Le Chanteur de Jazz

Titre Original : The Jazz Singer

De : Alan Crosland

Avec Warner Oland, Al Jolson, May McAvoy, Eugenie Besserer

Année : 1927

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie Musicale

Résumé :

Rabinowitz, chantre d’une synagogue, souhaite que son fils Jakie lui succède. Mais celui-ci préfère le jazz. Chassé par son père, il devient célèbre, maquillé en noir, comme vedette de jazz, sous le nom de Jack Robin.

Avis :

Alan Crosland est un réalisateur qui a officié entre 1916 et 1936. Mort à, à peine, quarante et un ans dans un accident de voiture, Alan Crosland laisse derrière lui un héritage de plus d’une soixantaine de films dans les chiffres, car dans les faits, bons nombres de ses courts et longs métrages sont aujourd’hui introuvables, voire complétement disparus.

Parmi toutes ses réalisations, il y en a une qui va marquer l’histoire du cinéma à jamais. Ce film, c’est « Le chanteur de jazz« , dont la particularité est d’être le premier film de l’histoire à détenir des segments parlés et chantés. Des segments qui sont assez bluffants d’ailleurs à découvrir, tant ils sont parfaits.

Avec le poids que porte ce film, lançons nous dans ce premier film parlant et on en ressort quelque peu mitigés, car si dans les grandes lignes et surtout dans sa mise en scène, le film charme et séduit, ce « … chanteur de jazz » détient aussi un côté religieux un peu pompeux, qui a tendance à beaucoup agacer.

Le chantre Rabinowitz désire plus que tout que son fils lui succède quand le temps sera venu. Mais Jackie, le jeune fils, n’a aucune envie de devenir chantre. Ce que le garçon veut, c’est une vie d’artiste et devenir chanteur de jazz. Après une altercation avec son père, le jeune Jackie claque la porte de la maison afin de faire sa vie et de tenter sa chance. Pendant des années, Jackie ne retournera pas chez lui. Talentueux, il trouve quelques petits boulots qui l’amènent à d’autres et finalement, à force de talent, il arrive à être la tête d’affiche d’une scène de Broadway. C’est l’occasion pour lui de rentrer chez lui, mais une fois sur place, alors que le bonheur de revoir sa mère est à son comble, son père, malgré les années, n’a toujours pas changé d’avis.

« La chanteur de jazz » est donc un film révolutionnaire quand on le replace dans son époque et son contexte, mais quatre-vingt-dix ans après sa sortie, trouve-t-on toujours le chef d’œuvre d’hier ? Et bien la réponse est non.

Si « Le chanteur de jazz » reste un moment assez sympathique de découverte, si ce « … chanteur de jazz » détient dans les grandes lignes un scénario plutôt intéressant qui fait s’affronter le choc des générations, l’envie d’autre chose, fait opposer l’art, le choix d’une vie, à la famille et son « amour », on ne peut pas dire que le film soit passionnant. L’intrigue est assez maigrichonne et se devine assez facilement. De plus, elle a pris un sacré coup de vieux même si on replace le film dans son contexte.

Le film détient des moments très attachants, principalement quand ce chanteur de jazz s’éclate dans ses numéros, mais il en détient aussi d’autres tout à fait agaçants, pour ne pas dire plus, car le côté religieux de l’histoire est bien trop prononcé. Comme le final par exemple, qui oppose tous les dilemmes que le film a amenés au cours de l’heure et quart passée, et qui se trouve être trop long, et fait clairement trop avec le choix à faire du personnage.

L’intrigue est donc tiède, mais là où « Le chanteur de jazz » séduit bien plus, c’est bien dans sa mise en scène. Entre le charme du vieux film, ce noir et blanc très joli et ces scènes qui osent apporter « du neuf », « Le chanteur de jazz » se rehausse quelque peu.

Oscillant entre un cinéma muet et la naissance d’un cinéma parlant (et encore, comme je le disais plus haut, 95 % des séquences sonores sont chantées, seule une scène est vraiment parlée, mais pour l’époque, c’est toute une révolution), ce choc des mises en scène est très bon, très intéressant et fait toute la renommée de ce « … chanteur de jazz« .

On ajoute à cela, un Al Jolson excellent dans la peau de ce personnage. L’acteur s’en donne à cœur joie et ça se voit. Et la belle et pétillante May McAvoy, amoureuse transite du chanteur est excellent et finalement, les mauvais côtés de ce « … chanteur de jazz » se trouvent alors atténués.

« Le chanteur de jazz » est donc un moment timidement sympathique. C’est un film qui a de belles qualités, mais aussi de beaux défauts et finalement, c’est plus pour son aspect historique et sa mise en scène qu’il est intéressant à découvrir, que pour son histoire qui lorgne parfois vers le pompeux.

Note : 11/20

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Par Cinéted

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