mars 5, 2021

Samaria

De : Kim Ki-Duk

Avec Lee Uhl, Kwak Ji-Min, Seo Min-Jung, Eol Lee

Année : 2004

Pays : Corée du Sud

Genre : Drame

Résumé :

Yeo-Jin n’a pas encore vingt ans ; elle vit avec son père veuf. Sa meilleure amie, Jae-Young, est prostituée. Yeo-Jin lui sert pour ainsi dire de manager – elle fait le tri des clients et veille à ce qu’ils paient leur dû. Un jour, Jae-Young s’amourache de l’un d’eux et lui donne rendez-vous pour un dîner à trois. Yeo-Jin se fâche de cet excès d’intimité et Jae-Young annule le rendez-vous. Peu de temps après, Yeo-Jin commet une faute aux conséquences funestes. Elle fait comme d’habitude le guet lorsque Jae-Young disparaît dans le motel avec un homme. Cette fois-ci, Yeo-Jin n’a toutefois pas remarqué les policiers qui traquent les prostituées mineures…

Avis :

L’année 2004 est plus que belle pour Kim Ki-duk, puisque c’est celle qui l’a reconnu internationalement avec « Printemps, été, automne, hiver et … Printemps« , mais c’est aussi l’année de l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre, puisque Printemps, été, automne, hiver et … Printemps est une claque métaphysique incroyable. Une œuvre fascinante de poésie et de réflexion. Bref, une œuvre qui restera comme l’une des plus belles sorties au cours de la décennie 2000.

Six mois seulement après son « Printemps, été, automne, hiver et … printemps« , Kim Ki-duk était de retour sur les écrans français, dans un tout autre genre. Avec « Samaria« , le réalisateur coréen s’intéresse à la prostitution adolescente et livre un film choc, aussi profond qu’il est bouleversant. D’une grande finesse, d’une grande pudeur tout en allant directement dans le vif de son sujet, Kim Ki-duk nous livre encore un grand film et s’impose comme l’un des plus grands metteurs en scène de Corée. Bref, encore une fois, ce film est une révélation !

Yeo-jin est à peine majeure et c’est une jeune fille comme une autre. Elle vit seule avec son père, un policier de Séoul, depuis la mort de sa mère. La meilleure amie de Yeo-Jin, Jae-young, se prostitue, mais un jour, après une descente de police, la jeune fille se défenestre alors que Yeo-jin faisait le guet. Bourrée de remords et bouleversée par le chagrin, la jeune fille décide alors de recontacter tous les clients de son amie afin de les rembourser et c’est ainsi que Yeo-jin tombe dans « la prostitution ». Et c’est aussi ainsi que son père, qui enquêtait sur un meurtre, surprend sa fille…

Poésie, amour et violence, voilà trois mots qui peuvent résumer l’intrigue bouleversante de « Samaria« . Dixième film pour Kim Ki-duk, « Samaria » est un film aussi beau qu’il est complexe et profond. Abordant des thèmes brûlants, et n’hésitant pas un instant à entrer au plus loin de son sujet, Kim Ki-duk livre ici un regard tendu, émouvant, sur une partie de la jeunesse coréenne. Sans faire de généralité, sans juger ses personnages, le cinéaste nous entraîne dans un film où l’intrigue évoluera en permanence. Présentant des jeunes filles pleines de rêves et d’inconscience, naïves et insouciantes, le réalisateur livre un regard loin de toutes les « glauqueries » qu’on aurait pu imaginer sur la prostitution de ces jeunes adultes, voire ces mineurs.

La caméra est sensible, ne s’aventure jamais dans les chambres à coucher et laisse ces jeunes adolescentes « s’amuser » et finalement, ce qui est dérangeant avec ce film, c’est le fait que l’on ne soit pas dérangé par les activités de ces jeunes filles. Puis peu à peu, l’intrigue évolue, le scénario devient plus sombre et plus poétique en même temps. Le drame arrive, les conséquences et les prises de conscience sont bouleversantes. Kim Ki-duk nous laisse à plus d’une reprise en apesanteur. Les réflexions sont aussi belles et grandes que la montée de la violence qui va avoir lieu. Développant plusieurs personnages, notamment celui du père de Yeo-jin, Kim Ki-duk nous entraîne dans un film qui est un effet papillon. Un effet papillon qui se fait de plus en plus violent, au fur et à mesure des « remboursements » de la jeune fille. Incroyable d’imprévisibilité, Kim Ki-duk aura tout compris pour raconter cette histoire, allant du meurtre à l’ultime échappée belle, aussi triste qu’heureuse dans ce qu’elle symbolise. Une dernière virée entre un père désabusé et sa fille désenchantée qui marquera ce film, son histoire et nous-même à jamais.

Ce qui est tout aussi incroyable avec ce film, c’est sa qualité de mélanger les sentiments qu’on va ressentir. La mise en scène de Kim Ki-duk est folle, car elle sait se faire aussi lumineuse que sombre, aussi violente que poétique, aussi brutale que douce, aussi injuste qu’heureuse. Le réalisateur étonne et surprend à chacune de ses décisions.

Bref, « Samaria » est un choc qui bouleverse, étonne, surprend et captive ! Kim Ki-duk ose s’aventurer dans un sujet brûlant, et livre un film à mille lieux de ce que l’on se serait imaginé. Réussite totale, « Samaria » marque les esprits de par son intro lumineuse, son corps violent et son final d’une très belle poésie.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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