novembre 30, 2020

Sunlight

Auteurs : Christophe Bec et Bernanrd Khattou

Editeur : Glénat

Genre : Horreur

Résumé :

Caro, Eva et Kevin sont amis depuis plus d’une dizaine d’années. Ils ont une passion commune pour la spéléo et les sensations extrêmes. En boîte de nuit, ils croisent François, un expert dans un cabinet de conseils, qui connaît une mine désaffectée ne figurant pas sur des cartes officielles. Celui-ci leur donne les informations ainsi qu’une carte des lieux pour qu’ils explorent les souterrains. Le lendemain, à 4h30 du matin, les trois amis se retrouvent et partent en direction des mines de Pradillac. Après deux heures de route, ils empruntent un chemin traversant un bois et tombent sur des chasseurs. Prétextant une ballade, le lieu de leur escapade étant interdit à la population, ils repartent. Plus tard, ils atteignent enfin le site. Enjambant des barbelés, ils explorent ce qui ressemble fort à une ville fantôme. Le trio se rend à l’entrée indiquée sur la carte, mais constate que celle-ci est scellée. Plus loin, le sol se dérobe sous leurs pieds. Eva, Caro et Kevin reprennent leurs esprits au fond d’un puits de mine d’environ 40 mètres. Sans réseau téléphonique et avec très peu de vivres, ils vont devoir explorer les lieux pour survivre…

Avis :

La spéléologie a tôt fait de trouver un terrain de prédilection dans le cinéma de genre. Après l’excellent The Descent, quelques productions inégales ont tenté de reprendre le flambeau de manière plus ou moins convaincante. On songe notamment à La crypte, The Cavern ou Sanctum. Toujours est-il que le sujet possède un potentiel évident pour développer la claustrophobie. Avec Sunlight, la collection Flesh & Bones exploite cette thématique avec une approche similaire aux films de seconde zone. Autrement dit, des prétextes faciles qui amènent à une situation extrême au cœur d’un environnement hostile. S’agit-il d’un survival efficace ou le filon se tarit-il au bout de quelques planches ?

D’emblée, l’on sent les influences cinématographiques qui émanent du comics. Les premiers instants du scénario ne s’embarrassent guère d’originalité ou de répondant. L’entame assume pleinement son côté simpliste. Soit dit en passant, digne d’un slasher. D’ailleurs, les lignes de dialogues sont tout aussi basiques et crues, voire répétitives dans la vulgarité. Il n’y a rien de gênant ou de choquant, mais davantage d’inspiration sur ce point aurait pu amener à d’autres considérations que le mystérieux secret d’une des principales intervenantes. Élément hautement prévisible lorsqu’on prête attention à quelques détails en début de parcours.

Toujours est-il que l’on se retrouve avec un trio de spéléologues en herbe, amateurs de sensations extrêmes. Par un moyen inopiné et commode, leur dernière excursion tourne court… au fond d’un trou de mine. L’exploration dans les tunnels étant impensable, le huis clos souterrain se cantonne au puits dans lequel ils ont sombré. Un espace restreint qui, malgré les efforts pour que la progression soit la plus variée possible, démontre rapidement ses limites. Pour cela, la tête à claques du lot se transforme en un MacGyver de pacotilles, tandis que la greluche de service se montre plus pragmatique qu’escomptée. Enfin, la petite réservée complète le groupe sans occuper la place centrale qui lui est due.

Concernant l’intrigue, on alterne constamment entre des moments de tension, des élans de stupidité et des passages dramatiques ponctués de flash-back. Le résultat ne touche guère et tend à décrédibiliser l’effort par des caractères versatiles ; n’en déplaise à leur volonté de survivre. Certes, les éléments de base sont bien retranscrits, tout comme l’isolement de la mine accentué par la forêt qui l’encercle. Pour autant, certaines séquences rallongent inutilement l’histoire. Pires que cela, ils la font sombrer dans le ridicule. De par son côté incongru et incohérent (n’oublions pas que le type souffre d’une hémorragie aggravée), la séance de masturbation reste l’exemple le plus emblématique.

Alors oui, l’on pourrait saluer un retournement de situation pour le moins inattendu en dernière ligne droite. Cependant, l’immersion et la surprise ne sont guère au rendez-vous. Et ce n’est pas la qualité inégale des dessins qui infirmera cet état de fait. Au mieux, les expressions faciales se révèlent exagérées ; au pire, laides et grotesques. Le contraste entre la description des personnages et de l’environnement est flagrant et pas forcément flatteur pour les premiers. Comment peut-on passer de planches réussies où le noir et blanc distille une résonance particulière à des traits grossiers dont la finition laisse à désirer ? Il en ressort une vision artistique bancale à l’image de l’intrigue. Autrement dit, inconstante.

Au final, Sunlight demeure une déception. Malgré un intérêt de façade notable, l’épreuve du huis clos souterrain tourne rapidement en rond. En faisant se succéder des échanges circonspects et rarement finauds, le présent comics se limite à des exigences relativement sommaires. Avec un humour sporadique au ras des pâquerettes dans un contexte grave, les changements de ton fortuits sont légion. Pour rameuter le chaland sans équivoque, Sunlight n’hésite pas à fournir son lot de jeunes donzelles dénudées et d’allusions scabreuses, le tout accompagné de quelques blessures saignantes à souhait. Contrairement aux visages, les silhouettes, elles, sont parfaites. Une piètre consolation vu l’ampleur du gâchis.

Note : 11/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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