Morbid Angel – Kingdoms Disdained

Avis :

Le Death Métal est un genre très exigeant que beaucoup de personnes voient d’un mauvais œil. La faute à des noms de groupes qui laissent peu de place à la finesse, comme Possession, Death, ou encore Obituary. Créé au milieu des années 80, le Death Métal, comme tout genre, possède ses pionniers, comme les trois précités auparavant, mais aussi Morbid Angel. Fondé en 1984 par le guitariste Trey Azagthoth, le groupe va connaître un rapide essor, notamment grâce à des compositions complexes, organiques et qui ne laissent aucune place à des mélodies langoureuses. Morbid Angel, c’est un coup de poing dans le bide, c’est viscéral, ça tabasse fort et c’est ce qui a fait la renommée du groupe. D’ailleurs, plus de trente ans plus tard, ils sont toujours présents, jouant parfois les têtes d’affiche de certains festivals. Sauf que comme chaque formation, Morbid Angel a connu des hauts et des bas, et l’avant-dernier album, Illud Divinum Insanus, s’est fait littéralement démonté par les critiques et les fans de la première heure. Pourquoi ? Parce que le groupe a expérimenté un nouveau genre, mélangeant allègrement au Death des passages un peu plus Industriel. C’est donc avec crainte que les fans attendaient le dernier opus, Kingdoms Disdained. Qu’ils se rassurent, le groupe renoue avec ses racines, quitte à laisser de côté la mélodie pour fournir un opus bourrin à souhait, et parfois un poil trop lourd.

Le skeud débute avec Piles of Little Arms et il sera en quelque sorte assez synthétique de la globalité de l’album. C’est très violent, les riffs sont ultra agressifs et la batterie est très redondante avec une double pédale qui n’arrête pas une seconde et des baguettes qui tabassent très fort. Le chanteur s’en donne à cœur joie et lâche quelques growls bien sentis, malgré une difficulté à passer au-dessus des riffs de guitares. Il faut dire que l’ensemble est très lourd, très rapide et que rien n’est fait pour laisser plus d’espace à la voix. Morbid Angel revient pour ne pas décevoir et il met le paquet, offrant justement un premier morceau très virulent qui signe un retour en force. Parmi les morceaux les plus marquants de cet album, on peut aussi citer The Righteous Voice, qui a le mérite d’avoir un rythme plus lent, plus lourd, malgré une batterie qui occupe beaucoup trop l’espace avec sa double pédale. Néanmoins, le morceau est plus construit et plus complexe que le reste du skeud. On peut aussi évoquer Paradigms Warped et ses élans un peu plus Doom que Death, même si cela ne s’entend qu’au début du morceau. Enfin, on peut parler de For No Master, un titre ultra rapide, mais qui possède quelques éléments catchy plutôt intéressants et efficaces, comme un pseudo refrain qui marche bien.

Le problème avec Kingdoms Disdained, c’est que c’est très répétitif comme album et que Morbid Angel, dans sa volonté de revenir à des fondamentaux, en oublie presque la mélodie ou la rythmique. Ici, tout va très vite, trop vite, et parfois, on a l’impression d’entendre quelque chose qui n’a aucun sens musical. En gros, on fait du violent parce qu’on nous a demandé d’être violent. Alors on ne remet pas en cause la technicité des musiciens, ni même leur maestria, mais tout ça manque d’originalité et de rupture. C’est-à-dire que certains morceaux se ressemblent comme Architect and Iconoclast avec The Pillars Crumbling ou encore From the Hand of Kings. Ca double-pédale à fond, ça fait des rythmiques à fond les ballons, ça gratouille à s’en déchirer les phalanges, mais l’ensemble manque clairement de variation. D’autant plus que finalement, dans cet album, il n’y a pas que morceaux qui soient réellement marquants. Il n’y a pas de tubes, il n’y a pas de titres qui restent vraiment en tête, la faute justement à cette répétition de rythmiques et cette violence trop exacerbée qui oublie finalement la mélodie ou encore une ambiance plus travaillée. Et c’est dommage, parce qu’on sait que Morbid Angel est capable du meilleur et qui si l’album avait été de la qualité de l’artwork de la pochette, on aurait eu droit à un truc énorme. En l’état, même si c’est loin d’être mauvais, on reste sur notre faim.

Au final, Kingdoms Disdained, le dernier opus de Morbid Angel, peut s’apparenter à une déception, même s’il y a du mieux par rapport au précédent opus, largement conspué par les fans. Le groupe veut revenir à ses fondamentaux, mais il en oublie la mélodie et la variation rythmique, proposant finalement quelque chose de trop bourrin, pas assez organique ou prenant. Reste que les prestations scéniques risquent fort de lâcher quelques mosh pit et wlla of death, ce qui conviendra à tous les fans du groupe.

  1. Piles of Little Arms
  2. E.A.D.
  3. Garden of Disdain
  4. The Righteous Voice
  5. Architect and Iconoclast
  6. Paradigms Warped
  7. The Pillars Crumbling
  8. For No master
  9. Declaring New Law (Secret Hell)
  10. From the Hand of Kings
  11. The Fall of Idols

Note: 12/20

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Par AqME

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