Beach Rats

De : Eliza Hittman

Avec Harris Dickinson, Madeline Weinstein, Kate Hodge, Erik Potemka

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Frankie un adolescent paumé passe un été misérable entre son père malade et sa mère qui insiste pour que celui-ci se trouve une petite amie. Le jeune homme tente d’échapper à son quotidien en traînant avec ses amis, une bande de délinquants et en flirtant sur le net avec des hommes plus âgés.

Avis:

Venue du cinéma indépendant américain, « Beach Rats » est le second film d’Eliza Hittman. Réalisatrice américaine, Eliza Hittman avait trouvé son public avec « It Felt like love » sorti en 2013 et qui se passait déjà dans le quartier de Brooklyn et qui suivait déjà des adolescents en plein changement d’eux même.

Deuxième film pour Eliza Hittman et deuxième fois que l’on trouve les mêmes sujets, au point qu’on pourrait ainsi dire que l’on tient les obsessions de sa jeune réalisatrice. Alors que dans son premier film, elle suivait les mensonges d’une jeune fille, cette fois-ci, c’est un jeune garçon qu’elle met à l’honneur dans un film sans concession qui, si on lui reprochera d’aller un trop loin sur sa fin, au point d’en gâcher le ressenti sur l’ensemble de l’œuvre, n’en restera pas moins intéressant et en très grande partie juste.

Portrait d’adolescent à la dérive dans un Brooklyn d’été, imparfait, peut-être agaçant, mais néanmoins à voir, si jamais il arrive jusque dans nos salles de cinéma.

Frankie est un adolescent perdu qui passe un été assez minable. Son père est mourant, sa mère s’immisce parfois trop dans sa vie et il a beaucoup de mal à supporter sa sœur. Résultat, il zone avec ses potes sans but précis. Frankie a bien une petite amie qu’il vient de rencontrer, mais on ne peut pas dire que c’est ce qui l’excite le plus. Non, Frankie est perdu et se cherche et c’est en secret qu’il se rend sur des sites de rencontres, afin de pouvoir rencontrer et coucher avec des hommes bien plus mûrs que lui.

Portrait doux et sombre à la fois d’une génération perdue, « Beach Rats » est un film qui séduit autant qu’il déçoit.

« Beach Rats« , c’est avant tout le regard des plus intéressants d’une jeune réalisatrice sur une période charnière de la vie, l’adolescence. Avec « Beach Rats« , elle questionne la sexualité de ses adolescents et plus particulièrement sur l’un d’entre eux, perdu, qui ne sait quoi penser de lui-même. Entre expérience des deux côtés, ressentis, plaisir, honte, mal être, drogue, ennui et mélancolie, Eliza Hittman suit son personnage de près et ne le lâche pas. Tour à tour touchant, et attendrissant, on prend plaisir à suivre ce parcours initiatique qui parfois rappelle fortement le « Kids » de Larry Clark ou plus récemment le « American Honey » d’Andrea Arnold.

Ce qui est prenant avec « Beach Rats« , c’est l’authenticité de la mise en scène de sa réalisatrice, qui n’hésite pas à aller au plus réel des situations qu’elle aborde et ça, sans jamais tomber non plus dans le glauque. « Beach Rats« , c’est une immersion dans Brooklyn et sa plage. Du sport l’après-midi, aux soirées arrosées ou fumées. Puis ces dérives sur internet, ces rencontres furtives pour un plaisir honteux mais salutaire, même s’il est trop bref. Eliza Hittman a très bien su filmer et capturer les doutes de ce jeune homme. Elle a parfaitement su capturer sa complexité et son interprète Harris Dickinson est parfait dans le rôle. D’ailleurs, tout le film est tenu par une belle bande de jeunes comédiens, dont certains dégagent énormément de charisme. Il ne serait pas étonnant qu’on revoit les « … rats » d’Eliza Hittman d’ici peu dans d’autres films.

Mais si « Beach Rats« , séduit par son ton et son intrigue, il est aussi un film qui déçoit par son final. Non pas que l’on reste sur notre faim, loin de là, le film a un final. Non, c’est plus par les évènements qui s’y passent, car d’un coup, et sans subtilité, Eliza Hittman dévie sur autre chose et cela donne une impression de perte, comme si la réalisatrice ne savait pas comment conclure son film. Elle s’est donc retrouvée sur des chemins moins justes, presque caricaturaux et c’est très décevant, car jusque-là, « Beach Rats » était bon. C’est vraiment dommage d’avoir quelque peu raté sa sortie.

« Beach Rats » est donc une belle heure et quart d’un cinéma intelligent, beau, qui pose de bonnes questions et offre un très beau personnage. Reste alors ce dernier quart d’heure qui vient abîmer ce qu’Eliza Hittman avait construit. « Beach Rats » reste toutefois un « bon » film à voir, ne serait-ce que pour toutes les questions de ce personnage si touchant.

Note : 12/20

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Par Cinéted

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