Tout ce qui Brille T.01 – Anna Godbersen

Auteur : Anna Godbersen

Editeur : Albin Michel/Le Livre de Poche

Genre : Romance, Thriller

Résumé :

Letty Larkspur et Cordelia Gray fuient leur petite ville du Midwest pour la métropole scintillante de New York. Tout ce que Letty désire est de voir son nom en haut de l’affiche, mais elle comprend vite que Manhattan est rempli de jolies filles prêtes à tout pour devenir des vedettes… Cordelia, elle, est à la
recherche d’un père qu’elle n’a jamais connu, un célèbre contrebandier. Du jour au lendemain, elle découvre un monde excitant mais ô combien dangereux. Heureusement, elles ont une alliée : Astrid Donal, qui semble tout avoir : l’argent, l’allure et l’amour de Charlie, le frère de Cordelia. Mais l’apparence parfaite d’Astrid cache un lourd secret… Bienvenue à New York en 1929 !

Avis :

Tout ce qui brille est une trilogie se déroulant dans le monde des années 20. Le premier tome commence précisément en 1929, dans l’Ohio.

Anna Godbersen est une auteure maintenant renommée, notamment grâce à sa superbe quadrilogie sur l’époque victorienne, en 1899 à Manhattan (Rebelles, Rumeurs, Tricheuses, Vénéneuses) racontant les histoires croisées de plusieurs jeunes filles et jeunes hommes. On y voit évoluer Elizabeth, amourachée d’un domestique, Will, alors qu’elle est destinée à un meilleur parti pour sa famille ; Diana, sa sœur, la jeune fille rêveuse ; Pénélope, prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut et Lina, une autre domestique. Evoluer à l’époque victorienne est fantastique et les histoires des différents protagonistes sont toujours inattendues, hautes en couleurs, attachantes et pleines de magie.

L’auteure est ici de retour mais pour nous conter une toute autre époque : celle des années folles ! La fin de la guerre a soufflé un nouveau vent de libération. Une vague d’euphorie, de joie de vivre et de plaisir a envahi l’âme de chacun. Les bars clandestins, les speakeasies, sont abondants. Nombreux sont ceux qui se joignent à leurs amis pour y boire légalement ou pas, pour fumer et se partager les derniers ragots. L’amour est à l’excès même si les bienséances sont toujours de rigueur. Les femmes s’habillent de robes courtes et de bijoux magnifiques, quand les hommes semblent de parfaits gentlemen avec leurs costumes droits. Beaucoup sont ceux qui ne travaillent plus, profitant de l’argent de leurs parents fraîchement acquis par cette nouvelle effervescence. Les inégalités sont ainsi toujours présentes, laissant les plus pauvres continuer de s’échiner à la tâche quand d’autres profitent du temps qu’ils ont pour sortir, jouer et dormir. La société américaine de cette époque est riche et pleine de promesse, surtout à New-York. Les habitants des régions alentours rêvent d’y faire fortune, de devenir célèbres et de vivre sans plus se soucier de rien. C’est exactement le cas de Cordelia et de Letty, deux des protagonistes du livre qui ne pensent qu’à quitter leur village natal pour mener une vie intéressante et pleine d’entrain à New-York.

Le début du roman débute plutôt mal pour Cordelia qui est obligée de se marier après avoir fait l’amour avec un beau garçon du village. S’étant laissée aller aux sentiments qu’elle éprouvait, elle n’avait pas pensé à ce qui pouvait arriver si quelqu’un les surprenait ou avait vent de cette histoire. La religion est passée par là et le mariage se déroule sans encombre, laissant tout de même un sentiment d’oppression à la jeune fille qui ne supporte pas sa situation. Vivre avec lui, lui donner des enfants et s’occuper de leur foyer n’est pas ce qui l’intéresse. Cordelia a d’autres idées en tête. Comme retrouver son père, un gangster célèbre qui l’a en quelque sorte abandonnée dès sa naissance, alors que sa mère venait de mourir. La meilleure amie de Cordelia, Letty, quant à elle, veut devenir actrice et le voyage à New-York sans retour que lui propose sa camarade l’enchante. Strass, paillettes, cabaret, Letty en rêve depuis des années. Abandonnant famille, amis et mari, les deux jeunes filles débarquent dans un New-York animé et envoûtant. Finissant par se séparer, chacune va essayer d’accomplir ses objectifs. Cordelia réussira-t-elle à trouver son père et se faire accepter par ce bootlegger (contrebandier d’alcool) ? Letty parviendra-t-elle à se faire une place dans le monde très prisé des artistes de la ville ?

Un troisième personnage fait progressivement son apparition au fil du récit : Astrid, une jeune fille d’une riche famille, vivant dans un luxe et une atmosphère festive. Plutôt superficielle, la jeune fille aime les robes, les soirées et se prélasser au bord de sa piscine. Les mondanités tantôt l’ennuient tantôt la fascinent et son environnement familial quelque peu débraillé ne l’aide pas à se faire une idée de la vie qu’elle devrait mener.

Ce caractère plutôt émotif et léger, se liera vite d’amitié avec celui plus terre à terre et pragmatique de Cordelia. La mort, la trahison, la tromperie seront des obstacles au bonheur de ces deux amies qui ne se quitteront plus. Dans un tout autre registre, la naïveté de Letty l’entraînera dans des coins peu raffinés de la ville et lui fera comprendre qu’il ne faut pas faire confiance à tout le monde. Letty apprendra de ses erreurs et finira par rejoindre le duo mondain formé par Cordelia et Astrid.

La fin de ce premier tome, comme nous avait habitué l’auteure avec sa dernière saga, est animée et pleine de rebondissements en tout genre. Chaque protagoniste voit son lot d’intrigues et d’aventures arriver à son paroxysme, pour le plus grand plaisir des lecteurs. La vie à New-York n’est peut-être pas aussi belle qu’elle le laissait paraître.

L’écriture de ce roman est fluide, parfois poétique et nous replongeant bien dans cette époque spéciale des années 20, avec des personnages crédibles, exaspérants, cruels, superficiels ou enjôleurs. On s’imagine ainsi bien comment pouvait être la vie à cette époque et, même si les aventures se condensent surtout sur la fin, il nous est vite compliqué de nous arrêter tant la vie des protagonistes nous intéressent et nous donnent envie d’en savoir plus.

Le lecteur se sent rapidement happé par cette ambiance mystérieuse ponctuée par une référence à Francis Scott Fitzgerald en début de roman, l’écrivain de Gatsby le Magnifique, qui a fortement inspiré l’auteure dans ses péripéties d’écriture de sa dernière trilogie.

Note : 17/20

Par Lildrille

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