février 28, 2021

Alter Amistic – Cathexis

Avis :

Il y a des groupes qui aiment garder une certaine dose de mystère, que ce soit dans leur formation, leur anonymat ou encore leur musique. Si l’on doit citer un exemple flagrant, on peut évoquer Ghost et ses différents chanteurs que l’on nomme Papa Emeritus ou encore le groupe Slipknot et la volonté du groupe de garder des masques pour conserver leur anonymat, même si l’on connait le nom de tous les musiciens. Sur ces deux exemples, le mystère est surtout autour des personnalités qui composent le groupe. Il est plus rare de trouver des formations qui rendent même leurs compositions un poil mystique, conférant à l’ensemble un sentiment de trésor caché et de musique pour les initiés. C’est un peu le cas avec Alter Amistic, qui laisse peu d’indices sur sa formation ou ses origines, si ce n’est que le groupe provient de New-York et que ses influences oscillent entre Pink Floyd, Black Sabbath et Kyuss. D’ailleurs, on ne sait même pas si Cathexis est leur premier album et même le site officiel n’est en fait qu’une vitrine permettant d’écouter deux morceaux de cet album. Bref, un mystère étrange qui va servir au groupe, puisque leur musique est assez aérienne, tout en gardant des moments plus lourds, mais offrant toujours un mélange de rock stoner que n’auraient pas renié les années 70.

Le skeud débute avec Atavism et c’est un long morceau de plus de cinq minutes. Un clavier languissant nous ouvre la piste, faisant penser à un vaisseau spatial digne de Rencontre du Troisième Type, puis une guitare lâche quelques notes pour augmenter une tension étrange et envoûtante. Le morceau est assez lent, mais il fait beaucoup de place à une sensation d’ambivalence, entre lourdeur et légèreté. Cette dichotomie est assez déstabilisante mais symbolise finalement tout le sel du groupe, qui va constamment jouer sur les teintes du rock. On a un air de Pink Floyd, dans des élans de clavier et de guitare légère, puis d’un coup, on se retrouve en plein Black Sabbath avec des riffs plus lourds. Bref, Atavism est une synthèse de tout ce que va proposer le groupe par la suite. La réelle force du groupe, c’est de proposer des morceaux très différents, alternant les tempos, mais avec des identités très marquées, comme on peut le constater avec Algid Mimesis et son début rocambolesque et presque oriental qui va déboucher vers un final plus puissant, plus hard et montrant toute la maestria des guitaristes. Alter Amistic n’est pas un groupe de newbies, c’est clairement réfléchi et cet anonymat en devient presque énervant. Pour en revenir aux élans orientaux, on peut aussi citer le début de White Noise, ou encore le morceau Stygian Promise, qui n’est que de l’instrumental. Là encore, le groupe conserve une grosse part de mystère avec un titre rock psychédélique sans aucune parole.

Cependant, si l’album est vraiment d’excellente facture et mérite amplement une écoute plus large, on pourra noter une certaine redondance dans le schéma structurel des titres. On a toujours une introduction très courte qui va rester durant un long moment derrière les guitares qui enchaine avec le rythme de base, puis, petit à petit, chaque chanson va monter, lâcher un joli solo, avant de revenir vers la base en un peu plus lourd. On retrouve cette composition dans Haruspex, Final Fantasy, Flames, Broken Land ou encore Dirge of the Abyss. Alors en soi, cela n’est pas très gênant, le groupe arrivant toujours à créer quelque chose de nouveau à chaque fois, en introduisant une mélodie plus ou moins chaleureuse, un riff plus lourd ou encore un nouvel instrument à l’image du clavier qui n’est pas forcément présent à chaque fois, mais cette redondance est assez flagrante pour être notée. Après, il est évident que l’album est très intéressant et que l’on fait face à des musiciens hors pair, et pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter le très lourd Dirge of the Abyss déjà cité auparavant, ou encore le sublime Detache qui met en avant… un piano. Une ballade touchante et d’une beauté incroyable pour clôturer un album rock qui demeure encore une fois trop méconnu.

Au final, Cathexis, le premier (et dernier album en date) de Alter Amistic, est une franche réussite et colle parfaitement à toutes les références citées par le groupe, à savoir Pink Floyd, Kyuss et Black Sabbath. Oscillant constamment entre rock, stoner, hard et psychédélisme, la formation américaine livre un album à la fois beau, puissant et envoûtant. Il est juste dommage que la visibilité du groupe soit si réduite, même si cela participe finalement à l’aura mystérieuse qui englobe ce groupe. Bref, écoutez Alter Amistic.

  1. Atavism
  2. Algid Mimesis
  3. Haruspex
  4. Final Fantasy
  5. Flames
  6. Broken Land
  7. White Noise
  8. Stygian Promise
  9. Dirge of the Abyss
  10. The Cage
  11. Saturnine
  12. Detache

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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