Helmet – Dead to the World

Avis :

Il y a des groupes de musique qui passe souvent au travers des mailles du filet malgré leur renommée et leur réputation au fil des ans. C’est un peu le cas de Helmet, un groupe de métal alternatif qui existe depuis la fin des années 80 et qui n’a jamais eu le succès de Metallica ou d’autres formations américaines qui n’ont plus rien à prouver aujourd’hui. Fondé autour du guitariste autodidacte Page Hamilton, le groupe a connu de nombreux changements de line-up et même un hiatus à la fin des années 90 pour revenir avec seulement le frontman comme membre originel au début des années 2000. Considéré comme un mastodonte du métal avec des riffs lourds et des rythmiques ultra rapides, Helmet a su se forger un gros groupe de fans malgré sa discrétion et le look improbable de son chanteur, sorte de touriste allemand dans le Sud de la France, bermuda et sandales/chaussettes de sortie. Dead to the World est le quatrième album du groupe depuis sa reformation et son huitième depuis les débuts du groupe. Il aura fallu attendre six ans avant de voir un nouveau skeud du groupe, mais est-ce que l’attente aura été bénéfique ?

Autant le dire tout de suite, non. Déjà, sur la playlist et la durée de l’album, on peut dire que l’on frôle le foutage de gueule. Pourquoi ? Parce que le groupe ne fournit que onze pistes, mais seulement dix de nouvelles, la dernière étant la première de l’album en version plus lente et que le skeud peine à dépasser les trente-six minutes. En gros, en un an, le groupe a enregistré six minutes de titres. C’est peu et c’est surtout particulièrement décevant. Mais peut-être que la qualité du skeud va faire pardonner ce petit coup de mou. Mais même pas. Le skeud débute avec Life or Death, un titre en mid-tempo imbuvable qui montre à quel point le manque de créativité est flagrant. Entre des riffs sans saveur et un refrain qui peut évoquer un très mauvais duplicata des Foo Fighters, le groupe se paye même le luxe de fournir des solos de gratte hyper mal placés qui provoquent une dissonance avec le tempo imposé. Il en résulte quelque chose de bordélique et de proche de l’inécoutable. Et ce ne sera pas le seul titre à faire cela, puisque l’on peut citer en vrac I Love my Guru et ses « hoho » mal placés et complètement à côté de la plaque ou encore Red Scare et son refrain lent, à contre-courant des riffs imposés par la rythmique. Il est rude de voir qu’un groupe comme Helmet se lâche dans le mauvais sens du terme, c’est-à-dire en délaissant l’énergie dévastatrice du groupe pour fournir quelque chose qui ne trouve pas d’équilibre.

Pour autant, tout n’est pas foncièrement mauvais dans cet album, même si ce sentiment qui prédomine au bout de plusieurs écoutes. On peut par exemple évoquer la fin de l’album, à partir de Expect the World, qui s’avère sympathique et moins discordant que le reste du skeud, et surtout Die Alone qui est plus thrash que le reste de la l’album, offrant vraiment quelque chose de plus brut et de plus violent, même si on sent que la voix du chanteur commence à avoir ses limites lorsqu’il faut pousser un peu plus. Avec Drunk in the Afternoon, le groupe semble enfin trouver un certain équilibre, donnant vraiment quelque chose de construit et de cohérent, aussi bien dans le break annonçant le solo ou dans la rythmique plus lourde et donc plus maîtrisée par la formation. Enfin, Look Alive, qui termine l’album, est un titre sympathique, proche de la ballade mélancolique, et il faut avouer que dans son ensemble, cela fonctionne du tonnerre. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de rester sur une note négative lorsqu’il faut aborder les morceaux plus calmes, car hormis celui-ci, on a aussi une reprise d’Elvis Costello, Green Shirt, et c’est clairement une catastrophe. Entre le rock et le punk vintage sans intérêt, le groupe se fourvoie complètement dans cette reprise de mauvais goût et franchement peu plaisante.

Au final, Dead to the World, le dernier album de Helmet, est une amère déception. Il arrive que certains groupes déçoivent lors de leur retour sur le devant de la scène, mais là, c’est la douche froide. Voulant ralentir son rythme pour fournir quelque chose en mid-tempo et plus accessible, le groupe se perd et fournit un album qui n’a pas vraiment de cohérence et qui n’arrive jamais à donner quelque chose de mélodieux. Un album discordant et fort décevant.

  1. Life or Death
  2. I Love my Guru
  3. Bad News
  4. Red Scare
  5. Dead to the World
  6. Green Shirt
  7. Expect the World
  8. Die Alone
  9. Drunk in the Afternoon
  10. Look Alive
  11. Life or Death (Slow)

Note: 07/20

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Par AqME

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