octobre 26, 2020

Rocky – Des Coups et du Cœur

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De : John G. Avildsen

Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers

Année: 1976

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Action

Résumé :

Dans les quartiers populaires de Philadelphie, Rocky Balboa collecte des dettes non payées pour Tony Gazzo, un usurier, et dispute de temps à autre, pour quelques dizaines de dollars, des combats de boxe sous l’appellation de « l’étalon italien ». Cependant, Mickey, son vieil entraîneur, le laisse tomber. Son ami Paulie, qui travaille dans un entrepôt frigorifique, encourage Rocky à sortir avec sa sœur Adrian, une jeune vendeuse réservée d’un magasin d’animaux domestiques.
Pendant ce temps, Apollo Creed, le champion du monde de boxe catégorie poids lourd, recherche un nouvel adversaire pour remettre son titre en jeu. Son choix se portera sur Rocky.

Avis :

En 1975, un phénomène sportif tint en haleine tout un pays. Mohammed Ali, alors champion du monde des poids lourds, était confronté à Chuck Wepner, un modeste boxeur. Cependant, alors que le combat aurai dû être facile pour le grand champion, Wepner résista jusqu’au dernier round, où il tomba KO. C’est en assistant à ce match que Sylvester Stallone, alors quasiment inconnu au bataillon, eut l’idée de retranscrire ce match au cinéma mais avec d’autres personnages. Il se mit à écrire le scénario de Rocky, qui séduisit rapidement deux producteurs, Irwin Winkler et Robert Chartoff, pour près de 350 000 dollars. Mais Stallone a failli se mettre sur la paille, car il voulait à tout prix incarner le personnage principal, chose qui lui fut acceptée. Et c’est certainement la meilleure idée du monde, puisqu’en plus de lancer la carrière du prolifique Sly, il a donné au cinéma l’un de ses personnages les plus cultes et les plus attachants.

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Rocky, c’est plus qu’une histoire de boxe et c’est certainement ce qui fait encore sa force aujourd’hui. Au-delà de l’aspect David contre Goliath et de la démesure du match par rapport à la taille de Balboa, c’est bien le mythe social qui prévaut, le film étant un reflet de la société prolétaire qui galère pour se sortir du trou. Le personnage principal est un homme digne, pas très intelligent, mais qui vit de petits boulots et qui avait un don pour la boxe. Petit voyou au grand cœur, Rocky représente cette société d’en bas qui n’a pas les moyens et la chance de s’en sortir. Sauf que la chance va finir par arriver, lui permettant ainsi de sortir de la misère et de montrer aux gens du monde que même si l’on est petit aux yeux de la société, on peut être d’une grande générosité et d’une volonté de fer. Du coup, le personnage de Rocky prend une toute autre ampleur, le spectateur sentant rapidement une énorme empathie pour ce type qui essaye de donner des conseils, qui essaye d’être juste et droit malgré une vie pas si facile. Mais avec un personnage aussi fort, aussi touchant dans sa vision de la vie, on aurait pu craindre qu’il phagocyte tous les autres personnages.

Mais pas du tout, bien au contraire. Si les autres personnages gravitent autour de lui pour lui donner une certaine ampleur scénaristique, ils sont aussi très imposants et représentent chaque fois une facette de la société. Adrian est la face silencieuse de cette société qui subit et elle va se révéler grâce à l’amour que lui porte Rocky, mettant en avant l’une des scènes de baiser les plus fortes du septième art. Paulie quant à lui, est la face frustrée de cette catégorie socio-professionnelle qui galère, enchainant les boulots ingrats et pas reconnus. Enfin, Apollo Creed est le méchant de l’histoire, le personnage détestable d’entrée de jeu, imbu de lui-même, business man autour d’un sport et qui a perdu le sens du mot simplicité. Ainsi, avec Rocky, chaque personnage a son importance, démontre une société inégalitaire, mais aussi ce qui est essentiel, peignant des portraits d’une grande justesse.

Et puis il y a le sport, la boxe. Plus qu’un prétexte, elle sera aussi présente pour montrer qu’il faut se battre pour gravir les échelons et qu’une volonté en béton ne sera pas suffisante, il faudra aussi du cœur et de l’amour pour réussir, se battre pour quelque chose ou quelqu’un qui nous est cher. Et véritable coup de force du film, c’est ce combat final, à l’issue incertaine mais qui voit deux grands champions s’affronter et tout donner sur le ring. L’un pour ne pas perdre la face et assurer son statut de champion, et l’autre pour saisir sa chance, pour pouvoir faire sortir une bête rageuse de son ventre et montrer au monde entier qu’il existe et qu’il a faim. Ainsi, Rocky prend une ampleur incroyable, détournant le gigantisme du combat de boxe en combat entre deux classes sociales.

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Au final, Rocky est un grand film qui n’a pas pris une ride depuis quarante ans maintenant. Véritable leçon de vie, d’humanisme et d’esprit de combativité, le film de John G. Avildsen est un grand moment de cinéma qui allie parfaitement le récit de vie et le film d’action autour d’un sport qui s’associe trop à la violence. Instaurant un vrai personnage qui deviendra culte, véritable icône populaire et inspirateur de grandes causes, Rocky est plus qu’un film, c’est l’instigateur d’une saga et le porteur de messages sociétaux importants et beau. Un film qui a du cœur.

Note : 20/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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