juin 23, 2021

Tokio Hotel – Kings of Suburbia

Tokio-Hotel---Kings-Of-Suburbia---2014

Avis :

Attiser la haine est bien plus facile que d’avoir la gloire et la reconnaissance. Il suffit de regarder les différentes vidéos de chanteurs amateurs s’essayant sur Youtube et récolter une pluie d’insultes, au lieu d’avoir des encouragements ou des conseils. Dans le domaine du rock, c’est un peu pareil. Au début des années 2000, un groupe allemand sort de la masse et s’impose auprès des teenagers. Tokio Hotel est un groupe allemand qui officie dans le rock, lorgnant vers le punk et le hard, sans jamais vraiment y parvenir pour rester suffisamment bankable. Souvent moqué, autant pour la pauvreté technique que pour le look du chanteur, Tokio Hotel aura pourtant marqué l’univers musical par sa gloire et son omniprésence dans les charts. Sauf qu’au bout d’un moment, le soufflé est retombé et que le groupe a eu du mal à se retrouver. Après une conquête japonaise mi-figue mi-raisin, le groupe a eu une pause de quatre ans. Quatre années à préparer ce nouvel album (avec un petit détour en tant que jury dans La Nouvelle Star version allemande) en flânant dans les rues de Los Angeles et en amorçant un virage artistique à 180°. En effet, exit le rock à midinettes, le groupe se penche dangereusement vers l’électro, essayant vainement de se rendre mélancolique avec une électro lounge lente mais malheureusement formatée et sans surprise.

Pour bien marquer son changement de cap, le groupe propose en premier titre, Feel It All. La première surprise viendra du fait que les paroles sont en anglais, bien qu’encore cela soit factice, puisque lorsqu’une musique est bonne, peu importe la langue. Mais la plus grosse surprise viendra du choix de style. Délaissant complètement le rock, le groupe se focalise exclusivement sur une musique électro que l’on pourrait totalement retrouver dans les boites de nuit. On aura droit au couplet de base, au pré-chœur plus lent, puis au refrain avec ce qu’il faut de boite à rythmes dégueulasse, comme on peut en entendre de partout, tous les jours. Alors on pourrait croire à une erreur de parcours, à une faute dans un album qui tente de faire autre chose, mais il n’en est rien. Stormy Weather est encore pire, essayant vainement de partir dans un électro lent à grand renfort d’infrabasse avec une voix claire presque féminine. Alors on aura droit à quelques riffs derrière le marasme commercial, mais rien n’y fera, on sera dans quelque chose de mou et de pas touchant du tout. Pire que tout, le morceau sera désagréable à l’écoute et en plus, il ne fera danser personne. Certains titres confinent l’ensemble à la naïveté la plus pure avec, par exemple, Covered in Gold, qui est d’une nullité et d’un vide abyssal. Le même constat se fera avec We Found Us, Never Let You Down ou encore The Heart Get No Sleep.

Tokio-Hotel---Kings-Of-Suburbia

Il faut croire que le séjour de quatre ans à Los Angeles n’a pas fait que du bien à la formation allemande. Déjà que de base ce n’était pas terrible, mais alors là, ils s’enfoncent dans les bas-fonds de la musique de supermarché. En termes d’évolution, on pourrait les comparer à Linkin Park et leur tentative ratée de faire de l’électro sur une paire d’albums et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le groupe a perdu de la notoriété et revient petit à petit vers du hard rock plus intéressant. Pour Tokio Hotel, le groupe part déjà de très loin et leur tournée intimiste dans de petites salles n’est sûrement pas l’idéal pour se relancer vers quelque chose de plus pur. A la rigueur, sur le skeud, il y a une paire de titre qui montrent que le groupe peut proposer quelque chose de meilleur, à l’image de Girl Got a Gun qui démarre avec un bon son de guitare et un choix de rythmique chantée assez intéressante. Il est dommage que le morceau se perde encore avec une sonorité électro à la con. Et puis n’oublions pas les quelques ballades qui sauvent le disque d’un naufrage artistique comme Run, Run, Run et son piano ou encore Love Who Loves You Back, qui, pour le coup, correspond bien à l’image que l’on se fait des gens qui se baladent dans les rues de LA, la nuit, au doux son d’une électro posée proche d’une funk emplit de plénitude. Malgré tout, cela reste une bien maigre consolation.

Au final, Kings of Suburbia, le dernier album en date de Tokio Hotel, n’est pas vraiment intéressant et montre clairement le changement de style du groupe. Délaissant le rock pour aller vers de la pop acidulée remplit d’électro, le groupe prend à revers les fans, mais aussi les néophytes, qui n’iront pas forcément écouter leur skeud, la faute à un aspect mercantile détestable et à une musique qui ne fait pas peau neuve, bien au contraire, qui se contente de reprendre des choses déjà entendues sans digérer quoi que ce soit.

  1. Feel It All
  2. Stormy Weather
  3. Run, Run, Run
  4. Love Who Loves You Back
  5. Covered in Gold
  6. Girl Got a Gun
  7. Kings of Suburbia
  8. We Found Us
  9. Invaded
  10. Never Let You Down
  11. Louder Than Love
  12. Masquerade
  13. Dancing in the Dark
  14. The Heart Get No Sleep
  15. Great Day

Note : 04/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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