All That Remains – Madness

Avis :

Springfield n’est pas qu’une ville fictive que l’on retrouve dans Les Simpson, il s’agit aussi d’une vraie cité dans le Massachussetts, dont est originaire le groupe All That Remains (Tout ce qui reste pour les anglophobes). Formé à la fin des années 90 par Phil Labonte suite à son départ du groupe Shadows Fall, la formation va vite se faire repérer par Prosthetic Records, notamment grâce au metalcore assez violent que le groupe propose. Cependant, le succès ne viendra rapidement et il faudra attendre le troisième album pour que le groupe se fasse connaître. Une reconnaissance qui sera dû en partie au guitariste de Killswitch Engage, Adam Dutkiewicz, qui se placera en tant que producteur, mais aussi à la présence d’un morceau dans la bande originale du film d’horreur Saw III, assurant ainsi au groupe une vision et une écoute sur un public plus large. Cependant, All That Remains va opérer une lente mutation dans sa façon de chanter et de présenter ses chansons, allant vers quelque chose de plus accessible, de plus mercantile diront les métalleux qui ne jurent que par le growl et le riff bourrin, mais qui aura pour mérite d’élargir encore plus le fanzinat du groupe. Madness est le huitième effort de la formation et il démontre cette douce évolution que le groupe opère.

Le skeud débute avec Safe House et c’est le morceau le plus virulent de l’album. Tout en screamo et en growl, le titre ne fait pas dans la dentelle et envoie du pâté question énergie et nervosité. Digne morceau de metalcore, il semble pourtant que ce titre soit une petite exception dans tout le reste de l’album. On retrouvera bien quelques fulgurances metalcore durant l’écoute, comme sur Halo et son alternance chant clair et growl ou encore sur Louder qui aura des faux airs de Five Finger Death Punch, tout comme Open Grave par ailleurs ou encore Trust and Believe. Si ces morceaux sont relativement puissants et montrent toute la fougue du groupe, on ne pourra s’empêcher d’y voir le côté commercial avec des insertions plus calmes, du chant clair qui appuie des refrains catchy et une volonté de ne pas faire trop violent. C’est en cela que Safe House demeure un morceau à part, assez étrange et pourtant ultra efficace, mais qui risque de ne pas faire l’unanimité chez les fans du groupe, notamment chez les profanes qui découvrent le groupe sur le tard. On pourra néanmoins apprécier la technicité des musiciens et notamment des guitaristes qui font un énorme boulot pour aller du metalcore à un death mélodique et parfois vers quelque chose de plus rock, voire même country.

Mais le plus surprenant avec ce skeud, c’est que le groupe semble éprouver un besoin vital de faire des ballades. Si la moyenne dans le métal est d’une ballade par album, All That Remains va pousser le bouchon un peu trop loin en affichant pas moins de quatre ballades. La toute première est If I’m Honest et elle débute comme un titre country rock avec une guitare redondante et une batterie qui scande un rythme assez léger. On pourrait croire à une introduction pour un titre virulent, mais le ton est rapidement donné avec un refrain ultra calme, ultra efficace et force est de constater que le groupe fournit une pièce douce et intéressante, qui rentre immédiatement en tête. Rivercity sera un poil moins douce, mais plus rock et surtout affichant une volonté de raconter une vraie histoire avec un téléphone qui sonne en introduction et un Phil Labonte tout doux qui susurre plus qu’il ne chante avant de fournir des riffs endiablés qui donnent à l’ensemble une ambiance assez désespérée et triste. Far From Home, quant à elle, est une piste très touchante, qui joue à fond la carte de la sensibilité et qui rappelle les bons albums des années 90 où chanque groupe de hard ou de métal éprouvait le besoin de faire un titre plus sage pour passer à la radio et se faire connaître. Le titre est efficace et le refrain est imparable. Enfin, il reste Back to You, là aussi très calme, très doux, avec une guitare sèche performante et une efficacité redoutable, prenant l’auditeur en otage avec des violons, un refrain entrainant et facilement mémorable et surtout un Phil Labonte qui prouve qu’il a un organe d’une rare beauté. Du coup, on peut se demander si le groupe ne trouve pas un certain équilibre entre des titres puissants et des ballades plus mélodieuses, quitte à renier son côté metalcore.

Au final, Madness, le dernier album de All That Remains, est un album fort sympathique mais qui risque fort de prendre les fans à revers. Délaissant quelque peu le metalcore pour quelque chose de plus calme en alternant des pièces nerveuses avec des ballades efficaces, le groupe offre un album varié, pas très ambitieux de par ses choix, mais qui reste prenant et finalement relativement agréable. Si on est loin des standards métal, cet effort montre que le groupe se transforme encore un peu plus et qu’il n’a pas fini de surprendre.

  1. Safe House
  2. Madness
  3. Nothing I Can Do
  4. If I’m Honest
  5. Halo
  6. Louder
  7. Rivercity
  8. Open Grave
  9. Far From Home
  10. Trust and Believe
  11. Back to You
  12. Never Sorry
  13. The Thunder Rolls

Note : 14/20

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Par AqME

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