octobre 27, 2020

Hurlements

Titre Original : The Howling

De : Joe Dante

Avec Dee Wallace, Dennis Dugan, Patrick MacNee, Christopher Stone

Année: 1981

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Une série de meurtres effroyables terrorise la population de Los Angeles. Une jeune journaliste de télévision mène sa propre enquête.

Avis:

Ennemi endémique du loup-garou, le vampire a toujours eu le vent en poupe au cinéma. Il faut dire que la figure du suceur de sang peut prendre différente forme et symbolise un contexte social assez prégnant en fonction de sa position dans le film. On peut le voir comme un riche aristocrate saignant à blanc le pauvre prolétaire, ou comme une erreur de la nature ayant peur des manants, le considérant comme un monstre répugnant, mettant alors en exergue toutes les peurs primaires de l’être humain. Le lycanthrope a eu un impact assez différent sur le septième art et malgré des thématiques aussi intéressantes comme la dualité de l’homme qui fait taire son instinct animal ou encore une façon de traiter le double personnalité, le loup-garou s’est peu à peu éteint au profit de son comparse aux longues canines. Sauf qu’en 1981, deux films vont se tailler une grosse part et remettre en avant le lycan comme on l’appelle aujourd’hui. Nous avons d’un côté John Landis et son Loup-Garou de Londres (avec un scénario qu’il avait écrit en 1969 mais qu’il n’a jamais pu tourner avant à cause des limites des effets spéciaux) et de l’autre côté, nous avons Hurlements de Joe Dante. Forcément, la concurrence entre les deux films sera très forte, mais pas seulement sur le plan du box-office.

Il faut savoir que John Landis avait écrit son scénario des années auparavant, mais qu’il voulait absolument un plan de transformation plein champ et en pleine lumière. En 1969, les effets spéciaux étaient limités et même si le réalisateur avait demandé à Rick Baker de trouver des trucages, cela n’a pu être possible que douze ans plus tard. Sauf qu’entre temps, Joe Dante avait écrit son scénario et que Rick Baker avait trouvé une solution en utilisant les têtes changeantes, partant donc pour bosser avec lui. Furieux, John Landis a poussé une gueulante, et Rick Baker, en bon seigneur, fit les effets spéciaux pour le film de Landis, et c’est le grand Rob Bottin qui a fait Hurlements. Et il faut savoir que Rob Bottin, c’est celui qui a bossé sur The Thing de Carpenter, autant dire un orfèvre en la matière. Et Hurlements va alors proposer une alternative au film de John Landis.

En premier lieu, le film de Joe Dante va peaufiner une ambiance très brumeuse et assez malsaine. Hurlements se déroule très souvent dans le noir, avec une atmosphère éthérée et des couleurs assez vives, dans une ville qui respire l’insécurité. En appuyant grandement sur cette ambiance, le réalisateur va pouvoir instaurer un malaise chez le spectateur, rajoutant par-dessus quelques fulgurances sexuelles crades, renvoyant immédiatement le loup-garou à l’état de bête féru de sang et de sexe. Seulement, cette première partie va être très bavarde et le film va mettre beaucoup de temps avant de se mettre en place. Alors il est vrai que cela permet de présenter de façon cohérente et intelligente tous les personnages du film, du mari impulsif au docteur étrange mais avenant, mais on peut reprocher au film un rythme assez délétère en son début. Alors bien évidemment, cela n’a rien de gênant et cela met en avant tous les défauts des films d’horreur d’aujourd’hui, qui n’arrivent plus à construire des personnages attachants, ma faute à une volonté de faire de l’horreur un grand-huit et non plus une œuvre.

Fort heureusement, Hurlements va proposer un fond très intéressant au mythe du loup-garou. Ici, il n’y a point de malédiction et les lycans vivent parfaitement leur condition. Ils sont conscients de leur sort et leur seule volonté, c’est de sortir de l’anonymat afin de pouvoir vivre en plein jour. Mais en plus de ce passage un peu virulent et dangereux pour l’homme, le film va tenter de parler de la bête qui sommeille en chacun de nous. Joe Dante utilise le loup-garou pour parler de la schizophrénie de l’homme, de cette part qu’il refoule volontairement pour paraître plus humain. Un angle assez inédit quand on aborde le loup-garou et qui lui permet d’ajouter un fond nécessaire pour rendre son film plus intéressant.

Mais Hurlements vaut surtout le coup d’œil pour son dernier tiers, où les loups-garous se montrent enfin et où la violence se déchaine vraiment. Ne laissant aucune chance aux pauvres humains, le film va alors partir dans un grand-huit assez bourrin et jouissif où chacun révèle sa vraie nature. Devenant vraiment angoissant et savamment mis en scène, le film va prendre une grande ampleur, notamment grâce aux effets spéciaux de Rob Bottin qui n’a pas pris une ride, donnant un véritable cachet au métrage. Les transformations sont impressionnantes, offrant du gore et se détachant du film de John Landis, puisqu’ici, les hommes deviennent volontairement des loups-garous, sans souffrance, ce qui l’inverse chez son concurrent. En prenant le mythe sous l’angle du « plaisir », Joe Dante peut alors se lâcher sur les mises à mort et mettre en avant une certaine violence voulue.

Et outre le maquillage ou les effets spéciaux, le réalisateur a fait appel à une bande d’acteurs très impliqués dont la sublime Dee Wallace qui joue à merveille ou encore un Patrick MacNee rassurant, mais qui se révèle machiavélique sur la fin. On appréciera aussi le casting de gueules, ce qui manque cruellement au cinéma aujourd’hui.

Au final, Hurlements est un film nécessaire sur les loups-garous et qui mérite toutes les louanges qu’on lui faits. Malgré un début un peu longuet, Joe Dante maîtrise parfaitement son sujet en offrant une ambiance dérangeante au départ pour finir en apothéose sur la fin, ne laissant que peu de répit au spectateur face au déluge d’effets spéciaux et d’idées de mise en scène dans son dernier tiers. Bref, Hurlements fait partie des meilleurs de loups-garous, aujourd’hui encore.

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Hurlements »

  1. Oui !! Et puis rien, rien à faire, des effets spéciaux avec des tendons de lapin et des poils de peluche, ça me fera toujours plus rêver que du numérique 🙂

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