octobre 26, 2020

Répulsion

Titre Original : Repulsion

De : Roman Polanski

Avec Catherine Deneuve, Yvonne Furneaux, John Fraser, Patrick Wymarck

Année : 1965

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune manucure belge, Carole, travaille et vit à Londres avec sa sœur Hélène. Carole, introvertie, a des problèmes relationnels avec les hommes. Elle repousse Colin, qui la courtise et n’apprécie pas Michael, l’amant de sa sœur. Quand celle-ci part avec Michael, Carole sombre progressivement dans la névrose. Recluse, elle bascule dans la schizophrénie, et devient hantée par des bruits…

Avis :

Après son premier film, qui fut plutôt mal accueilli dans son pays, la Pologne, alors que le reste du monde le découvre avec un œil bienveillant, Polanski aura même une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger. Ainsi, après ce premier long, Roman Polanski quitte la Pologne et va « barouder ». De vaches maigres à Paris, à l’une des meilleures parties de sa vie à Londres, le réalisateur « se nourrit ».

Et c’est après trois années de silence que le réalisateur signe un retour avec un film qui va se faire remarquer, et même s’installer au fil des années comme une pièce maîtresse de sa filmographie. Ce retour se fait à Londres, en compagnie d’une toute jeune Catherine Deneuve. Avec « Répulsion« , Roman Polanski s’aventure sur les chemins sinueux de la folie. Œuvre austère à l’ambiance si froide qu’elle en serait presque terrifiante, Roman Polanski livre là un grand film et assure tout le talent qu’on pensait déjà de lui après « Couteaux dans l’eau« .

Carole est une jeune femme qui vit discrètement à Londres. Jeune fille sans histoire, elle partage un appartement avec sa sœur. Alors que cette dernière laisse son amant coucher chez elle la nuit, Carole se sent dérangée par la présence de cet homme marié. Quand sa sœur décide de prendre deux semaines de vacances et de laisser Carole seule, celle-ci sombre peu à peu dans la folie et les névroses. Une folie telle que Carole aura bien du mal à distinguer le vrai du faux et se laissera totalement engloutir par ses peurs, ses angoisses et ses pulsions.

Pépite Polanskienne dans toute sa splendeur, « Répulsion« , le deuxième long-métrage de Roman Polanski est de ces films qui font office de pilier et de mur porteur dans une filmographie.

Descente terrifiante et fascinante à la fois dans la folie schizophrène d’une jeune femme, avec ce film, le réalisateur s’aventure sur des thèmes qui vont parcourir toute son œuvre dans le futur.

Quand on découvre « Répulsion« , on ne peut que penser à « Rosemary’s Baby » ou « Le Locataire« , et même plus récemment à des films comme « La jeune fille et la mort » ou encore « La neuvième porte » et « La Vénus à la fourrure« .

« Répulsion » est donc une descente en enfer superbement maîtrisé. C’est un film qui peu à peu nous enferme dans cet appartement. Le scénario est solide, épuré et bien plus précis qu’on pourrait le croire à la première lecture. Symboliques et métaphores sont les maîtres-mots pour découvrir cette femme qui haït les hommes (et elle a bien des raisons, si l’on comprend bien entre les lignes). De plus, le réalisateur, avec ce scénario, nous tient en attention en permanence, offrant toujours quelque chose d’intéressant, offrant toujours un élément de doute, d’espoir ou de désillusion. Roman Polanski, en grand-maître qu’il était déjà, sait parfaitement comment gérer cet enfoncement, cette destruction de l’âme humaine. Doté d’une mise en scène exemplaire, malgré le fait que le film ait quand même pas mal vieilli, on restera étonné et scotché devant l’ambiance sombre que le réalisateur tient jusqu’au bout. Cette mise en scène ira jusqu’à faire de cet appartement lui-même un personnage fascinant. Si le personnage de Catherine Deneuve a déjà des névroses et tous les symptômes de la folie naissante, on est en droit de se demander si cet appartement justement n’a pas joué un rôle et précipité les choses.

Avec ce film qui, rappelons-le, vient de fêter ses cinquante ans l’année dernière, on restera assez bouche bée devant la qualité des effets spéciaux pour rendre cette appartement vivant. Si le film a vieilli et parfois pas toujours en bien, quand on le replace dans son époque, on ne peut nier le bijou incroyable qu’il est.

« Répulsion« , c’est aussi un film qui tient encore plus avec l’immense composition de Catherine Deneuve. Une Catherine Deneuve fascinante qui, quelque part entre l’ange et la terreur, arrive à être poétique dans sa détresse. L’actrice est fascinante de bout en bout et il ne fait nul doute que le personnage de Carole est l’un de ses plus grands rôles et aussi l’un de ses plus difficiles.

Pour son deuxième film, Roman Polanski a mis la barre très haute, livrant un film d’une grande qualité. Un film doté d’un scénario en or et d’une comédienne qui ne fait qu’en révéler encore plus l’éclat. « Répulsion » est donc un film prenant, fascinant et intense. Un film à la psychologie folle, qui a dû en inspirer plus d’un part la suite. Bref, une pièce maîtresse à découvrir ou redécouvrir.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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