phrases s’impriment et laissent des traces.

Elle nous a amusé dans la série « Chuck« , avec cette série, on retrouve Yvonne Strahovski et autant le dire, l’actrice qui est à contre-emploi, trouve là le rôle de sa vie. Terrifiante et ambiguë à la fois, elle incarne une épouse pleine de rancœur et de jalousie. Une épouse qui a peu de limites. On retiendra aussi une Ann Dowd comme toujours impériale, et un Joseph Fiennes répugnant à souhait.

Violente, c’est bien ce qu’est « The Handmaid’s tale » dans ce qu’elle montre et raconte mais aussi dans l’addiction qu’elle produit. Intelligente, pertinente et révoltante, « The Handmaid’s tale » pousse à la réflexion, car aucun droit n’est jamais acquis à jamais. Mesurée, même si elle sait se faire sans limite, « The Handmaid’s tale« , c’est une violente claque et à la fin de ces dix épisodes, on a qu’une envie… Vite, très vite, la saison deux !

Note : 20/20

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Par Cinéted

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