septembre 28, 2020

X-Men Apocalypse – L’Union fait la Force

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De : Bryan Singer

Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Oscar Isaac, Nicholas Hoult, Olivia Munn, Sophie Turner, Tye Sheridan, Rose Byrne

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d’années et désillusionné par le monde qu’il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l’humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale.

Avis :

Il est de notoriété commune de dire que les films de super-héros sont maintenant donnés à des réalisateurs sans réel talent et qui se plient aux quatre volontés des producteurs, ne voyant que l’apport monétaire de tels films. Et il est vrai que lorsque l’on jette un coup d’œil sur certains métrages issus des comics book, on se rend compte que bon nombre de projets sont livrés à des jeunes cinéastes, plus malléables, à l’image de Josh Trank pour sa version des 4 Fantastiques. Cependant, l’ampleur et l’impact de ces films est tellement grande, que bien souvent, le public en ressort déçu et on frôle l’overdose, surtout en ce moment où ce cinéma squatte les salles obscures. Et après les clashs entre Batman et Superman ou encore Iron Man et Captain America, c’est au tour des X-Men de revenir sur les grands écrans pour un troisième film qui explore les jeunesses de certains mutants, en profitant pour redéfinir une mythologie déjà bien ancrée.

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Car il ne faut pas se leurrer, si Zeus et Poséidon ont bercé les fantasmes des grecs et des romains, aujourd’hui, c’est DC et Marvel qui ont pris cet imaginaire pour faire rêver les gosses. Un imaginaire qui fleure bon le commerce et qui a tout de même l’intelligence de se renouveler lorsque les ventes sont en baisse. C’est d’ailleurs comme cela que les différents âges ont vu le jour, permettant aux deux écuries de rebooter chaque personnage, les ancrant un peu plus dans une certaine modernité et assurant ainsi un nouveau lectorat. C’est un peu la même chose dans le cinéma, où les X-Men avaient plus ou moins assuré le show dans une première trilogie, malgré un dernier acte raté. C’est en 2011 qu’une nouvelle ère souffle sur les mutants avec Le Commencement par Matthew Vaughn (Kick-Ass), revisitant avec allégresse la jeunesse des X-Men et la naissance de l’institut du professeur Xavier. Un film très intéressant et très réussi, qui montrait bien évidemment la patte de son réalisateur. Et c’est Bryan Singer qui a poursuivi le projet, renouant avec ses héros, puisqu’il était aux commandes des deux premiers films de la première trilogie. Et si Days of a Future Past était plutôt intelligent, Apocalypse signe un certain retour en grâce, que ce soit du point de vue narratif ou purement scénique.

Suite directe de l’opus précédent, Apocalypse s’éloigne volontaire du dernier Avengers ou du Dawn of Justice de Zack Snyder pour éclipser tout débat géopolitique ou duel entre deux entité frôlant les dieux. En effet, le film ne s’incruste pas forcément dans une sphère réaliste au sens large du terme, se voulant vraiment fantastique et s’assumant comme tel. Si les délires de l’armée autour d’une arme mutante est toujours d’actualité, le film de Bryan Singer se veut plus grand que tout ça, plus épique et moins terre à terre. En ce sens, le cinéaste a absolument tout compris à ce que doit être le cinéma de super-héros, décomplexé, mais avec un fond important et humaniste. D’autant plus que le scénario, dans ses grandes lignes, est une allégorie à notre monde actuel, Apocalypse prenant la place d’un grand chef terroriste où seuls les plus forts survivent. Cependant, sans jamais appuyer ce propos et sans jamais faire un parallèle avec notre vie actuelle, Bryan Singer a l’intelligence de laisser le spectateur libre de toute interprétation. Et on retrouve cela jusque dans le recrutement des méchants, Apocalypse profitant de certaines faiblesses et de jeunes délaissés pour recruter une armée surpuissante. Comment ne pas y voir une parabole avec les différentes cellules terroristes qui parcourent notre monde aujourd’hui ?

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Et c’est bien entendu là que le film s’impose comme une référence dans le genre, ne prenant jamais le spectateur pour un crétin, assumant son spectacle grandiose et en plus de cela proposant une réelle réflexion sur les motivations de chacun et son devenir. Ainsi Mystique devient une figure d’héroïsme malgré elle, Magnéto devient l’un des méchants les plus charismatiques du cinéma, tout en nuance et la jeune génération promet beaucoup, trouvant un juste équilibre entre amourette et acte de bravoure. Certes, certains personnages sont un poil moins travaillés que d’autres, à l’image d’Angel qui ne dure pas longtemps ou encore Tornade qui est à peine effleurée, mais d’autres prennent plus d’ampleur comme Quicksilver qui se réserve encore la scène la plus spectaculaire du film. Quant à Apocalypse, si son design est très intéressant, il reste un méchant très manichéen, moins intéressant que les autres personnages qui gravitent autour de lui. Mais n’est-ce pas là son utilité en tant que méchant « one shot », faire valoir des personnages récurrents, leur donnant plus d’ampleur et de complexité.

Mais ce qui frappe le plus dans ce nouveau X-Men, c’est cette volonté personnelle de Singer de mettre en avant son univers et sa patte de réalisateur. Moins transparent que d’autres productions super-héroïques (Ant-Man pour ne citer que lui), le cinéaste trouve un juste milieu entre blockbuster où la destruction de masse est prépondérante, donnant lieu à des scènes grandioses, et passage très personnel, inhabituel dans ce genre de film. Si c’est moins marquant que chez un Del Toro ou un Sam Raimi, on se rend vite compte que le film ne brasse du vent et signe quelque chose d’élégant, avec une réelle volonté de faire différemment des autres. Alors on peut rester dubitatif sur certains passages, notamment lors du final, on peut se poser la question de la sélection des méchants car Psylocke semble bien faiblarde par rapport aux autres, mais finalement, c’est bien peu de choses face à la réussite du film de faire un blockbuster généreux, épique et surtout bien moins bête que ce qu’il n’en a l’air.

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Au final, X-Men Apocalypse fait partie de ces films injustement boudés par la presse spécialisée et qui pourtant se révèle au-dessus du lot grâce à un traitement respectueux de la mythologie mise en place. Bryan Singer signe une œuvre épique, ce qui manquait grandement aux films de super-héros actuels voulant sans cesse s’insérer dans une réalité humaine, mais aussi une œuvre généreuse, bourrée d’idées, dans laquelle le cynisme n’a que très peu de place et où les touches d’humour ne dédramatise jamais une action héroïque. Il en résulte donc un excellent film divertissant et intelligent dans son traitement et sa mise en scène.

Note : 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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