Lockout – L’Exil vers les Ténèbres

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De : Ricardo Islas

Avec Cyn Dulay, Kris Dusautels, Veronika Balingit, Max Da’Silva

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après avoir perdu son travail, Dan déménage avec sa famille dans une maison en pleine campagne habitée par des présences maléfiques. La morsure d’une araignée et d’autres personnages inquiétants déclenchent une série d’évènements macabres…

Avis :

Le cinéma d’horreur est une sorte de tremplin pour des réalisateurs en devenir. Combien de grands cinéastes sont passés par la case horrifique pour arriver à avoir des fonds et ainsi faire des films plus ambitieux ? Spielberg, Cameron, Jackson, tous sont passés par là et ont réussi par la force des choses à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui, des incontournables du cinéma. Sauf que ce talent transparaissait déjà dans leurs premières œuvres et que ce n’est pas n’importe qui qui peut arriver à ce résultat là. La preuve en est avec des réalisateurs qui n’ont jamais percé et qui persistent tout de même à sortir des films de qualité médiocre dans un style identique. Si Uwe Boll pourrait être cité (bien que celui-ci essaye autre chose et ose aller à contre-courant de ce qu’attend le public du bis), on peut parler de Michael Feifer et ses serial killers ou encore Ricardo Islas dont Lockout est le deuxième film et atteste d’un amateurisme inconséquent.

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Si pour le commun des mortels, ne pas avoir de budget rime avec simplicité dans sa mise en scène, il semblerait que Ricardo Islas n’en a eu cure. Film découpé en différents segments, Lockout donne d’emblée le ton avec une réalisation au ras des pâquerettes et un grain d’images proprement dégueulasse. C’est d’ailleurs la première chose qui frappe avec ce film qui semble sortir tout droit d’une webcam utilisée par un collégien pour faire une mauvaise blague à ses potes. Outre le fait que l’image soit floue et mal cadrée, c’est la qualité douteuse de l’objet qui fait souci. En effet, on oscille constamment entre des prises de vue réelles et des moments en found-footage qui ne marchent absolument pas car ils n’ont aucune légitimité. Pire, ces moments gênants ne trouveront aucune explication au sein du métrage, le réalisateur (qui est aussi scénariste) essayant de brouiller les pistes afin d’instaurer un climat étrange à son film. Sauf que tout est brouillon et il manque clairement du liant pour accrocher les éléments les uns aux autres.

Là aussi, on remarquera un certain délaissement dans l’écriture. Les interactions entre les personnages sont inexistantes malgré des caractères bien trempés dont une jeune fille sadomasochiste et un père de famille se retrouvant au chômage. Il devient alors difficile de croire en leurs personnages et de trouver une quelconque justification dans certains actes. Mais le pire dans tout ça, c’est que les éléments qui se déroulent devant notre écran n’ont aucun sens et n’offre aucune explication. On se retrouve avec un couple psychopathe qui aime se tailler des pipes jusqu’au sang, une piqure d’araignée qui gangrène un doigt mais dont le mari ne veut pas se faire soigner, des séquences incongrues qui n’ont pas de lien entre elles mais qui trouveront un lieu commun, une vieille bâtisse dans le Wisconsin. Sans forcément chercher des explications, le film ne fournit aucune raison à toutes ses exactions et l’aspect alambiqué de la chose ne fait rien pour arranger les choses. En fait, entre l’amateurisme du film et le scénario complètement à la masse, Lockout ne fait rien pour garder son spectateur attentif et se révèle d’une bêtise crasse.

Alors que reste-t-il finalement dans ce métrage ? Rien, absolument rien. Ricardo Islas essaye de remplir un cahier des charges qu’il connait sur le bout des doigts mais qui a des années de retard. Les scènes de sexe sont d’une platitude affligeante, faisant souvent un plan sur le doigt blessé du mari, les moments plus tendus sont inintéressants de par la caméra épileptique du réalisateur et les passages gores sont tellement mauvais que l’on voit à la seconde que l’ensemble est du plastique acheté dans n’importe quel magasin de farces et attrapes. De ce fait, difficile d’accorder du crédit au métrage ou encore de la pitié tant la sensation d’être pris pour un imbécile est prégnante. D’autant plus que le film est une horreur au niveau du découpage, alignant parfois des scènes qui n’ont aucun sens l’une pour l’autre ou encore montrant des faux raccords flagrants. Enfin, difficile de se prendre d’affection pour les personnages ils sont plats et les acteurs d’une médiocrité affligeante.

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Au final, Lockout est un gros foutage de gueule et même l’aspect amateur ne permet aucun pardon. Si l’on aurait pu excuser la réalisation horrible, il est difficile de passer outre l’écriture du scénario, qui s’avère non-sensique et ennuyeux au possible. Il ne suffit pas d’aligner quelques éléments gores pour susciter de la frayeur, surtout quand le plastique se voit autant et il faut un minimum de rigueur dans l’écriture des personnages et des situations pour donner une véritable âme à son métrage. Ici, tout est mauvais du début à la fin et cela ne respire même pas l’honnêteté.

Note : 01/20

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Par AqME

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