octobre 27, 2020

Rocky III – L’Heure du T

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De : Sylvester Stallone

Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers

Année: 1982

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Action

Résumé:

Rocky Balboa est aujourd’hui un champion respecté, après ses deux victoires contre Apollo Creed. Mais lorsqu’il perd contre un nouveau venu sur le circuit, c’est Apollo Creed lui-même qui va venir à sa rescousse et lui redonner le goût du combat et de la victoire.

Avis:

Continuer sur la même lancée, essayer toujours de dépasser ce que l’on a créé pour arriver finalement à une œuvre qui serait le point d’apogée de notre carrière. Voilà ce qu’aurait pu être ce Rocky III qui continue bon gré mal gré de narrer les aventures de Rocky Balboa, un boxeur inconnu à qui on offre une chance inouïe de devenir une star mondiale. Cependant, il est difficile de succéder à deux œuvres qui ont marqué une époque et un sport. L’influence des deux premiers Rocky est assez spectaculaire, à un tel point que son créateur et interprète, Sylvester Stallone, devient une star planétaire et un action hero non négligeable dans l’industrie du septième. Seulement, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin et s’avoir s’arrêter au bon moment pour ne pas planter une saga et rester sur de bonnes bases. Ce Rocky III est-il celui de trop ? Certainement pas, car même s’il reste inférieur aux deux précédents, il offre un nouveau visage à Rocky et se pose même comme un épisode miroir par rapport au tout premier.

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Miroir dans le sens où cette fois-ci, Rocky est connu et a su conserver son titre de nombreuses fois. En ce sens, il est l’opposé de ce qu’il était avant, un homme inconnu, sans argent et qui vivoter tranquillement. Au début de ce film, il est riche et est adulé pour toute la population de Philadelphie. On pourrait croire que cela est peu crédible, mais l’intelligence du scénario est telle que la mentalité de ce personnage ne se modifie pas ou très peu. Dans cet épisode, il reste quelqu’un de profondément humaniste, qui a des valeurs et qui les communique à son fils. Miroir aussi du côté de l’adversaire, qui est un personnage arrogant, mais qui n’a rien hormis sa rage de vaincre. On pourrait presque y voir un parallèle entre celui-ci et le premier, mais dans des rôles inversés et c’est plutôt intéressant et relativement malin. En effet, avec ce procédé, l’histoire peut se répéter, sauf que cette fois-ci, notre héros se retrouve dans une position inconfortable, avec un enjeu.

Et Rocky redevient alors un être humain comme un autre, avec ses démons et ses hantises. Encore une fois, le film joue à fond la carte du mélodrame avec la mort de Mickey, l’entraineur, et les discussions parfois houleuses entre Adrian et Rocky. Si l’aspect sociétal est moins appuyé sur ce film, retournant dans les grosses chaussures du pauvre qui n’a rien contre le riche qui a tout, le métrage s’appuie surtout sur les relations entre les personnages. Rocky III est le premier Rocky où l’on va voir une vraie amitié entre deux boxeurs, Appolo Creed (qui décide d’entrainer Rocky) et Rocky. De cette relation va naître une complicité qui se lit sur l’écran et qui donne une banane d’enfer. Les deux acteurs sont vraiment au top de leur forme et il y a une sorte d’osmose communicative qui se passe à l’écran. Mais le film va plus loin en abordant le mental. C’est-à-dire que cette fois-ci, Rocky doute et a peur. Et c’est cette peur qui sera tout d’abord le blocage d’apprentissage, mais qui deviendra ensuite une force, exploitée par le protagoniste, puis remise au gout du jour dans le sixième épisode. Pour la première fois, on voit un personnage perturbé, torturé par un sentiment inconnu et qui met en évidence que tout boxeur costaud qu’il est, il reste un homme.

Le seul petit problème dans ce Rocky, hormis encore une fois des ficelles aussi épaisses que des cordes sur les moments sentimentaux ou sur la situation finale, c’est réellement son adversaire. Clubber Lang, incarné de façon assez juste par Mr. T, n’a pas réellement de background, autre que ce qu’il dit, c’est-à-dire un jeune des rues qui doit se battre continuellement pour avoir des choses. Il manque réellement une dimension plus complexe au méchant qui se contente d’être un crétin névrosé ne pensant qu’à se battre. Certes, cela permettra de voir un entrainement intensif et différent pour Rocky, mais il manque du charisme et un travail plus poussé pour cet adversaire. D’autant plus que si le combat final est plutôt bien fichu en termes de découpage, il n’est pas du tout réaliste, les deux hommes ne se protégeant pas du tout la tête. Et si dans les deux premiers, cela était moins flagrant, dans ce troisième opus, cela se voit et nuit à la crédibilité de l’ensemble.

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Au final, Rocky III est inférieur à ses deux aînés sans pour autant être ridicule. Moins long, moins axé sur l’aspect sociétal de la boxe et du héros, il n’en demeure pas moins une évolution intéressant et plausible de Rocky et un travail intelligent sur la mise en avant des doutes quand on est champion et de la peur de perdre. Une notion plus sportive donc, pour un film qui a plutôt bien vieilli et qui va poser Stallone en dieu de l’Olympe.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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