décembre 2, 2020

Evil Dead 3 L’Armée des Ténèbres

Affiche

Titre Original: Evil Dead III: Army of Darkness

De : Sam Raimi

Avec Bruce Campbell, Embeth Davidtz, Marcus Gilbert, Ian Abercrombie, Richard Grove, Bridget Fonda, Bill Moseley, Ted Raimi et Ivan Raimi (frères de Samuel Raimi), Charlie Campbell et Don Campbell (Père et frère de Bruce Campbell), William Lustig (réalisateur des « Maniac Cop » et « Maniac »), Bernard Rose (réalisateur de « Candyman », « Paperhouse »)

Année : 1992

Pays : Etats-Unis

Scénario : Sam Raimi et Ivan Raimi

Genre : Fantasy, Comédie, Horreur

Musique : Danny Elfman (thème « March of the dead ») et Joseph LoDuca

Durée : Director’s cut : 96 mn ; Américaine : 81 mn ; Internationale : 86 mn

Résumé :

Aspiré par un vortex à la fin du volet précèdent, Ash se retrouve propulsé dans le passé, prisonnier au XIVe siècle, sa tronçonneuse greffée au poignet, son fusil et sa voiture. Dans un premier temps captif du seigneur local, l’alchimiste voit en lui l’Elu, qui ramènera le Necronomicon (le Livre des Morts) afin de stopper l’invasion des monstres qui les terrorisent et lui permettre de retourner dans son siècle…

Avis de Trasher:

Le film divise. Certains hurlent au scandale car ils trouvent complétement hors sujet ce 3ème opus, d’autres hurlent au génie (c’est plutôt mon cas), car Sam Raimi a su renouveler sa franchise, en faisant un film franchement drôle, aux situations très bien pensées. S’il y a un film qui marche à coup sûr en fin de soirée et terminant ses canettes de bière entre potes, c’est bien celui-là.

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Le film n’a visiblement pas eu un budget à la hauteur de ses ambitions. En atteste certains trucages approximatifs comme par exemples les hommes déguisés en squelettes.  Nanti d’un budget bien plus confortable (11.000.000$) que les deux premiers films (350.000$ pour Evil Dead 1 et 3.500.000 $ pour Evil Dead 2) on retrouve néanmoins les artifices qui font le charme et le succès de la saga, à savoir les effets spéciaux bricolés, un humour ravageur, des trucages approximatifs. Mais l’horreur a ici fait place à l’Heroïc Fantasy. Le film a déçu une partie des fans des deux premiers opus de par son changement radical de ton. En effet, le côté horrifique des deux premiers films a ici totalement disparu, mais, à mon sens, ce que l’on perd ici en horreur, on le gagne en humour et en situations burlesques.

Sorti à un moment où les effets spéciaux furent en pleine révolution (Terminator 2 et ses trucages numériques révolutionnaires est sorti la même année), certains trucages ringardisent encore plus le métrage, notamment cette armée des morts animée en stop-motion, comme le chef d’œuvre de Ray Harryaussen : Jason et les Argonautes sorti… 20 ans plus tôt, quand il ne s’agit pas d’hommes en costumes (oui, les mêmes qu’à Halloween)

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Que peut-on bien trouver à ce film ? Un humour extraordinaire, complétement disjoncté, avec des situations comiques, burlesques, cartoonesques (les mini-Ash) et des dialogues instantanément cultes. L’humour est dû ici en grande partie au décalage entre Ash et ces chevaliers moyenâgeux (la fameuse baguette magique), celui-ci nous offrant des dialogues croustillant, des répliques fulgurantes (tendez bien l’oreille lorsque les squelettes parlent). Il serait simpliste de réduire le film à une succession de vannes tordantes, mais celles-ci contribuent largement au succès du métrage.

Ce succès est également dû à la prestation INCROYABLE de Bruce Campbell. Notre Ash s’en prend littéralement plein la gueule pour notre unique plaisir (il a d’ailleurs été blessé plusieurs fois pendant le tournage et a même été faire un petit passage aux urgences, avec son costume). « Ash est un peu le « Bugs Bunny » du film d’horreur. Il se ramasse pleins de choses dans la tronche, puis il se relève et  s’époussette» – Bruce Campbell

Evil Dead III est un film bourré de défauts, mais ses défauts sont ses principales qualités. Les effets spéciaux approximatifs, les matte-painting qui bougent, les figurants pas du tout investi par leur rôle, des cheveux sur l’objectif de la caméra, des masques dignes des films d’horreurs des années 60, … En plus d’avoir une mise en scène inventive et stylisée, le film a l’intelligence de ne pas se prendre au sérieux, toutes ces petites choses l’ont rendu instantanément culte.

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Le film est sorti en Blu-Ray il y a peu, nous offrant la version internationale (celle que tout le monde connait), la version US (tronquée de quelques minutes) et la version director’s cut qui, quant à elle, vaut son pesant de cacahuètes, quelques 15 minutes rajoutées, notamment la scène avec les mini-Ash se voit être plus longue et renforce encore plus l’aspect « Titi et Grominet » de la scène. Le film n’a pas été totalement retravaillé comme certains grands standard, mais ce n’est pas un mal, cela enlèverait une partie du charme du film…

Et il paraît qu’une suite est ENFIN en chantier…

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Note : 19/20

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Avis de Serval:

Troisième volet de la saga mythique de Sam Raimi, « L’armée des ténèbres » est une suite directe à « Evil Dead 2 » puisque dans le second opus Ash est expédié, par l’intermédiaire d’un tourbillon spatio-temporel, au Moyen Age. Nous le retrouvons prisonnier à la fois de l’époque mais aussi de ses habitants. Bien que le film s’inscrive ainsi dans la continuité du précédent il s’avère qu’il prend une autre tournure que celle de ses prédécesseurs, un grand écart est fait, quasi-absence d’horreur, pas de gore (une grosse giclée de sang au début), pas effrayant, beaucoup moins agressif mais toujours hystérique, faisant place à la fantasy et de l’humour toujours qui en est ici la pierre angulaire. Bien sûr notre cher Ash Williams va encore prendre sévère !

C’est donc à une aventure fantastique que nous allons assister, librement inspiré du roman « Un Yankee à la cour du Roi Arthur » de Mark Twain. Rappelant très fortement à l’esprit des films comme « Jason et les argonautes » (Don Chaffey, 1963), auquel il fait clairement référence avec ses squelettes animé en stop-motion (image par image) ou la trilogie Sinbad : « Le septième voyage de Sinbad » (Nathan Juran, 1958) en tête, avec son ambiance, ses effets spéciaux et ses créatures, « Le voyage fantastique de Sinbad » (Gordon Hessler, 1973), « Sinbad et l’œil du tigre » (Sam Wanamaker, 1977). Des films dont le concepteur/créateur des effets spéciaux n’est autre que l’immense Ray Harryhausen, dont Sam Raimi en grand admirateur rend hommage, dans ce « Evil Dead III : L’armée des ténèbres » par ses effets spéciaux et son bestiaire assurément (les squelettes, la harpie-volante)… Les trucages sont réalisé à l’ancienne (matte painting, décors carton-pâte, animation image par image, utilisation de miniatures, etc.) ce qui ravit les amateurs tandis que d’autres le regretteront et vont trouver cela kitsch et très mal fait, mais c’est en accord total avec l’esprit du film. Même s’il est vrai que certaines choses comme des comédiens habillés en squelettes qui saute aux yeux, témoigne d’un certain bricolage à la va vite lié à divers problèmes, mais cela a aussi son charme finalement.

La Fantasy marque l’œuvre, éléments surnaturels, quête d’un objet, créature, assaut du château, le tout mélangé à un comique dévastateur.

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En effet l’humour et les délires cartoonesques trônent en roi dans cet opus et Ash y est plus que jamais le ressort principal. Du début à la fin notre anti-héros va en prendre plein la figure et plus le bougre subira, souffrira, plus le spectateur y trouvera son bonheur, un des points les plus importants de la franchise, si ce n’est le moteur même ! De la recherche du Necronomicon Ex Mortis à la bataille avec l’armée des ténèbres, les gags vont s’enchaîner à un train d’enfer, qui plus est que ce personnage est une grande gueule incroyable et arrogant à souhait qui va finalement être obligé d’embrasser une cause dont il n’a ouvertement que faire pour servir son dessein !

Que ce soit lors d’un combat contre une zombie-sorcière pratiquant les arts-martiaux et une autre monstruosité toujours au fond d’un puits, duquel jaillit auparavant une forte quantité de sang comme d’un geyser. Se retrouvant par la suite, lors de sa ‘croisade’, face à de féroces miniatures de lui-même (sortant des éclats d’un miroir) dans un moulin (scène intensément loufoque), puis opposé à son double maléfique issus de sa propre chair après que l’un de ces ‘mini-Ash’ soit passé à l’intérieur de son corps (Ash va même boire de l’eau bouillante pour tenter de s’en débarrasser) pour ensuite y ‘pousser’, créant ainsi un homme à deux têtes avant de se séparer et nous déclencher des fous rires supplémentaires quand ils s’affrontent. Vient ensuite le fameux cafouillage/bafouillage déclencheur du réveil des morts et ce qui s’en suit : « Klaatu, Verrata, N… Nécrose. Nectar. Nickel. Nouille», « Klaatu, Verrata,Neuh euh euh !», il finit en toussant, comme on l’a dit Ash en bon prétentieux n’a pas écouté les recommandations du vieil homme. Et enfin l’assaut de l’armée des morts mené par le double maléfique, un grand moment encore surtout avec ces squelettes qui ne cesseront leurs balourdises et débilités, ou bien un Ash qui, après avoir construit une ‘machine de guerre’ avec la carcasse de la voiture, s’en va les décimer, grand sourire à l’appui…

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On pense bien évidemment aux cartoons de Chuck Jones, de Tex Avery, mais aussi aux films et courts-métrages des Trois Stooges, troupe comique américaine se servant essentiellement de la farce et de la bouffonnerie. Et dans la veine humoristique enracinée dans l’esprit du médieval-fantastique le « Sacré Graal ! » (1989, Terry Gilliam, Terry Jones) des Monty Python, nous revient en mémoire, parodie de l’histoire du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde, à l’humour féroce et ravageur. D’autres références sont glissées, par exemple la formule qu’il doit prononcer avant de s’emparer du Necronomicon : « Klaatu, Verrata, Nikto » (faisant référence à celle utilisé pour contrôler le robot Gort du film de science-fiction de Robert Wise « Le jour où la terre s’arrêta », 1951). L’influence des comics est elle aussi présente, dont la représentation à l’écran semble tellement naturelle, mise en scène, idées visuelles, cadres, plongées/contre-plongées et une icônisation à outrance, l’amour de Sam Raimi pour ce matériau est on ne peut plus clair dans sa filmographie, d’ailleurs son film précédent était « Darkman » (1990)!

Ce mélange de fantasy, d’humour et le brassage de toutes les influences extrêmement bien digérées et ré-exploitées, donne une toute puissance au film, devenant un régal de tous les instants, servi par la réalisation et les fulgurances (on retrouve encore l’utilisation de la shaky-cam, créée pour les besoins du premier « Evil Dead », et des idées visuelles en veux-tu en voilà) inhérentes au cinéma du génial Sam Raimi, toujours impressionnant par sa créativité couplée à son sens de l’humour. Un bonheur aussi grâce à la performance du non-moins génial Bruce Campbell ici en très très grande forme, complètement habité, livrant le meilleur du burlesque de son personnage ! Formidable !

Un film qui a acquis son statut d’œuvre culte avec les années et qui l’est réellement puisqu’il en existe 3 versions :

–          L’internationale, la plus connue de part chez nous, où Ash réussi à retourner chez lui et dézingue du zombie au supermarché en employé modèle et clôt d’une certaine manière la saga

–          L’américaine, en grosse version internationale raccourcie dans le but de gagner en rythme apparemment

–          La director’s cut, souhaité par Sam Raimi, mais qu’il dû retravailler pour donner d’autres versions suite à des divergences et accumulations de problèmes, avec La fin post-apocalyptique et quelques autres surprises (la scène avec les mini-Ash plus longue, la victoire finale plus longue aussi et amenée différemment).

Culte donc puisque jusqu’à la sortie dernièrement par l’éditeur Filmedia du DVD/Blu-ray proposant ces 3 variantes, cette version Director’s cut n’était pas disponible, si ce n’est sur une édition proposé par Anchor Bay en 1999 (ressortie en 2003) s’en rapprochant.

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Plus léger, moins féroce que les deux précédents volets ce troisième Evil Dead en demeure quand même terriblement barré, grâce à son ton, sa générosité folle et ses ambitions, encore plus dingue que ses aînés, reposant avant tout sur les aventures et déboires jubilatoires d’un Ash formidablement interprété ! Et s’impose à mes yeux comme un sensationnel tour de manège ultra-divertissant, un chef d’œuvre en son genre, duquel à peine descendu ne me vient qu’une seule envie : reprendre un ticket pour y refaire un tour supplémentaire !

A découvrir et redécouvrir absolument, surtout avec la sortie récente du DVD ou Blu-ray de Filmedia. En espérant que vous y prendrez le même plaisir, et plus !

Note: 19/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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