mars 3, 2024

Iron Claw – Le Catch dans le Sang

Titre Original : The Iron Claw

De : Sean Durkin

Avec Zac Efron, Harris Dickinson, Jeremy Allen White, Stanley Simons

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Biopic

Résumé :

Les inséparables frères Von Erich ont marqué l’histoire du catch professionnel du début des années 80. Entrainés de main de fer par un père tyrannique, ils vont devoir se battre sur le ring et dans leur vie. Entre triomphes et tragédies, cette nouvelle pépite produite par A24 est inspirée de leur propre histoire.

Avis :

Après deux courts-métrages dans les années 2000, le canadien Sean Durkin se fait grandement remarquer avec son premier film, « Martha, Marcy, May, Marlène« , qui suit le parcours d’une jeune femme ayant réussi à échapper à une secte. Le film sort en 2011, et alors que le réalisateur a beaucoup de regards braqués sur lui, il va pourtant mettre énormément de temps pour revenir, puisque son retour se fera en 2020 avec « The Nest » qui fut une belle déception pour ma part.

Pour son troisième long, Sean Durkin s’est arrêté sur une discipline dont le cinéma parle très peu, le catch. Passionné par cette discipline depuis toujours, Sean Durkin livre là un film biopic sportif, qui va surtout se poser comme une immense tragédie familiale. Parlant aussi bien de la gloire que de ses illusions, parlant aussi bien de la famille, des relations père/fils, ou encore des relations entre frères, Sean Durkin nous entraîne dans un portrait de famille renversant et vraiment touchant. Moi qui ne connaissais rien de cette histoire, le réalisateur a su m’entraîner avec intrigue, émotion et beaucoup d’intérêt.

«  »Iron Claw« , c’est surtout une tragédie familiale. »

Dans le milieu du catch, dans la famille Von Erich, on est catcheur de père en fils. Enfin, c’est surtout le père Von Erich qui a entraîné ses fils dedans, à cause d’un prix qui lui a échappé. Si la famille connaît la gloire, il est dit aussi que la famille est poursuivie par une malédiction, et petit à petit, cette dernière est frappée de plein fouet par des tragédies. Des tragédies qui, pourtant, n’ont pas l’air d’affecter ce père tyrannique, qui ne voit d’autre but pour relever les siens que l’un de ses fils, voire même tous ses fils, devienne un jour ou l’autre champion du monde des poids lourds.

Et bien le voici le coup de cœur de la semaine. Quatre ans après la déception que fut « The Nest« , Sean Durkin se rattrape très largement avec ce biopic sur la famille Von Erich, une famille de catcheurs qui fut très largement éprouvée.

Comme je le disais, je ne connaissais absolument pas cette famille et mes connaissances dans le domaine du catch se limitent sûrement à « Foxcatcher« , c’est dire.  Avec ce film, je m’attendais à trouver un film sur le sport, un biopic sportif, et s’il y a forcément de cela, le film de Sean Durkin est aussi très loin de l’idée que je m’en étais faite, et je me suis retrouvé dans un film qui est bien plus intéressant que ça, et surtout bien plus touchant, car « Iron Claw« , c’est surtout une tragédie familiale. Une de ces tragédies qu’on pourrait presque qualifier de tragédie grecque, tant le drame fait presque partie du quotidien des personnages qui s’entêtent par envie de gloire et d’egos surdimensionnés.

« Sean Durkin a réussi à capturer un amour fraternel foudroyant. »

Au travers l’histoire de cette famille américaine et de ce sport, « Iron Claw » est un film riche, qui aborde énormément de sujets. Ici, on y parle de la famille, des relations dans la famille. Ici, on y parle d’un père tyrannique, en recherche de gloire, et qui transmet ce virus à ses enfants. Le film parle aussi de fratries, avec ces quatre frangins soudés. Puis avec ça, « Iron Claw » parle de la gloire, de son côté éphémère, de ses désillusions, du travail pour arriver au sommet, puis derrière ça, parfois, il peut y avoir des remises en question de la part des personnages. Puis plus loin encore, le film parle d’une époque où le catch était mis en avant, un peu comme un âge de gloire. Enfin, c’est l’impression que ça me donne, car comme je le disais plus haut, mes connaissances sont assez restreintes sur le sujet.

Avec ça, alors qu’il pourrait régner un esprit de compétition au sein de cette famille poussée par les rêves d’un père, Sean Durkin a réussi à capturer un amour fraternel foudroyant. Ces quatre frangins ont une relation en or, malgré tout ce qui pourra arriver, et c’est ce qui pousse un peu plus loin l’attachement qu’on peut avoir envers ces personnages, et plus loin encore, c’est ce qui va nous procurer de belles émotions face à la tragédie de leur histoire.

« Holt McCallany, aussi fascinant que très agaçant »

Pour camper ces frangins, Sean Durkin a réuni un très beau casting. Un casting aussi étonnant que détonnant, et un casting qui assure aussi bien dans le privé que sur le ring. Ce casting se compose de Zac Efron, Harris Dickinson, Jeremy Allen White et Stanley Simons et autant dire que les quatre comédiens sont au top, et trouvent parfaitement leur place dans cette histoire et dans ce film. Quant à la figure paternelle, elle est campée par un excellent Holt McCallany, aussi fascinant que très agaçant dans ses envies de gloire, poussant ses garçons à la lutte, sans se soucier de leur bien-être.

Pour raconter cette histoire et ce portrait de famille, Sean Durkin a eu besoin de deux heures et quart de film, et son film ne se voit pas passer, d’autant plus que ce dernier est tenu par de superbes scènes. Sean Durkin oscille avec brio entre moment fraternel, fête de famille et des rencontres sur le ring qui sont parfaitement chorégraphiées.

Il en résulte de tout cela un excellent film qui se pose comme l’un des coups de cœur de cette semaine. Sean Durkin fait un très beau retour sur les grands écrans, et propose peut-être l’un des plus beaux portraits de famille de ce début d’année 2024. Passionnant, vibrant et émouvant. Bref, « Iron Claw« , c’est vraiment très bien.

Note : 17/20

Par Cinéted

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