octobre 27, 2020

Happy Few

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Titre Original : Four Lovers

De : Antony Cordier

Avec Marina Foïs, Roschdy Zem, Elodie Bouchez, Nicolas Duvauchelle

Année : 2010

Pays : France

Genre : Erotique

Résumé :

Rachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu’elle rencontre Vincent à l’atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d’organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu’ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l’avoir cherché, spontanément, les nouveaux amants deviennent inséparables. Ils avancent à l’aveugle dans leur passion, sans règles et sans mensonges. Ils gardent le secret devant les enfants et tout continue, presque comme avant. Mais ce qui les lie les uns aux autres est tellement fort que la confusion s’installe. Les sentiments s’emmêlent et les questions sont de plus en plus cruelles.

Avis :

Il fait son petit bonhomme de chemin Antony Cordier avec un film tous les cinq/six ans à peu près. Réalisateur français n’ayant pour l’instant que deux films à son actif, « Douches Froides » et « Happy Few« , Antony Cordier nous prépare son troisième film qui devrait sortir d’ici à l’année prochaine.

Mais revenons à son deuxième métrage, le très sensuel « Happy Few« . Après un premier film qui traitait de l’adolescence, Antony Cordier a décidé de s’aventurer dans un sujet un peu plus sensible (dans tous les sens du terme), l’échangisme. Narrant la rencontre de deux couples, le réalisateur livre un film beau, sensuel, humain, tendre et juste. Un film qui est loin d’être glauque ou déprimant comme on aurait pu s’y attendre. Antony Cordier a décidé de raconter cette rencontre comme n’importe quelle autre et plus qu’une intrigue tournant autour de l’échangisme, « Happy Few » apparaît comme une histoire d’attirance inexplicable.

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Rachel, la trentaine bien entamée, est mariée à Frank avec lequel elle a eu deux enfants. Rachel travaille dans une bijouterie et sa vie n’a rien d’extraordinaire. Un soir, peu avant la fermeture de sa boutique, Rachel fait la connaissance de Vincent. Vincent, lui aussi la trentaine bien entamée, est beau et sans le vouloir, il séduit Rachel. Le contact entre eux passe très bien et bientôt Rachel invite Vincent et sa femme Terry à venir dîner chez elle. Les deux couples se rencontrent et là encore le contact passe immédiatement. Ne sachant pourquoi et sans même en discuter entre eux, une liaison s’installe entre les deux couples. Et c’est dans une osmose parfaite, sans jugement ni compromis, que les partenaires finissent par s’échanger.

« Happy Few« , c’est un cinéma tout en justesse et en sobriété. « Happy Few« , c’est un film qui parle de gens simples, qui n’étaient pas prédestinés à vivre ce genre d’expérience. C’est un film qui aborde plus l’attirance et l’évidence sans qu’on le comprenne vraiment. Bien sûr, les couples filmés ici s’échangent, mais plus que l’échangisme lui-même, c’est la liberté, le désir et l’envie sans se poser de question (au départ) qui s’imposent aux personnages. Antony Cordier les fait se rencontrer et très vite, il les fait se désirer, mais là où d’autres films auraient pu jouer sur ce désir et tourner autour, Antony Cordier a décidé de laisser vivre ses personnages. Est-ce une passade ? Un mode de vie ? Une récréation ? Que réserve l’avenir ? Ou encore est-ce que tout ceci peut détruire ces couples ? Les questions, s’il y en a, viendront après. Ici, c’est le moment présent et les émotions ressenties qui importent. Antony Cordier filme donc cette tranche de vie, sans compromis, sans jugement, sans voyeurisme, avec beaucoup de pudeur, tout en assumant pleinement son sujet et l’amour charnel de ces couples.

Le scénario que tient là Antony Cordier est très intime, développant tous les aspects de la vie de ses personnages. Le réalisateur, grâce à son scénario, sépare les deux vies des couples. Ainsi, il peut donc aborder la vie intime de chaque couple dans sa vie de tous les jours, entrant dans l’intimité de la routine, du rôle de parent, de la propre sexualité du couple et ce que l’échangisme peut apporter dans le couple et leur vie. Et dans un autre sens, il entre aussi dans la « vie » des couples échangés, dans ce qui différencie ces temps plus ou moins longs, où chacun se retrouve loin du regard de l’autre. Il entre dans l’intimité des échangés. Et les deux tableaux, les deux vies sont d’une justesse, d’une poésie profonde et d’une tendresse superbe. Antony Cordier a trouvé le ton juste pour parler de l’attirance, de la sexualité et de l’intimité. Bien sûr, plus l’intrigue avance et plus il est convenu que finalement cette condition finit par apporter des questions, des réflexions et des remises en cause. Et quand les cœurs s’entremêlent et les sentiments finissent par éclater, on ne pourra que constater que le drame est beau, sensible, bien pensé, et que son réalisateur a vraiment trouvé le ton pour nous raconter cette tranche de vie.

Avec un sujet pareil, on imaginait bien que le film serait sensuel. Il fallait là aussi trouver le ton juste pour montrer et filmer les couples dans l’intimité sans tomber dans les pièges du voyeurisme, du glauque ou encore du gratuit et Antony Cordier a très bien su accorder le tout. Sa mise en scène est belle, assumée, discrète et en même temps, elle s’aventure au plus près des couples, filmant parfois des scènes plutôt crues et osées avec poésie (certains plans sont incroyables, notamment toutes les scènes où ils vont faire l’amour dans de la farine), fascination, plaisir, tout en gardant un réalisme et un érotisme dans la sexualité.

Les quatre comédiens qu’Antony Cordier a réunis pour le film sont épatants de naturel. Le réalisateur, tout comme les acteurs, a su créer une alchimie qu’on ressent dès les premières images. Ensemble, ils sont beaux et touchants. Séparés, ils sont beaux et touchants. Si Elodie Bouchez et Roschdy Zem sont excellents, il y a un petit quelque chose en plus qui s’échappe de Marina Foïs et Nicolas Duvauchelle. Ensemble, ils sont terriblement érotiques.

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On n’avait déjà remarqué le talent d’Antony Cordier qui avait très bien su parler de l’adolescence avec « Douche Froide » (et abordé déjà, de loin l’échangisme). Avec « Happy Few » il confirme cet œil sincère. Cet œil léger et réaliste. Puis cet œil ambitieux qui s’aventure sur des terrains glissants et en ressort grandi. Bref, on est curieux de découvrir « Gaspard va au mariage« , son troisième long métrage.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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