mai 16, 2021

Dracula 2001

Titre Original : Dracula 2000

De : Patrick Lussier

Avec Gerard Butler, Christopher Plummer, Jonny Lee Miller, Justine Waddell

Année: 2001

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Au XIXème siècle, à Londres, après des années de poursuite, Abraham Van Helsing parvient enfin à capturer le comte Dracula. Il s’empresse d’enfermer le corps maudit dans les soubassements de l’abbaye de Carfax. Celui-ci y reposera durant plus d’un siècle.
En l’an 2000, l’abbaye de Carfax a laissé place à un important immeuble à bureaux, propriété de Matthew Van Helsing, l’un des descendants d’Abraham. En dépit d’une mystérieuse maladie, il veille à la protection du précieux bien qui sommeille sous les fondations.
Il est secondé par Simon Sheppard, collectionneur d’armes antiques et spécialiste dans la chasse aux vampires. Les problèmes surviennent lorsqu’un groupe de voleurs experts en haute technologie parvient à s’introduire dans la chambre forte et tente d’ouvrir une crypte extrêmement bien protégée, celle de Dracula. Ces derniers manquent leur coup et le redoutable comte saisit l’occasion pour s’évader.
Pendant ce temps, quelque part à la Nouvelle-Orléans, Mary Van Helsing mène une vie paisible de commerçante avec sa meilleure amie Lucy, préférant ne pas se mêler des affaires de son père. L’arrivée de Simon dans sa boutique vient mettre un terme à cette tranquille existence.
Dracula rôderait dans les parages, et Simon se doit de le tuer avant que Marcus et son gang de cambrioleurs ne mettent la main dessus. Pour ce faire, il a besoin de l’aide de Mary.

Avis:

Quand on énumère les cinéastes les plus connus qui sévissent dans le milieu de l’horreur, on a toujours tendance à citer en premier ceux qui sont apparus dans les années 80 et qui ont en quelque sorte propulsé le genre. Puis on arrive quelques fois à citer ceux qui sont apparus durant les années 2000 et qui ont su balancer un film fort ou des remakes presque plus convaincants que les originaux (Notamment Alexandre Aja et sa Colline a des Yeux). Mais on a tendance à oublier ceux qui sont là-dedans depuis des lustres, mais qui n’arrivent pas à livrer un bon film, ou tout du moins d’en faire un remarquable. Parmi eux, on peut citer Patrick Lussier. Il est vrai que le cinéaste n’aura pas fourni le meilleur du cinéma horrifique et pourtant, on lui doit des films comme The Prophecy 3 avec Christopher Walken, Hell Driver avec Nicolas Cage ou encore Meurtres à la St-Valentin, qui demeurent bien sympathiques malgré leurs défauts évidents. Il faut dire que le réalisateur a commencé comme monteur pour Wes Craven, et donc, forcément, ça laisse des traces. Mais ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est son Dracula 2000, puisqu’il est sorti en 2000 aux States, et qui fut rebaptisé chez nous Dracula 2001, puisqu’il est sorti un an plus tard.

Premier bébé qui donnera une trilogie plutôt oubliée de nos jours, Dracula 2001 est un film assez étrange qui se trompe complètement dans sa tonalité mais qui est d’une générosité incroyable. Le début sera d’ailleurs symptomatique de l’ambiance complètement foirée du métrage. On retrouve un vieil homme qui est en fait Van Helsing, devenu un antiquaire renommé, récupérant une arbalète de la part de son bras droit, un jeune Jonny Lee Miller post-Trainspotting qui aura bien du mal à donner de l’épaisseur à son personnage un peu niais. Par la suite, une bande de braqueurs, poussée par la belle assistante de Van Helsing, va forcer le coffre-fort de l’antiquaire, et trouver un cercueil en argent qu’ils vont rapatrier aux States. Sauf que dans le cercueil, il y a Dracula, qu’il a la dalle et qu’il veut retrouver la fille de Van Helsing pour laquelle il semble avoir un lien télépathique. Papy Helsing n’est pas content, il file aussi aux States pour buter le vampire, avec l’aide de son assistant. Bref, on est dans une sorte de chasse aux vampires, avec ce qu’il faut de suçage de sang et de moments gores complètement débiles.

Seulement, si l’histoire en elle-même est complètement foireuse car trop simpliste, l’ambiance le sera tout autant, mais pas à cause de sa simplicité, à cause de son dimorphisme au niveau des époques. Patrick Lussier a jugé bon de laisser Dracula comme un vampire classique, craignant le soleil, l’eau bénite et les crucifix, mais évoluant dans un monde contemporain au milieu duquel il fait tâche. En fait, il n’y a pas de cohérence entre ce mort-vivant et sa façon de faire, et le monde dans lequel il évolue. Ce décalage va se ressentir aussi dans la mise en scène, où les plans clichés vont se succéder avec des moments trop bourrins pour s’assimiler. On retrouvera aussi de nombreux moments qui pourront être des références, comme ce passage où Dracula fait l’amour à la meilleure amie de celle qu’il pourchasse, grimpant au plafond et longeant les murs, évoquant sans vergogne un certain Les Griffes de la Nuit de Wes Craven. Il y a aussi dans ce film des moments carrément gênants qui se veulent des clins d’œil au Dracula de Francis Ford Coppola, notamment lorsque les trois nanas mordues essayent d’attirer le pauvre Jonny Lee Miller dans leurs crocs. Ce moment est très vulgaire, mal joué et sans aucun intérêt.

Cependant, doit-on vraiment fustiger un tel produit ? Certes, ce n’est pas bien et entre l’histoire, les acteurs et l’ambiance, il y a de quoi enterrer le projet rapidement. Mais ce serait presque malhonnête, puisque malgré tout, le film est tout de même assez généreux. Les effets gores sont nombreux, les têtes voltigent, les vampires en prennent plein la couenne, et certains passages sont même assez drôles avec des répliques complètement à la masse. Cette différence de ton va alors permettre que l’on s’amuse un peu dans tout ce boui-boui presque imbuvable. Et puis il reste Gerard Butler. Parmi tous les acteurs susceptibles de faire un bon Dracula, c’est notre Gégé Léonidas qui a remporté le prix. Pourquoi ? Comment ? Nul ne le sait et c’est très clairement un miscast à la hauteur de Dominic Purcell dans Blade 3. C’est-à-dire que l’acteur surjoue à mort, il n’est pas énigmatique ou magnétique, il est juste mauvais avec sa tignasse grasse et bouclée. Bref, à défaut d’être un vampire convaincant, il est au moins un vampire drôle.

Au final, Dracula 2001 est un mauvais film, il ne faut pas se leurrer là-dessus. Les acteurs sont aux fraises, la mise en scène est assez classique et pique même des idées à droite et à gauche, l’ambiance est mal dosée, bref, rien ne va. Mais Patrick Lussier a ce petit truc en plus que beaucoup n’ont pas, cette envie de faire du cinéma con et décomplexé et de donner au public ce qu’il veut voir, des moments gores dans un ensemble simple et basique. Et en ce sens, Dracula 2001 remplit son cahier des charges.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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