mai 17, 2021

Doux, Dur et Dingue

Titre Original : Every Which Way But Loose

De: James Fargo

Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Geoffrey Lewis, Ruth Gordon

Année: 1978

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Action

Résumé :

Pour arrondir ses fins de mois, Philo Beddoe, un camionneur, participe à des combats de boxe à mains nues où il demeure invaincu. Un jour, il tombe amoureux d’une chanteuse, Lynn, mais la jeune femme disparaît le lendemain. Accompagné de son orang-outang, Clyde et de son ami Orville, Philo part à la recherche de cette dernière. Poursuivis par une bande de motards hargneux et des policiers, le chemin de ce drôle de trio sera semé d’embûches.

Avis :

Clint Eastwood est un monstre du cinéma, que ce soit devant la caméra ou derrière. Si ses discours sur le port d’arme sont parfois un peu trop nauséabonds, son humanité transparait dans chacun de ses films où d’une petite histoire il en fait un pamphlet de tolérance et d’amour de l’autre. Et si ces dernières années il continue son petit bonhomme de chemin sans jamais égaler son aura magique d’un Gran Torino ou d’un Impitoyable, l’homme arrive à surprendre et chacun de ses films est attendu comme une porte ouverte vers un chef d’œuvre. Mais n’oublions pas aussi que Clint Eastwood est un grand acteur, et qu’il s’est laissé aller à la comédie durant le début des années 80, voulant ainsi casser son image de star badass. Manque de pot, et certainement sans le vouloir, il sera aussi badass dans la comédie Doux, Dur et Dingue, dans laquelle il interprète un boxeur des rues tombant fou amoureux d’une chanteuse de country.

Sur le papier, l’histoire avait de quoi être intéressante, mettant en avant l’histoire d’un gros dur qui va tomber dans les bras d’une jeune femme pas si innocente que cela. En effet, voulant prendre à revers les comédies romantiques que l’on se tape depuis des lustres, le film de James Fargo voulait montrer un héros un peu stupide, candide, malgré sa force de frappe et son amour pour la castagne, et qui va se faire avoir comme un bleu par une chanteuse de country dont le but est tout simplement de lui soudoyer quelques billets. Fort ce pitch prometteur et touchant, le film va sombrer petit à petit dans le road movie comique qui n’aura pas vraiment de fil conducteur. Et c’est bien là tout le problème du film qui s’assoit sur le talent de son acteur principal et sur quelques scènes de baston pour tenir le spectateur sur la durée du film. Car il faut le savoir, Doux, Dur et Dingue, malgré son aspect sympathique, ne pèse pas bien lourd et niveau scénario, c’est très faiblard.

En fait, la principale cause de la faiblesse de ce film, c’est qu’il n’arrive pas à garder son fil rouge en continu et perd rapidement le spectateur dans des séquences fourre-tout qui n’ont presque pas lieu d’être. La course-poursuite avec les bikers ou encore les deux flics revanchards ne sert pas à grand-chose, hormis à rajouter de la durée et à montrer un personnage principal relativement binaire, à l’effigie de son singe. Et les situations cocasses ne sont pas forcément drôles, d’adressant parfois à des gamins de 8 ans. Les dialogues sont eux-aussi à la ramasse, notamment à cause d’une version française imbuvable où les blagues tournent autour du caca et du pipi, je cite.

Jusque-là, difficile d’accorder du crédit à cette comédie qui possède pourtant quelques atouts non négligeables. En premier lieu, les scènes de duel entre Eastwood et d’autres combattants sont franchement bien fichues. Dynamiques, lisibles, elles montrent que le réalisateur n’est pas un manche, mais aussi que le film aurait pu être autre chose qu’un road movie dont la résolution tient du hasard. La personnalité du personnage incarné par Clint Eastwood est aussi intéressante. Sorte de bandit au grand cœur, son charisme permet au film de ne pas sombrer dans le navet absolu et il en devient presque touchant dans sa naïveté quant à l’amour de cette chanteuse qui cache bien son jeu. Ainsi donc, le film possède un capital sympathie encore intact aujourd’hui et on peut même se réjouir que certains gags fonctionnent encore, mais dans son ensemble, c’est très moyen.

C’est très moyen à cause de son scénario bien trop léger qui laisse trop de place au vide et à des séquences qui ne font pas avancer l’intrigue. D’ailleurs, la résolution finale sera très décevante, n’apportant qu’un élément de réponse partiel. Enfin, certaines choses restent assez obscures dans le métrage comme la présence du singe. Très clairement, il ne sert à rien hormis le fait d’apporter un peu d’humour quand il s’agit de faire un doigt d’honneur ou de trouver une femelle dans un zoo. C’est très maigre comme raison pour inclure une pauvre bête et sa présence n’apporte là aussi rien à l’intrigue. Alors on pourra être touché par la relation entre l’acteur et son animal, mais cela reste anecdotique et c’est dommage.

Au final, Doux, Dur et Dingue n’est pas un essentiel dans la filmographie de Clint Eastwood. Loin d’être un navet que certains décrient avec force, le film reste tout de même une comédie mineure percluse de défauts et d’un manque de rigueur dans l’écriture. Fort heureusement pour ce film, le capital sympathie fonctionne toujours et le rythme demeure soutenu avec des scènes de baston assez agréable pour ne pas sombrer dans un abîme de sommeil.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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