mars 3, 2024

Orion’s Reign – Scores of War

Avis :

Certains groupes ont besoin de plus de temps que d’autres pour réaliser des albums. Pour pallier à un rythme lent, il est de bon aloi de sortir quelques singles, voire des EP pour ne pas se faire oublier lors de la sortie d’un nouvel album. C’est clairement le cas d’Orion’s Reign, groupe de Power provenant de Grèce. Fondé en 2001, le groupe va d’abord sortir une paire de démos avant d’attaquer avec un EP pour un premier album en 2008. Par la suite, il faudra attendre quatre ans pour avoir des nouvelles du groupe, avec notamment des chants de Noël en version métal. Un choix étrange qui va se poursuivre sur cinq années tout de même, avec aussi quelques reprises plus classiques, comme Thunderstruck d’AC/DC. Pour voir Scores of War, le second album du groupe, il faudra donc patienter dix ans, et autant dire que l’attente fut longue.

Dix ans, c’est tout de même sacrément suffisant pour offrir un album attendu par les fans, voire même par la sphère Power, qui attend toujours des chants épiques et grandiloquents. Est-ce le cas ici ? Oui et non. L’effort débute avec Elder Blood et on nage en eaux connus, avec un vrai déluge de Power avec ce qu’il faut d’instruments folkloriques et de passages orchestraux. La voix du chanteur est parfaite pour ce genre d’exercice, on a droit à quelques jolis solos, bref, il n’y a pas de surprise, mais c’est vraiment bien fichu. Avec Together we March, on passe une autre étape. Le morceau est bien pêchu et il est moins long que le précédent. Encore une fois, il n’y a pas de surprise dans le titre, mais on ressent une volonté de frapper fort et bien. L’apport de back-ups vocaux aide aussi beaucoup à rendre le titre puissant.

The Gravewalker reste dans le même moule que les deux titres précédents, n’arrivant pas à trouver une autre recette. Alors certes, c’est plutôt bien fichu, mais on commence à s’ennuyer un peu. De plus, le rythme redescend avec ce morceau, jouant vraiment sur un côté grandiloquent avec des chœurs masculins pour le refrain. C’est très cliché, et même si ça fonctionne, on aurait aimé quelque chose de plus marqué, de moins générique. Heureusement, The Undefeated Gaul vient mettre son petit grain de sel dans la machine. Plus percutant et virulent, on fait face à un titre qui se veut efficace et qui ne fait pas dans la dentelle. On est dans un duel fortiche qui frappe fort et ça fait du bien à entendre. Même si on retombe souvent sur des clichés du genre, avec toujours une orchestration qui en fait des caisses.

C’est seulement avec An Adventure Song que l’on va prendre la pleine mesure du groupe, qui propose un démarrage en Folk et c’est vraiment chouette. Ici, on plonge vraiment dans un domaine med-fan plaisant et qui change des autres titres. De plus, ça donne vraiment envie de partir à l’aventure pour affronter des dragons. Mais avec Freedom is not Negotiable, on retombe dans les travers du groupe, qui reste fidèle à son image, mais n’arrive pas à trouver une identité propre. En fait, on est à la lisière de Powerwolf et de n’importe quel autre groupe Power. Tout cela manque d’implication, ou tout du moins d’un son reconnaissable. Nostos propose un peu de changement, avec une voix féminine lyrique qui permettra de s’écarter du carcan que s’impose le groupe. Et le côté médiéval ressort bien, ce qui permet d’accrocher plus que dans les autres titres.

Warrior’s Pride renoue avec les débuts du skeud, proposant un Power énervé et relevé, mais qui en rajoute à chaque fois, jusqu’à devenir un peu pénible. Mais le chant growl qui arrive en arrière est très intéressant à exploiter. Withering Heart sera la ballade de l’album, et il n’y a pas grand-chose à en tirer. C’est mou, ça monte crescendo, mais on reste dans un truc un peu libidineux et sans éclat. C’est sans doute pour cela que Last Stand balance la sauce dès le démarrage sans aucune intro. Il s’agit-là d’un morceau puissant et véloce, mais qui reste dans la veine de ce que propose le groupe depuis le début. Enfin, Ride to War vient clôturer tout ça de la même manière qu’au début, avec un titre plaisant, mais qui reste assez générique.

Au final, Scores of War, le dernier album d’Orion’s Reign, est un effort plutôt sympathique et qui plaira certainement aux fans du genre. Mais attendre dix ans pour avoir un skeud Power sans originalité, c’est un peu long. D’autant plus que l’on peut entendre le potentiel du groupe s’il veut apporter une réelle identité, notamment dans ses élans Folk, mais il n’en fait rien et c’est bien dommage. Il n’en demeure pas moins qu’en l’état, ce second opus est plaisant, mais ne nous secoue pas plus que ça.

  • Elder Blood
  • Together we march
  • The Gravewalker
  • The Undefeated Gaul
  • An Adventure Song
  • Freedom is not Negotiable
  • Nostos
  • Warrior’s Pride
  • Withering Heart
  • Last Stand
  • Ride to War

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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