janvier 27, 2022

Lily la Tigresse

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Titre Original : What’s Up, Tiger Lily ?

De: Woody Allen et Senkichi Taniguchi

Avec Woody Allen, Tatsuya Mihashi, Akiko Wakabayashi, Tadao Nakamaru

Année : 1966

Pays : Etats-Unis, Japon

Genre : Comédie

Résumé :

Phil Moskowitz se lance à la recherche d’une recette de salade d’oeufs durs. Il aura fort à faire face à une bande de yakusas.

Avis :

Woody Allen, auteur, réalisateur et comédien des plus connus, qui nous offre presque un film par an depuis maintenant quarante ans. Mais à toute carrière il y a un début et comme c’est un réalisateur que j’aime beaucoup, que j’ai presque tous ses films et que je viens enfin de mettre la main sur son premier film, je me lance dans une rétro du réalisateur New-yorkais.

« Lily la tigresse » est un film à part dans la grande filmographie du réalisateur. Ce premier film est un film très différent, car à moitié réalisé par Woody et c’est une œuvre loufoque et burlesque qu’il livre pour son premier film, que le réalisateur n’a jamais vraiment assumé. À la découverte de ce film, il a fallu que je fasse le point avec moi, pour savoir si ce film était terriblement mauvais ou alors un vrai coup de génie. Dans les deux cas, j’ai quand même passé un bon moment.

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Phil Moskowitz est un espion japonais. Il est contacté en privé par un homme qui lui confie une mission. L’homme s’est fait voler une recette secrète d’une salade aux œufs durs. Phil devra enquêter et retrouver cette fameuse recette pour éviter qu’elle ne tombe en de mauvaises mains. Et c’est une bande de yakuzas qu’il va devoir affronter et pour l’aider il pourra compter sur la belle Suki.

Alors pour sa première œuvre, Woody Allen a choisi de faire quelque chose de très avant-gardiste pour son époque. Son concept, racheter les droits d’un film et de refaire avec ce film tout autre chose. Ce film sera « International Secret Police : Key of Keys« , une série B japonaise réalisée en 1965 par Senkichi Taniguchi. Les patrons du studio américain, American International, avait racheté les droits de ce film, mais ils avaient du mal à le distribuer, ils décidèrent donc de le laisser à un jeune comique qui a le vent aux poupes… Woody Allen. Et c’est ainsi que le réalisateur se lança dans son délire. Pour son premier film, il garda la majeure partie des images du film original, tourna quelques scènes en plus et surtout retravailla tous les dialogues du film pour en changer complètement le sens. Si l’orignal est un film d’espionnage surfant sur la mode de James Bond, la version de Woody sera une comédie complètement folle et surtout absurde.

Woody Allen a alors réécrit tout le scénario et nous offre une histoire invraisemblable qui ne tient pas debout. Avec ce procédé, le réalisateur offre des scènes décalées à souhait entre ce qui se passe vraiment dans le film original et ce que Woody Allen fait dire à ses personnages. C’est drôle parfois, mais mauvais à d’autres. Le film amuse dans son fond, mais quelque chose m’a dérangé dedans et je dois dire que je suis resté en retrait au départ. Comme je ne m’attendais pas à ça, j’ai eu du mal à entrer dedans, ne sachant pas si je devais détester ou aimer ce film et après un temps d’adaptation, je me suis laissé entraîner dans le non-sens de cette histoire et en fin de compte, je me suis amusé devant. Bien sûr il faudra prendre le film au troisième degré et je pense que quand on sait où l’on met les pieds est aussi un petit plus, surtout que c’est à des années-lumière de ce que le réalisateur a l’habitude de faire.

La réalisation de ce film est drôle, car il a mal vieilli. Le tout est kitsch à souhait avec des personnages qu’on devienne caricaturés au possible même dans l’original. Souvent assez mal filmé, je pense qu’on avait à faire à un bon nanar japonais. Mais grâce au côté n’importe quoi qu’offre les dialogues de Woody Allen, on ne s’ennuie pas devant et l’on s’amuse même. Le film est aussi ponctué par des petites apparitions amusantes de Woody Allen dans son propre rôle qui discute du film et de son concept avec un producteur, ce qui renforce la farce assumée sur le moment de la part de son réalisateur. Oui, je dis sur le moment, car j’ai lu que le réalisateur assumait mal le film et a même voulu empêcher sa distribution, qu’il fini par autoriser à cause de toutes les bonnes critiques que le film reçu.

Autre fait surprenant, c’est le choix de la bande originale du film. Alors que le cinéaste a fait du jazz qu’il aime tant sa marque de fabrique, pour ce premier film, il a choisi une BO très pop en faisant appel au groupe Lovin’ Spoonful, qui est à l’écoute plus que surprenante pour un film de Woody Allen.

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Ce premier film signé Woody Allen est donc une œuvre atypique, singulière et folle dans la carrière du réalisateur. Même si j’ai eu un peu de mal avec le début, je dois dire que ça reste un film assez précurseur, car bien avant Michel Hazanavicius et « La Classe américaine » ou Mozinor, on peut dire qu’il y a eu « Lily La Tigresse » et Woody Allen.
C’est donc un film à voir pour la curiosité de l’œuvre.

Note : 12/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=7LzNXF_FAh8[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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