janvier 21, 2022

Pretenders – Alone

Avis :

Il y a des groupes qui trouvent le succès grâce à un premier titre accrocheur et par la suite, c’est la voie dorée qui s’ouvrent à eux. Et même si les titres ou les albums fonctionnent moins bien, ou tout du moins sont moins percutants en termes de hits, le rock a cette énergie qui permet à certaines formations d’exister encore aujourd’hui. Prenons le cas qui nous intéresse aujourd’hui avec Pretenders (ou The Pretenders, c’est comme vous voulez). Fondé dans les années 70 autour de Chrissie Hynde et de Martin Chambers, le groupe a connu un succès phénoménal avec le titre I’ll Stand By You et si des albums se sont succédés, c’est encore et toujours avec ce titre que le groupe accroit sa notoriété. En fait, c’est le syndrome du morceau unique, à savoir que l’on connait l’air de la chanson et son titre, mais pas le nom de l’artiste, preuve de la puissance du titre. Cependant, il ne faut pas croire que le groupe s’est arrêté après ça, et même s’il a connu des déboires, des décès et même des splits, Pretenders est toujours présent, la preuve avec Alone, onzième album studio du groupe qui ne contient désormais que les deux membres fondateurs du groupe. Huit ans après Break Up the Concrete, le groupe revient, sous la houlette de Dan Auerbach, le leader des Black Keys, rien que ça.

Le skeud commence avec Alone, le titre éponyme de l’album, et c’est plutôt une bonne surprise. En effet, le morceau est plutôt rock avec une certaine sonorité nonchalante mais qui fonctionne à la perfection avec la voix de la chanteuse. On ressent une volonté de faire un rock très année 70, avec un refrain catchy et surtout des couplets presque parlés, comme si on assistait à un échange lors d’un concert. Le titre fait mouche et on y trouvera aussi un petit côté bluesy qui n’est pas désagréable. D’ailleurs, cet aspect rock, on le retrouvera tout au long de l’album, avec des titres parfois plus puissants et d’autres fois plus posés. On peut donc citer Gotta Wait, le morceau le plus nerveux de l’album (et aussi le plus court), avec une batterie qui scande un rythme lourd et qui donne une aura très punchy, s’accordant parfaitement avec le ton assez grave dans la voix de Chrissie Hynde. Et même s’il peut paraître un poil redondant, il s’agit-là d’un des titres les plus marquants de l’album. Dans le même style, mais en beaucoup plus calme, on peut aussi évoquer Chord Lord, qui détient un des rares solos de l’album, et qui s’avère un pur moment rock année 70 et cela fait du bien d’attendre cela près de cinquante ans plus tard. Enfin, on peut aussi citer des titres comme Roadie Man ou Never Be Together, qui sont de vraies ballades bluesy très agréables. Dans tout ça, cependant, un titre se détache. Il s’agit de Holy Commotion, un morceau très frais, très aérien, mais qui fonctionne à la perfection.

Mais tout l’album n’est pas aussi reluisant que les titres déjà évoqués. Si le rythme blues/rock est bien présent, certains morceaux seront beaucoup plus difficiles d’accès, notamment à cause d’une certaine lassitude et d’une rythmique trop délétère pour pleinement convaincre. A titre d’exemple, on peut citer I Hate Myself ou encore The Man You Are, qui sont des titres assez longuets, sans réel rythme et qui au bout d’un moment finissent par ennuyer. Ils ennuient par leur lenteur, mais aussi et surtout pour leur redondance et leur manque de variété au sein même du morceau. Difficile aussi de rentrer dans One More Day, un titre aux accents mexicains, mais qui manque cruellement de punch et hormis une ambiance un peu plus accentuée, on s’ennuie ferme quand on écoute ce morceau. Et c’est dommage, car si on enlève les trois/quatre titres qui sont très lénifiants, le reste du skeud est vraiment bon et contient des titres qui font mouche. On pourra par contre reprocher de ne pas avoir de tubes ou de morceaux réellement accrocheurs, et ce n’est pas avec cet album que Pretenders renouera avec un succès certain.

Au final, Alone, le dernier album en date de Pretenders, est plutôt sympathique et agréable, mais il manque cruellement d’identité et de morceaux plus personnels. Si Chrissie Hynde semble se réjouir de cet album produit à Nashville, et qu’il est vrai qu’il en ressort une certaine authenticité, on reste de marbre devant des titres longs et parfois ennuyeux. C’est dommage, car d’autres titres sont réellement plaisants et valent le coup que l’on s’y arrête.

  1. Alone
  2. Roadie Man
  3. Gotta Wait
  4. Never Be Together
  5. Let’s Get Lost
  6. Chord Lord
  7. Blue Eyed Sky
  8. The Man You Are
  9. One More Day
  10. I Hate Myself
  11. Death is Not Enough
  12. Holy Commotion

Note : 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=rjIP_aKI6eI[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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