novembre 30, 2020

Royal Blood – How Did we Get so Dark?

Avis :

Généralement, quand un groupe connait un succès fulgurant après un splendide premier album, rares sont ceux qui confirment avec un second opus aussi réussi, voire supérieur. Beaucoup de groupes explosent en plein essor à cause du succès, à cause d’une impossibilité à gérer une nouvelle notoriété ou encore à proposer des morceaux qui sortent le groupe de sa zone de confort. Royal Blood est un groupe originaire de Brighton et qui a la particularité de n’être composé que deux musiciens, un bassiste/chanteur et un batteur. Après un premier album éponyme en 2014 absolument sublime sponsorisé par les Arctic Monkeys, Royal Blood était attendu au tournant et on se délectait d’avance sur How Did we Get so Dark, le second opus annoncé depuis belle lurette par la groupe, qui peut se permettre d’être en tête d’affiche de plusieurs festivals après seulement un album. Adulé par les Foo Fighters, solidifiant une fan base de plus en plus énorme, le duo britannique se devait de proposer quelque chose à la hauteur des attentes, sans pour autant faire une resucée du premier effort. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe a du talent à revendre et qu’encore une fois, il frappe très fort, proposant un skeud assez court, mais sans aucun défaut.

Le skeud démarre avec le titre éponyme de l’album et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe a mis les petits plats dans les grands. Démarrant relativement calmement mais avec une batterie scandant déjà un rythme assez rapide, il faudra attendre le refrain pour que le groupe explose et livre quelque chose de catchy, puissant, lourd au niveau des riffs (difficile de faire autrement avec une basse) et qui rentre immédiatement en tête. Alternant voix de tête et voix « normale » dans le refrain, le chanteur Mike Kerr prouve tout son talent pour aussi bien manier la basse que chanter. Le break en milieu de morceau est ultra rapide et donne fortement envie de headbanger alors même que nous sommes loin du métal. En fait, Royal Blood livre un premier morceau assez court, concis, mais d’une énergie sans égale, notamment sur la fin qui reste un long moment instrumental d’une maîtrise parfaite. Et que dire du morceau suivant, Lights Out, premier single sorti, qui défonce tout sur son passage, notamment avec un refrain parfait et surtout un solo dantesque et dansant. D’ailleurs, le groupe sortira volontairement de sa zone de confort avec I Only Lie When I Love You, un titre qui n’arrive pas à trois minutes mais qui s’avère relativement groovy et donne une furieuse envie de bouger son corps, alors même que les riffs sont assez gras. En fait, le groupe trouve un juste équilibre entre une violence toute relative et un rythme entrainant et enjoué.

Mais le plus surprenant avec cet album, c’est que le groupe change volontairement de rythme sur quasiment toutes les chansons. Ainsi donc, on trouvera des titres plus lents, en mid-tempo, comme sur Don’t Tell par exemple, qui lorgnera grandement du côté rock britannique, faisant référence aux Arctic Monkeys bien évidemment, mais on peut aussi y déceler un petit côté The Libertines, en plus lourd. Ce rythme plutôt lancinant est aussi présent sur She’s Creeping, qui pourrait faire croire à de la pop anglaise, mais avec des riffs encore une fois bien présents, bien qu’un peu plus légers et s’harmonisant parfaitement avec les petites insertions aigues au niveau de la voix, donnant des faux airs soul au morceau. Royal Blood propose vraiment autre chose dans sa démarche artistique et prouve que malgré sa limitation en instruments (seulement une basse et une batterie, faut-il le rappeler ?), on peut faire des merveilles et des titres très différents les uns des autres. D’ailleurs, en opposition aux deux titres précités, on peut parler de Hook, Line & Sinker, un morceau avec une introduction ultra nerveuse, proche d’un heavy métal, pour partir ensuite vers un Hard Rock maîtrisé, et encore une fois avec un refrain puissant et qui rentre immédiatement en tête. Enfin, difficile de ne pas citer Sleep, le dernier morceau, le plus long, dépassant les quatre minutes, et qui reste tout simplement parfait, étant un mélange astucieux de ce que le groupe propose, entre des phases calmes, comme sur l’intro, pour ensuite s’énerver un peu plus de manière crescendo et offrir un titre complet et puissant.

Au final, How Did we Get so Dark, le second opus de Royal Blood, est une tuerie qui pourrait presque surpasser son grand frère. Puissant, mélodieux, nerveux et calme à la fois, entêtant et insidieux grâce à des refrains devenant des références rapidement, le duo britannique confirme l’essai d’il y a trois ans et s’impose comme l’un des meilleurs groupes de rock de ces dernières années, haut la main.

  1. How Did we Get so Dark ?
  2. Lights Out
  3. I Only Lie When I Love You
  4. She’s Creeping
  5. Look Like You Know
  6. Where are You Now
  7. Don’t Tell
  8. Hook, Line & Sinker
  9. Hole in Your Heart
  10. Sleep

Note: 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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