Perudo

Fiche technique :

Auteurs : Cosmo Fry et Alfredo Fernandini

Joueurs : 2 à 6

Durée : 10 à 45 min

Première parution : 2003

But du jeu :

Soyez le dernier joueur à posséder des dés !

Règles :

Perudo est un jeu de bluff dans lequel les joueurs vont tenter de faire perdre tous leurs dés aux adversaires en plaçant leurs enchères de la meilleure manière possible.

Chaque joueur choisit une couleur et prend le gobelet et les cinq dés correspondants, qu’il mélange dans ce gobelet. Chacun regarde secrètement son résultat. Les dés vont de 1 à 6 mais la face 1 est remplacée par le Paco, espèce de toucan.

Le premier joueur annonce une enchère, formée de deux chiffres : un nombre de dés et une face du dé. Le joueur suivant possède plusieurs choix :

  • Monter le nombre de dés.
  • Augmenter la valeur du dé.
  • Annoncer Dudo si l’on pense que le joueur précédent ne remplira pas son contrat.

Pour remplir son contrat, il faut qu’il ait au moins autant de dés qu’annoncé de la face choisie, parmi tous les dés encore en possession de tous les joueurs. Le Paco est un joker : il prend la valeur de la face désignée par l’enchère.

Exemple : Lors d’une partie à 3 joueurs, Joueur A lance une enchère à 4-5 (4 fois le chiffre 5). Il pense donc que parmi les quinze dés de tout le monde, il y a au moins 4 fois la face 5, en prenant en compte les faces 5 et les faces Paco. Joueur B peut soit monter le nombre de dés (5-5, 6-5, etc), soit augmenter la valeur du dé (donc 4-6, 4 fois le chiffre 6), soit dire que joueur A ment en annonçant Dudo.

Lorsqu’un Dudo est annoncé, tout le monde révèle ses dés et l’on vérifie si l’enchère est remplie ou non. S’il y a effectivement au moins autant de dés de la face choisie qu’annoncé, le joueur ayant prononcé le Dudo perd un dé. Dans le cas contraire, le joueur ayant formulé le contrat échoué perd un dé.

Il est possible à tout moment pendant son tour (sauf en première enchère) de parler non pas à une valeur numérique, mais au Paco. Le nombre de dés minimum à annoncer est la moitié de l’enchère précédente, arrondie au supérieur. Il est bien évident que l’on ne prend en compte que les Paco lors du comptage.

Il est également possible de passer des Paco à une valeur numérique. Le nombre de dés minimum à annoncer est le double de l’enchère précendente, +1.

Exemple : Joueur B annonce 5-6. Joueur C ne peut monter au delà de la face 6 (c’est la plus haute face d’un D6), il choisit de parler aux Paco. La moitié de 5 étant 2,5, il doit annoncer au moins 3 Paco.

Joueur A choisit de revenir à une valeur numérique, le 5. Le nombre actuel de dés de l’enchère est 3. 3 multiplié par 2 donne 6, auquel on ajoute 1. L’enchère minimale qu’il peut faire est donc 7-5 à partir de là.

Que l’enchère soit gagnée ou perdue, tout le monde secoue ses dés, regarde secrètement son résultat, et le joueur qui vient de perdre un dé commence cette nouvelle manche en anonçant une enchère.

Lorsqu’un joueur n’a plus qu’un dé, la manche qui suit est une manche Palifico. Trois choses changent durant celle-ci :

  • Les Paco ne comptent pas comme des jokers
  • Il est possible de partir avec une enchère aux Paco
  • Il est interdit de changer la valeur de la face choisie

Quel que soit le résultat de cette manche, la suivante se déroulera selon les règles usuelles, sauf si un autre joueur se retrouve en situation de Palifico.

Lorsqu’un joueur perd son dernier dé, il est éliminé de la partie et le joueur juste après lui démarre la manche suivante.

La partie se termine lorsqu’un joueur est le seul à posséder des dés.

La variante du Calza est très jouée, souvent prise pour une règle de base : pendant le tour de n’importe quel joueur, sauf après son enchère, un joueur peut déclarer un Calza avant que le joueur dont c’est le tour ne parle : il pense qu’il y a exactement le nombre de dés annoncé dans l’enchère parmi tous les dés restants. S’il y a plus ou moins de dés que prévu, il en perd un. Mais s’il y a effectivement pile le bon nombre, il récupère un dé qu’il a perdu. Dans les deux cas, il est le premier joueur de la manche suivante.

Avis :

Perudo fait partie des titres que tout le monde connaît ou presque tant il est apprécié parmi les jeux d’ambiance. Mais son succès est-il mérité ?

Même si l’explication peut sembler longue, en réalité le jeu est très simple et les règles sont comprises rapidement, la présence du matériel et donc d’exemples concrets aidant beaucoup. Les moins matheux d’entre nous auront tendance à reprocher la présence de petits calculs lorsqu’intervient le Paco, surtout à une heure tardive, mais rien d’insurmontable.

Si le fait de devoir estimer un certain nombre de dés d’une certaine face peut également faire penser à un jeu de calcul de probabilités et de statistiques, il n’en est rien. Nous sommes bel et bien en présence d’un jeu de bluff : peu importent les dés possédés par les autres, le tout est de faire croire au joueur suivant que l’enchère que nous proposons est viable. Dès qu’il a parlé sans nous accuser de mentir, nous sommes tirés d’affaire. Et comme dans tout bon jeu de bluff, le langage verbal et le non verbal sont à prendre en compte. Charisme, assurance, ascendance psychologique, confiance en soi pourront vous sortir des pires situations. Mais nous parlons toujours d’un simple jeu de dés. Pour peu que l’on se prenne au jeu, une tension presque palpable s’installe. L’important n’est pas le tirage mais ce que l’on en fait, puisqu’il n’est pas rare de lancer une enchère sans posséder le moindre dé de la face annoncée.

Mais le Perudo se décline très bien en jeu à boire, avec les adultes, pour gagner une dimension plus ludique. Le propre du jeu d’ambiance est de proposer un divertissement simple, amusant et rapide et la présence d’alcool peut y aider, sans toutefois que cela soit obligatoire, bien évidemment (et la consommation d’alcool doit se faire avec modération). Assez logiquement, la durée d’une partie augmente en fonction du nombre de joueurs puisqu’il y a plus de dés et plus de personnes à éliminer. Les premiers à partir risquent d’ailleurs de s’ennuyer s’ils n’ont d’autre choix que d’attendre la fin de la partie… Pour autant, les tours s’enchaînent rapidement et il n’y a presque pas de temps mort.

Le jeu a été repris dans le film Pirates des Caraïbes 2, dans lequel les membres du Black Pearl misent des années de servitude. Les règles y sont légèrement modifiées par rapport à celles du jeu décrit ici mais c’est bel et bien le même principe : augmenter l’enchère portant sur le nombre de dés d’une certaine face parmi tous les joueurs.

Niveau design, le tout forme un ensemble coloré assez joli et les dés sont lisibles. Le jeu est accompagné d’un sac accueillant tout le reste du matériel, ce qui le rend transportable n’importe où. Autant ce sachet que le jeu en lui-même ne prennent que très peu de place. De plus, son matériel minimaliste a l’avantage d’être simulé facilement : il suffit de prendre un verre en plastique non transparent (c’est plus pratique qu’un verre en verre) et 5 D6 quelconques par joueur pour pouvoir jouer. Concernant la rejouabilité, elle est potentiellement illimitée puisque les parties se suivent sans se ressembler. Même jouer plusieurs fois avec les mêmes personnes présente un intérêt puisque les participants n’auront de cesse ne changer de façon d’annoncer une enchère. Et même en parlant de la même façon, il reste très difficile de savoir si une personne bluffe ou non.

Il existe une version Perudo Beach prévue pour 5 joueurs, avec des gobelets et des dés d’autres couleurs moins chatoyantes, pourvue d’un sac (différent du jeu de base) prévu surtout à la plage, d’où son nom.

Un des rois du jeu d’ambiance, à la fois simple et subtil. Sous ses airs de jeu calculatoire, il se révèle un excellent divertissement, pourvu que l’on apprécie le bluff à outrance.

Note: 15/20

Par Flippy Who

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