octobre 28, 2020

Indiscrétions

Titre Original : The Philadelphia Story

De : George Cukor

Avec Cary Grant, Katharine Hepburn, James Stewart, Ruth Hussey

Année: 1940

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Romance

Résumé :

Une séparation, des fiançailles, une rupture et trois prétendants. Une comédie alerte et enjouée parodiant la haute société américaine et ses parfums de scandale.

Avis :

Vers la fin des années 30, George Cukor est engagé par un certain David O’Selznick pour réaliser un certain film légendaire… « Autant en emporte le vent« . Mais suite à des différends artistiques, une production catastrophique et un tournage qui le fut tout autant, George Cukor jeta l’éponge et le projet revint alors à Victor Fleming. Le film sort en 40 et a le succès incontestable qu’on lui connait.

George Cukor se lance alors dans la comédie avec premièrement « Susan et ses idées » et sortit la même année « Indiscrétions« , film sur lequel on va s’arrêter aujourd’hui.

Comédie de mœurs tenu par Katharine Hepburn, James Stewart et Cary Grant (quel casting de rêve !), il était difficilement complexe de ne pas craquer et de jeter un œil sur ce petit film. Sans que ce soit la meilleure des comédies, il s’agit d’un bon moment en compagnie de personnages amusants et de quiproquos qui font sourire. Et même si le film a quelque peu vieilli, près de quatre-vingt ans plus tard, il fonctionne toujours.

Tracy Lord est une fille de belle bourgeoisie. Ce weekend là, tout le gratin de la haute société de Philadelphie est en alerte, car Tracy va se marier. On annonce le mariage grandiose. Le patron du magazine « Spy » décide alors de mettre deux journalistes sur l’évènement. Pour les faire entrer à la fête qui précède le mariage, et bien entendu le mariage lui-même, il fait appel à Dexter Haven, l’ex-mari de Tracy.

Les deux journalistes vont être alors aux premières loges pour la noce, mais le weekend paradisiaque ne va pas se passer comme tout le monde l’avait imaginé.

Bonne petite comédie amusante, « Insdicrétions » est le genre de comédie de mœurs qui s’amuse à quelque peu parodier la haute société. Si le film détient parfois des longueurs, il n’en restera pas moins un moment sympathique de cinéma.

Ce qui fonctionne très bien ici, c’est le mordant de ses répliques et de ses acteurs. Bien écrit et ficelé, « Indiscrétions« , c’est deux heures de mensonges, de trahisons, de quiproquos, qui pour certains valent le détour à eux seuls. C’est deux heures de tension amoureuse, de doutes, de frustration et surtout de choix. Avec ce film, George Cukor a bien su tenir tout son petit monde et c’est avec espièglerie qu’il nous invite à la noce. On appréciera les divers tableaux que George Cukor a imaginés et mis en boite. On s’amuse régulièrement du bagou de Katharine Hepburn. On se laisse prendre au jeu, car le réalisateur, à travers les dialogues mais aussi la gestuelle et le regard de ses comédiens, laisse entrevoir une fin différente de ce à quoi on s’attend et c’est bien ce qui arrive avec un final rudement bien vu. La révélation finale, et tous les changements que ça implique, même si elle ne tient pas vraiment la route, reste une idée excellente et prenante.

Plus profonde et intelligente qu’elle n’en a l’air, « Indiscrétions » est aussi une comédie qui met aussi bien en relief le contexte social, et les décalages des classes, qu’une femme de caractère en avant. Une femme déterminée et forte qui n’est pas relayée au rang de faire valoir de ces messieurs. On appréciera aussi la façon qu’a le réalisateur de parler d’amour, de confiance et de convictions. Et c’est grâce à cette plume raffinée et cette mise en scène amusante et naturelle que George Cukor arrive à nous faire sourire et même nous convaincre, alors que son final est quelque peu tiré par les cheveux. Ou bien alors est-ce la bienséance de l’époque, mais vous ne le saurez qu’en le regardant.

Ce qui fait aussi que le film fonctionne encore si bien, c’est aussi et avant tout grâce à ce casting parfait, à cette direction d’acteur impeccable, à cette alchimie et cette ambiance entre eux qui est excellente. Si James Stewart est celui qu’on remarquera le plus, notamment grâce à la simplicité et l’humanité de son personnage, il sera bien impossible de passer à côté d’une Katharine Hepburn déchaînée ou d’un Cary Grant faux et séducteur. Alors quand les trois sont réunis à l’écran, ça vaut son pesant d’or.

« Indiscrétions » est donc une petite comédie légère et profonde à la fois. C’est un film qui diverti, qui amuse et alors qu’il détient des longueurs et des étirements, au final, on retiendra bien plus les situations ubuesques, les réactions amusantes des personnages. On retiendra ce trio d’acteurs, et bien sûr, cet excellent final.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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