juin 23, 2021

The Ting Tings – Super Critical

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Avis :

Le succès tient à peu de choses. Une rencontre, le hasard, se faire remarquer dans une émission de télé crochet, le culot, bref, tous les moyens sont bons pour devenir une icône de la musique, surtout dans notre société actuelle qui utilise la musique comme un restaurant fast-food où n’importe quel son devient trop vite digéré. Pour The Ting Tings, le succès est arrivé très vite au moment de la formation qui tient de la rencontre entre deux artistes qui n’ont pas connu un énorme succès dans leurs groupes précédents. Katie White n’a sorti qu’un single avec son premier groupe TKO qui n’a jamais signé pour un label, et Jules De Martino a fait deux titres avec Babakoto, mais n’a jamais reçu un succès immodéré. C’est lorsque les deux artistes se rencontrent à l’université que la magie opère et seulement deux ans après leur formation, ils connaissent un énorme succès avec Shut Up and Let me Go. S’ensuivra ensuite le titre That’s not my Name et un record pour la vente du premier album We Started Nothing. Mais la célébrité est difficile à tenir, surtout lorsque l’on s’est fait connaître à travers des pubs. De ce fait, le deuxième album n’aura pas le retentissement du premier et le groupe s’évade à Ibiza pour écrire un troisième album, Super Critical. Alors que nous a pondu le groupe d’indie pop britannique ? Un album sympathique bien que trop court et parfois un peu redondant.

Le skeud débute avec Super Critical, titre éponyme de l’album. Claquements de mains, petit tabourin, rythmique scandée avec entrain, une guitare légère vient se greffer à l’ensemble donnant un réel style funk dans l’ensemble. Construit de façon à monter à chaque fois petit à petit et d’ajouter un instrument, on se retrouvera ensuite avec des cuivres pour couronner le tout. Le morceau est relativement dansant, dynamique et rentre dans des tonalités que n’avait pas encore abordées le groupe. Il résulte donc quelque chose de frais et de très agréable à l’écoute. On retrouvera d’ailleurs ce style sur quasiment tout l’album à quelques exceptions près. Cette guitare funky sera présente sur les morceaux Daughter, Do It Again ou encore Wrong Club. Alors certes, c’est bien foutu et bien produit, mais malheureusement, il y a un contre coup à cela, c’est une certaine redondance et une lassitude qui gagne du terrain avec le temps. Après plus de deux ans de travail sur l’île d’Ibiza, le groupe aurait pu faire un effort pour fournir des titres plus variés et plus changeants. D’autant plus que cette facette reste peu exploitée auparavant par The Ting Tings et du coup, on a l’impression qu’ils utilisent ce style à fond pour bien marquer leur changement de cap et c’est un poil dommage. Alors certes, il y a certaines variations, puisque Wrong Club sera délicieusement rétro, proche du disco funk, mais cela reste peut-être un poil trop léger. D’autant plus que l’album est très court, à peine 32 minutes et neuf titres.

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Fort heureusement pour nous, cette redondance ne concerne que la première moitié du skeud. En effet, par la suite, le groupe change un petit peu de registre, notamment avec Wabi Sabi, une sorte de ballade psychédélique d’une grande lenteur mais qui se révèle être jolie et assez apaisante. La guitare laisse place à une batterie plus douce et des sonorités électro lounge pas déplaisantes. Néanmoins, le titre reste tout de même très lent et marque une nette rupture avec le reste du skeud. De ce fait, elle sera moins puissante et aura moins d’impact sur l’auditeur. Mais le groupe est intelligent et rebondit sur le morceau suivant avec Only Love, un titre plus rythmé et rentrant dans le genre pop acidulé, tout en gardant cette approche funk. Le groupe change aussi de registre avec Green Poison qui est un titre reggae et qui s’avère être le morceau le plus pénible de l’album. Sur un mid-tempo désagréable, le morceau se révèle répétitif et sans réel saveur, en plus d’être long. Et ce n’est pas Failure qui va nous réconcilier avec l’album puisque c’est le morceau utilisé pour la pub La Halle et il est difficile de s’enlever la reprise de la pub avec les gens qui dansent comme des débiles.

Au final, Super Critical, le troisième et dernier album des Ting Tings n’est pas désagréable, loin s’en faut et le groupe explore une nouvelle facette de la pop indépendante anglaise. Plutôt bien produit et loin des canons du genre à grands renforts de musique électro, le groupe propose quelque chose de délicieusement rétro et de relativement honnête dans sa démarche, ne cherchant pas le succès commercial. Si certains morceaux sont plus faibles que d’autres, il en résulte tout de même un album sympathique et il est dommage que celui-ci soit passé un peu trop inaperçu.

  1. Super Critical
  2. Daughter
  3. Do It Again
  4. Wrong Club
  5. Wabi Sabi
  6. Only Love
  7. Communication
  8. Green Poison
  9. Failure

Note :13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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