septembre 24, 2020

Clark – Clark

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Avis :

Comme tout genre musical, l’électro a aussi droit à ses spécificités et à ses sous-genres. Si l’on excepte les deux grandes familles que sont la techno et la house, la musique électronique jouit d’une grande famille qui lui permet de rentrer dans différentes cases et aussi de se mélanger à d’autres styles, comme le métal, le rap ou encore la pop. Seulement, quand on remonte l’historique de la musique électro, on se rend très vite compte que les genres vont affluer en fonction de leur but et de leur volonté. Ainsi va naître deux grands genres, les morceaux plus house qui n’ont pour unique but que de faire danser et les titres plutôt techno, où prévaut la volonté de construire des morceaux plus complexes avec la recherche de musicalité. C’est alors que nait au début des années 90 l’IDm qui signifie l’Intelligent Dance Music. Alors le terme est un peu galvaudé et pète certainement plus haut que son cul, mais il montre la volonté de sortir du carcan commercial de la techno qui passe en boucle à la radio ou dans les clubs. Bien évidemment, ce genre sort tout d’abord en Angleterre, qui non content d’être le berceau du rock, devient aussi le couffin de la musique électro recherchée.

Chris Clark est un artiste anglais qui officie dans l’IDM ou l’Electronica, qui est en fait la même chose que l’IDM mais sous une dénomination différente. Il commence à émerger à l’aube des années 2000 et cet album éponyme est son septième album studio, mais son cinquième sous le pseudonyme de Clark. Et même si l’on ne connait pas trop l’univers de l’artiste, cet effort est assez représentatif de ce que le genre peut nous apporter, c’est-à-dire des titres surprenants, des structures difficilement identifiables et quelques moments presque insoutenables malgré des tentatives de créer quelque chose de différent. Non pas que l’album soit mauvais, loin de là, et même un néophyte du genre pourra y trouver son compte, mais Clark part parfois très loin dans le délire et offre des sonorités difficiles d’accès avec des structures répétitives parfois agaçantes, à l’image de Sodium Trimmers, qui pourrait s’apparenter à du hardcore ou encore Beacon et son clavier ultra rapide qui ne laisse que peu de répit dans une énergie extraterrestre débordante. On notera aussi quelques titres qui rappellent allègrement les années 90, ère révolutionnaire pour la musique électronique, avec quelques morceaux dont les sonorités évoquent rapidement cette époque presque révolue, comme par exemple Silvered Iris et son rythme lancinant.

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Mais il faut tout de même comprendre qu’avec cet album, Clark a voulu faire quelque chose de conceptuel et présenter un voyage initiatique dans un univers glacial, épuré, à l’image de la musique électronique qui perd son humanité au profit d’une rythmique entêtante et menant parfois à un sentiment de perdition totale. En ce sens, cet album éponyme est une réussite, notamment grâce à son introduction Ship is Flooding, qui fait penser à échouement de bateau dans une contrée froide et désespérée. Winter Linn continue sur cette lancée, tout en gardant un beat très marqué et surtout, une ligne conductrice qui n’est pas sans rappeler un certain Kavinsky dans son ambiance rétro 80 savoureuse. On garde aussi en tête une sorte de froideur dans la rythmique et le tour est joué, on est embarqué dans un voyage inquiétant et inhumain, posant les bases d’une musique qui sent les codes et les lignes bleues pleines de pixels. Et si Unfurla, le tube de l’album, sera plus chaud, on aura toujours en arrière-plan quelque chose qui fait écho au froid ou au désert de glace. On notera que l’on trouve ce crédo sur quasiment tous les titres de l’album, malgré quelques insertions dans d’autres styles, comme There’s a Distance in You qui évoque la musique des jeux vidéo des années 90 mais dans un univers complètement différent. Enfin, Everlane clôture cet album de manière aérienne, comme si l’aventurier que nous étions vient de perdre la notion de temps et d’espace dans une dernière minute pleine de grâce et d’échos.

Au final, Clark, le septième album de Clark, est un album intéressant à plu d’un titre mais qui risque fort d’en laisser plus d’un sur le carreau, la faute à une musique électronique complexe et qui ne vise absolument pas le succès commercial, bien au contraire. Volontairement underground, cet album se veut à la fois planant et glacial, devenant un objet hybride qui correspond à l’IDM mais qui possède aussi quelques scories avec des morceaux agaçants et trop répétitifs. Un album qui laisse un avis mitigé mais qui mérite que l’on s’y attarde.

  1. Ship is Flooding
  2. Winter Linn
  3. Unfurla
  4. Strenght Through Fragility
  5. Sodium Trimmers
  6. Banjo
  7. Snowbird
  8. The Grit in the Pearl
  9. Beacon
  10. Petroleum Tinged
  11. Silvered Iris
  12. There’s a Distance in You
  13. Everlane

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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