DragonForce – Reaching Into Infinity

Avis :

Il y a des groupes qui existent depuis des lustres, mais qui ne connaissent le succès mondial uniquement grâce à un support, un film ou un jeu vidéo. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec DragonForce, groupe de Power Métal anglais, qui est né en 1999 après l’arrêt du groupe de Black Métal Demoniac. Cependant, et malgré des albums, le groupe peine à se faire connaître et c’est grâce au jeu vidéo Guitar Hero que le groupe va littéralement exploser. Avec le titre Through the Fire and Flames, c’est la consécration, alors que la formation en est déjà à son troisième album et qu’elle a fait les premières parties de groupes mythiques tels que Angra, Helloween ou encore Iron Maiden. Mais qu’importe, la notoriété arrive et la pression des nouveaux albums aussi. Mais loin de décevoir, DragonForce continue son petit bonhomme de chemin et s’il ne surprend pas, propose toujours un Power Métal technique et très rapide. Reaching Into Infinity est le septième album studio du groupe, que l’on n’avait pas vu depuis Maximum Overload trois ans plus tôt. Alors que reste-t-il de la formation qui a connu un léger split avec le remplacement du batteur et surtout, est-ce que le groupe propose quelque chose de nouveau ?

Comme à son habitude, l’album débute avec une petite introduction discrète qui porte le nom du skeud. Rien de bien neuf et cela interpelle pour le morceau d’après, Ashes of the Dawn, qui est aussi le premier titre à avoir bénéficié d’un clip. Sans surprise, DragonForce propose un long morceau d’une maîtrise technique parfaite et dans une rythmique endiablé. Le titre est efficace, la batterie tabasse fort et dans son ensemble, tout marche à merveille. Alors on pourrait toujours reprocher au groupe de faire la même chose qu’auparavant, mais finalement, n’est-ce pas ce que l’on attend d’un groupe comme celui-ci ? Néanmoins, le groupe essaye d’innover et de proposer des choses différentes, à l’instar de Judgement Day et de son début qui fait penser à une électro pop dégueulasse pour midinettes de douze ans. Mais c’était sans compter sur un départ fulgurant avec une double-pédale tonitruante et une rythmique ultra rapide proche d’un Grindcore bien coulant. Le groupe se rattrape rapidement avec un chanteur qui pose sa voix avec une vitesse folle et un clavier omniprésent qui permet de calmer un peu le jeu, tout comme les solos qui passent devant la batterie, parfois trop rapide. Ce défaut, on le retrouve aussi sur Astral Empire, mais il est vite corriger par des grattes qui sont clairement le point d’orgue du groupe, fournissant des solos de plus en plus dantesques et inspirés. Bref, si DragonForce n’innove pas forcément, il va proposer des sonorités très rapides, très techniques, mais qui trouvent un juste équilibre pour que l’ensemble soit écoutable et même plus.

Certains titres rentreront immédiatement en tête, à l’image de la pièce maîtresse de l’album, The Edge of the World, un morceau qui dépasse les onze minutes. Alors oui, c’est long, mais c’est tellement bien foutu que l’on ne voit pas le temps passer. Cela débute comme du Bon Jovi, pour ensuite partir vers du pur Power, avec un refrain catchy qui rentre immédiatement en tête et enfin finir sur une conclusion calme, qui fait écho au début. Bref, un morceau incontournable et d’une puissance dévastatrice. On peut aussi citer Silence, un joli titre, proche de la ballade et qui va fournir son lot de moment entêtant que l’on se surprendra à reprendre au bout de deux écoutes. Et c’est clairement le signe d’un titre efficace et qui fait le job. On a dit aussi en début de papier, que DragonForce restait dans sa zone de confort, pour ne fournir finalement que du Power, ce qui est en partie vrai, mais pas que. A titre d’exemple, on peut citer War ! qui est un véritable titre guerrier et qui propose un départ tonitruant se rapprochant du Thrash Métal. Que ce soit l’intro, la voix ou encore la rythmique, le titre permet au groupe de changer de registre et de montrer une autre facette de ses capacités. Enfin, on peut aussi parler de Gloria qui clôture l’album et qui se rapproche d’un Glam Métal comme on n’en fait plus, là aussi super efficace et d’une justesse incroyable.

Au final, Reaching Into Infinity, le dernier bébé de DragonForce, est un excellent album qui permet au groupe de monter encore d’un cran dans la technicité et la vitesse d’exécution. A la fois sans surprise et varié, le groupe offre un objet protéiforme efficace qui plaira aussi bien aux fans qu’aux néophytes et qui montre que la diversité fait de très bonnes choses, puisqu’il faut savoir que le groupe se compose d’un bassiste français, d’un guitariste hongkongais et un autre néo-zélandais, d’un batteur italien, d’un claviériste ukrainien et d’un chanteur anglais. Si ça ce n’est pas une preuve qu’au-delà de tout clivage racial, on peut faire des choses qui touchent au sublime.

  1. Reaching Into Infinity
  2. Ashes of the Dawn
  3. Judgement Day
  4. Astral Empire
  5. Curse of Darkness
  6. Silence
  7. Midnight Madness
  8. War !
  9. Land of Shattered Dreams
  10. The Edge of the World
  11. Our Final Stand
  12. Gloria

Note : 18/20

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Par AqME

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