décembre 2, 2020

L’Année de Plomb

Titre Original : Year of the Gun

De: John Frankenheimer

Avec Sharon Stone, Andrew McCarthy, Valeria Golino, John Pankow

Année: 1992

Pays: Etats-Unis, Italie

Genre: Drame

Résumé :

Rome, 1978, David Raybourne, journaliste américain, prépare un roman sur les Brigades rouges. Alison King, une jeune photographe, lui propose sa collaboration. David refuse mais tombe néanmoins sous le charme de la belle jeune femme…

Avis :

On ne présente plus l’immense John Frankenheimer, réalisateur américain qui a traversé presque cinquante de cinéma et nous a laissés un sacré bel héritage. Héritage parmi lequel on peut trouver des films tels que « Grand Prix« , « French Connection 2« , « Un crime dans la tête » ou bien « Le train« .

Le réalisateur a continué de travailler jusqu’à l’année de sa mort, et avec « Year of the Gun, l’année de plomb« , on entre dans la dernière partie de sa carrière. Thriller politique, « Year of the gun … » place son intrigue dans l’Italie des années 70 et prend comme toile de fond les brigades rouges, groupe terroriste d’extrême gauche qui fit couler énormément de sang pendant presque vingt ans.

« Year of the gun … » est un film ambitieux dans son sujet, et va aborder une période de l’Italie qu’on connaît peu aujourd’hui, car on ne peut pas dire que les films qui parlent de ces sujets-là soient nombreux et rien que pour ça, le film de John Frankenheimer mérite qu’on s’en souvienne. Mais voilà, si le film est ambitieux et intéressant dans son fond, on ne peut pas dire que dans sa forme, il le soit autant. Brouillon, peu captivant, il y a quelque chose avec « Year of the gun … » qui fait qu’on n’arrive jamais à entrer pleinement dedans et c’est bien dommage.

Rome à la fin des années 70, David Raybourne est un journaliste américain qui a choisi de s’établir voilà quelques années dans la ville éternelle. La ville est en proie à des attentats terroristes d’un groupe appelé les brigades rouges. David s’inspire de la ville et des évènements qui s’y passent pour écrire un roman. Un roman de fiction qui pourrait devenir réalité, car un enlèvement qu’il imagine est l’un des plans des brigades rouges. Dès lors, la vie de David est en grand danger.

« Year of the gun, l’année de plomb » est un film qui oscille entre le film politique et le thriller oppressant. C’est dans une ambiance parfaitement reconstituée que John Frankenheimer nous invite à plonger au cœur des années 70, afin d’y suivre la fuite de deux journalistes dans une Rome en proie aux manifestations, aux attentats, aux exécutions et autres enlèvements.

Ce qui est particulièrement réussi dans le film de John Frankenheimer, c’est le climat que le réalisateur a capturé pour cette « … année de plomb« . On sent une réelle tension au travers des rues et des terrasses. Rome, presque déserte, apparaît comme très dangereuse et sur ce point-là, John Frankenheimer arrive nous tenir en attention presque tout le temps.

Le scénario, du point de vue politique, décrie et renseigne très bien sur ce qui se passe dans le pays. Sans être trop complexe, tout en donnant le sentiment qu’il n’est pas si édulcoré que ça, « Year of the gun … » donne la sensation de véridique et finalement, on quitte le film avec l’envie d’en apprendre un peu plus sur cette époque, ce qui confirme que dans un sens, le film de John Frankenheimer est une réussite.

Mais voilà, si le film a des très beaux arguments, il a aussi ce quelque chose qui fait que les bons éléments sont amoindris par les plus ennuyants. Si le côté politique est réussi, le côté thriller lui, laisse à désirer, notamment à cause de personnages peu charismatiques et peu attachants. « Year of the gun … » n’arrive jamais à nous emporter dans leur quête et malgré des rebondissements bien tournés, on ne craint pas pour eux et par conséquent, on se retrouve à les suivre, sans implication.

On ajoutera à cela que le film a quelque peu vieilli et pas forcément en bien, ce qui a tendance à nous sortir de l’histoire qui nous est racontée.

De plus, le film développe un triangle amoureux très cliché qui se trouve être inintéressant, car le sujet du film n’est pas là et finalement, ce triangle donne plus la sensation d’être ici pour créer de l’émotion sur le personnage principal, mais ça ne fonctionne pas.

En parlant des personnages, malgré un casting intéressant composé d’Andrew McCarthy, Sharon Stone, Valeria Golino et John Pankow, on ne peut pas dire qu’il soit tous très convaincants. S’ils font le taf demandé, on a connu chacun d’eux bien plus impliqué et tout particulièrement Andrew McCarthy, sur qui repose tout le film, et qui se trouve être particulièrement fade.

« Year of the gun …  » est donc un film en demi-teinte, car si la toile de fond est excellente et qu’elle mérite à elle seule qu’on s’arrête sur ce film, la forme, elle, laisse à désirer. Sans être mauvais, il manque clairement à ce film un souffle pour nous emporter.

Note : 10/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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