décembre 2, 2020

Transformers – The Last Knight – La Grosse Baytise

De : Michael Bay

Avec Mark Wahlberg, Laura Haddock, Anthony Hopkins, Isabela Moner

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

The Last Knight fait voler en éclats les mythes essentiels de la franchise Transformers, et redéfinit ce que signifie être un héros. Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford. Il arrive un moment, dans la vie de chacun, où l’on se doit de faire la différence. Dans Transformers: The Last Knight, les victimes deviendront les héros. Les héros deviendront les méchants. Un seul monde survivra : le leur… ou le nôtre.

Avis :

S’approprier les rêves de gosses pour en faire des hommages près d’une trentaine d’années plus tard, voilà un défi osé et complexe. Et ne jetons pas la pierre à ce pauvre Michael Bay qui, sous couvert de faire des explosions de partout, a voulu faire rêver des millions de gosses et de grands enfants, se souvenant, la larme à l’œil de son robot qui faisait de petits bruits et se transformait en une voiture véloce. Car il ne faut pas oublier que Transformers, à la base, ce sont des jouets, qui sont devenus des dessins animés, puis la franchise la plus lucrative du tout Hollywood avec plus de 3770 milliards de recette à travers le monde en seulement quatre films. Alors bien évidemment, si au départ, on aurait pu croire aux paroles évangéliques du réalisateur sur sa volonté de faire un film honnête, on est en droit de largement en douter maintenant, surtout depuis l’arrivée du quatrième opus, qui était déjà un très mauvais film. Quid de ce cinquième volet qui se nomme sobrement The Last Knight ?

N’y allons pas par quatre chemins, c’est le pire film de toute la franchise. En effet, faire pire que le précédent relevait du défi, c’est maintenant chose faite et on peut aisément dire que Michael Bay se fout carrément de son projet et n’en a plus rien à foutre du spectateur, sauf lorsqu’il faut faire des films un peu plus indépendants comme 13 Hours. Transformers – The Last Knight est un film qui ne tient pas debout sur tous les plans. Que ce soit sur la réalisation, la prestation des acteurs, l’épaisseur des personnages ou encore l’intrigue générale, rien n’est bien, rien n’est cohérent et le spectateur se retrouve pris dans un maelstrom d’effets spéciaux qui, au final, ne servent à rien, si ce n’est à espérer masquer un scénario au ras des pâquerettes.

Commençant avec la légende arthurienne, le film veut présenter de nouveaux robots, en corrélation avec les chevaliers de la table ronde. Si les fans du mythe arthurien avaient déjà bondi au plafond avec Le Roi Arthur de Guy Ritchie, ils frôlent ici la syncope tant d’un point de vue historique, c’est du n’importe quoi. On nous montre des catapultes qui jettent des boulets avec des pointes cylindriques en feu, on nous cale un viking qui n’en est pas vraiment un au milieu d’autres chevaliers qui se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère, bref, on a réellement la sensation que Michael Bay nous prend pour des incultes et finalement, il n’a pas si tort que ça. Visant un public jeune et peu demandeur au niveau de l’histoire (on ne va pas se leurrer, les gens qui vont voir Transformers, c’est soit pour en faire une chronique, soit parce qu’ils veulent voir des robots, des explosions et des nanas sexys), le cinéaste américain remplit son cahier des charges et va plaire à une masse crétinoïde qui ne se nourrit que des Anges de la Télé-réalité ou des frasques navrantes de Kim Kardashian. Par la suite, on quitte rapidement Arthur pour se retrouver dans un futur proche où les robots tombent en masse sur Terre et les humains commencent sérieusement à se faire dessus. Mais le bon Mark Wahlberg veille au grain et sauve de gentils robots dans une casse perdue dans le Dakota du Sud. Et là commence les vrais questionnements.

Recherché par une nouvelle milice qui tue des robots, le héros ne sera jamais inquiété, malgré les nouvelles technologies de recherches. On ne comprend pas vraiment ce qui arrive et les tenants et les aboutissants du métrage restent flous tout le long du film. On a donc une terre qui nous arrive sur la gueule, un vieillard qui connait des prophéties, un héros complètement largué qui tire la gueule, une déesse robotique qui n’est pas foutue de se débrouillée toute seule et en prime, des combats avec trois clans qui sont bordéliques à souhait. C’est bien simple, par moments, on ne sait plus qui est qui, et pire que ça, on ne sait pas pourquoi ils se battent. Et comme il n’y a aucun moment de calme et de posé dans le film pour expliquer les enjeux ou relancer l’intrigue, on est perdu dans une bataille qui n’a ni queue ni tête. Alors oui, on aura un semblant d’explication sur la fin et on se dit, tout ça pour ça. Car le scénario de Transformers – The Last Knight est d’une simplicité enfantine mais qui veut trop en mettre. D’ailleurs, non content de mettre la légende arthurienne, on aura aussi droit à notre passage sur les nazis, complétant un tableau complètement « what the fuck ». On ne parlera même pas de la morale finale, qui se veut universelle et belle, mais qui demeure niaise au possible et parachutée comme un cheveu sur la soupe.

Même les acteurs semblent être là par erreur. Mark Wahlberg reprend son rôle de sauveur au bras aussi épais que son cœur et il cabotine à mort dès le début du film. On veut à tout prix lui caser un rôle badass, répondant de façon un peu vulgaire à des gosses, mais au final, on le sent très peu à l’aise dans ce rôle, qu’il laisse d’ailleurs tomber. Mais le pire, ce n’est pas vraiment lui, c’est ce pauvre Anthony Hopkins. A ce niveau, ce n’est plus du cabotinage, c’est du sabotage de carrière. L’acteur n’en a clairement plus rien à foutre et il lâche les vannes pour un rôle insipide et d’un malaise grandiose. Il n’est ni drôle, ni intéressant et ce sera même gênant de le voir dans un rôle aussi débile. Alors on pourra compter sur les lèvres et la poitrine de Laura Haddock (non, ce n’est pas la fille du capitaine) pour l’atout charme, sorte de Megan Fox qui n’aura pas vieilli, mais encore une fois, son personnage est creux et même détestable. La relation qu’elle entretient avec le héros est là aussi gênante (autant que Tom Cruise et Annabelle Wallis dans La Momie), rien ne fonctionne, il n’y a pas d’osmose dans le couple et les dialogues ne font pas spontanée. C’est clairement dérangeant de voir deux acteurs qui ne s’investissent pas vraiment dans leur rôle. Bon, en même temps, Michael Bay a un vrai problème pour diriger ses acteurs. Et encore, là nous ne sommes qu’en surface, on évite de parler du black qui fait des blagues alors qu’il va mourir ou encore de la jeune fille badass qui n’a pas de famille et qui va trouver du réconfort avec des bébés dinosaures mécaniques et le héros. Des personnages qui en plus, ne sont pas traités de manière homogène, Bay ayant un mal fou à gérer tous ses protagonistes pour parfois les oublier dans des scènes imposantes.

Enfin, difficile de parler de Transformers sans évoquer la réalisation et la tonalité du film. Tout d’abord, comme dans tous les films de la licence, le ton est relativement badin et enfantin. Sauf que là, renforçant le côté je m’enfoutiste du métrage, on a plein d’allusions au sexe. Entre une séquence tout en son ou encore des jeux de regard mal placé, on se retrouve face à un film qui ne sait plus à qui il s’adresse. C’est triste et inconvenant, mais c’est surtout inutile à l’intrigue et dédramatise tout un pan de l’histoire. C’est dommage parce que certains moments auraient pu être fort en tension, mais les vannes fusent toujours durant ces moments, renvoyant le film à un simple jeu pour le réalisateur. Un jeu qui commence à lasser Michael Bay visiblement, tant la réalisation est aux fraises. Montage épileptique et ultra cut, faux-raccords dans tous les sens (ils ont réussi à oublier d’incruster un robot en second plan avant de la remettre sur le plan d’après), des plans iconiques déjà vus et revus à contre-jour ou encore des ralentis hilarants (Mark Wahlberg qui rentre son ventre pour passer entre deux épées), le plus explosif des réalisateurs semblent fatigué ou alors il ne s’amuse plus autant qu’avant.

Au final, Transformers – The Last Knight est une purge qui non seulement ne rend pas hommage à nos rêves de gosse, les exploitant jusqu’à la moelle pour nous montrer à quel point on peut être crétin durant sa jeunesse, mais qui est aussi incohérent dans tous les domaines, à un tel point que l’on ne sait plus qui est qui et qui veut friter qui. D’ailleurs, on a droit à toute une séquence de présentation de méchants qui ne vont durer que deux minutes dans le film avant de se faire tuer, mais on ne comprend pas bien pour quelle raison. Navet infâme et insultant pour l’intelligence des cinéphiles, ce cinquième opus continue de creuser le puits de la médiocrité, sans jamais se remettre en cause. En même temps, il est complexe de se remettre en cause quand on rapporte plusieurs milliards…

Note : 02/20

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Par AqME

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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