octobre 28, 2020

Intruders

De : Adam Schindler

Avec Beth Riesgraf, Rory Culkin, Martin Starr, Jack Kesy

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Atteinte d’agoraphobie sévère, Anna vit depuis 10 ans recluse dans une ancienne maison victorienne à la périphérie d’une ville de Louisiane. Lorsque des criminelles s’introduisent chez elle par effraction, elle est terrifiée mais incapable de s’enfuir et de leur échapper. Ce que les cambrioleurs ne savent pas encore est que l’agoraphobie n’est pas la seule psychose dont souffre la jeune femme…

Avis:

Parmi tous les sous-genres qui pullulent dans le cinéma d’horreur, le Home Invasion tient une place assez particulière. Il faut dire que le genre est assez prolifique puisqu’il emprunte aussi bien au thriller qu’à l’horreur pure et il peut se décliner en film d’action ou en film plus ou moins gore. On pense évidemment au mauvais American Nightmare premier du nom, ou encore à The Strangers et le très sympathique You’re Next d’Adam Wingard. L’avantage de ce sous-genre, c’est qu’il est peu couteux en décor (une maison suffit) et qu’il permet de travailler de façon assez simple des personnages relativement manichéen. En général, les méchants pénètrent dans la maison des gentils qui vont devoir se battre avec les moyens du bord. Avec Intruders, Adam Schindler, dont c’est le premier film, va essayer de surprendre tout le monde en utilisant un climax malin, mais qui se perd en cours de route.

L’histoire est relativement simple, puisque nous allons découvrir une jeune femme qui souffre d’une grosse agoraphobie et qui, pour se nourrir et soigner son frère atteint d’un cancer, fait appel à un livreur assez sympathique. Lorsque son frère meurt, elle offre à boire au livreur et lui propose beaucoup d’argent pour le remercier. Celui-ci, honnête décline l’offre. Le lendemain, elle est incapable de faire l’effort de sortir pour aller aux funérailles de son frère. C’est pourtant à ce moment-là que trois malfrats décident de rentrer dans sa maison pour trouver l’argent. Dès le départ, le film essaye de jouer au petit malin avec le spectateur, distillant quelques éléments vagues au détour d’une conversation, puis avec la présence de personnages qui ne semblent pas aussi méchants qu’ils veulent bien le laisser paraître. Cette ambiguïté est plutôt bien vue, car elle va permettre d’attiser la curiosité du spectateur et donc d’être assez attentif à ce qui va se passer et se dire.

Le début du film est donc assez classique. La nana va être la victime de trois hommes dont l’objectif est assez clair, trouver une grosse somme d’argent. Le jeu de cache-cache que l’on retrouve à chaque fois dans ce genre de film est plutôt bien filmé, même s’il manque un peu de génie comme on a pu le voir avec Don’t Breathe de Fede Alvarez. En même temps, il s’agit d’un premier film et on ne peut qu’être bonnement surpris quand on voit comment Adam Schindler mène son petit monde. Jouant sur la maladie de la jeune femme et sur les dissensions qui règnent au sein du trio de malfrats, le film arrive sans trop de mal à tenir la route, malgré quelques redondances et quelques moments un peu trop bavards pour rien. D’autant plus que les clichés vont bon train, notamment avec le personnage du méchant de base, qui ne semble pas dérangé de devoir buter une jeune donzelle sans défense.

La surprise de ce film survient en son milieu, lorsque tout se bouscule et où les rôles s’inversent. Sans spoiler, un élément va déclencher l’inversion des rôles et le film va changer du tout au tout pour se transformer en un huis-clos un peu ennuyeux. Alors ce n’est pas tant dans la thématique principale que le film est pénible, puisque c’est plutôt travaillé sans être complexe, et malgré quelques facilités, on restera intéressé par le fin mot de l’histoire. Le problème survient surtout sur la façon dont est amené le twist. Il semblerait que tout va trop vite et on ne comprend pas très bien pourquoi la jeune femme se livre comme cela sur sa vie alors qu’elle tient tout le monde sous son joug. Il y a un moment de flottement qui pourrait ressembler à un trou dans le scénario, ne sachant comment amener ce dénouement, cette explication, sans tomber dans le monologue qui n’a aucune raison de sortir maintenant. Alors on aura bien des moments un peu tendus, notamment dans le jeu de l’actrice Beth Riesgraf (Leverage – Les Justiciers), qui sera la révélation du film et qui jouera constamment sur le fil, puisqu’on ne saura jamais si elle est gentille et sincère, ou tout simplement machiavélique et manipulatrice. Malheureusement, ces petits moments agréables sont noyés sous des artifices trop classiques pour pleinement convaincre et cela même si les acteurs jouant les méchants sont plutôt bon.

Au final, Intruders est un film sympathique bien qu’anecdotique. En fait, la chance qu’il a c’est qu’il sort en période de vache maigre au niveau de l’horreur et qu’il demeure assez bien foutu, lui octroyant donc un capital sympathie assez fort. Jouant perpétuellement sur la frontière entre les personnages bons et les personnages mauvais, le film essaye de perdre le spectateur, mais offre un métrage assez conventionnel, dont les tenants et les aboutissants sont plutôt maigres et peinent à convaincre. Il reste alors un Home Invasion classique, pas trop long et propre au niveau de la réalisation, ce qui est déjà pas mal.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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