Slayer – Repentless – Toujours la Hargne

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Avis :

Qui aurait pu prédire un onzième album de Slayer ? Il faut dire que le groupe, après plus de trente ans d’existence, a connu l’un des coups les plus durs pour une formation, le décès de l’un des fondateurs. C’est en 2013 que Jeff Hanneman, guitariste et porteur de Slayer, meurt d’une cirrhose. Difficile de se remettre de ça, tant l’aura du guitariste entourait l’âme du groupe. Néanmoins, Kerry King, l’autre grand guitariste du groupe, avait annoncé qu’il resterait dans la musique, mais que le destin de Slayer était indécis. Mais c’était sans compter sur la solidarité de la formation, qui décide de rebosser sur des textes et des compos, utilisant même certains enregistrements de Hanneman réalisés avant sa mort. Seulement, en plus de la disparition du guitariste, le groupe change aussi de label, allant signer chez Nuclear Blast, quittant American qu’ils côtoyaient depuis 25 ans. Alors avec tous ces changements et évènements, autant dire que ce onzième album était autant attendu que redouté par tous les fans de la planète. Répondant au doux nom de Repentless, il a la lourde charge de remettre sur le devant de la scène l’un des groupes phares du Big Four, l’un des fondateurs du Heavy Métal américain aux côtés de Anthrax, Megadeth et Metallica.

Et Slayer fit du Slayer. C’est presque sans surprise que l’album se suit sans aucune anicroche mais avec pourtant des morceaux qui accrochent l’oreille. Le skeud débute avec Delusions of Saviour, annonçant un disque lourd, sombre, en totale adéquation avec la jaquette. Et c’est réellement ce qu’il va se passer. Repentless démarre sur les chapeaux de roue, avec une batterie inébranlable et une guitare aux riffs agressifs qui part à deux mille à l’heure lorsque Araya se jette dans le chant. Sans aucun doute possible, le groupe reste fidèle à lui-même, proposant une agressivité qui déboîte et une vitesse d’exécution effroyable. Take Control va encore plus vite par la suite, montrant une violence inouïe dans la composition et une guitare qui frôle l’excès de vitesse, tout en restant dans une maîtrise complète et totale. Le seul petit problème entre les deux premiers titres, c’est qu’ils ne laissent pas forcément le temps de souffler et s’enchaîne vraiment très rapidement, le laissant que peu de temps pour savourer chaque riff et chaque rupture. Fort heureusement, le groupe se repose quelques secondes avec Vices et son intro old school pour ensuite partir sur une lourdeur incroyable et un titre d’une grande force, autant sur la vitesse que sur la mélodie. D’ailleurs, Araya en profite pour poser un peu plus sa voix, avant d’exploser lors du refrain. On pourra cependant regretter quelques titres moins accrocheurs, malgré leur densité comme Atrocity Vendor ou encore Piano Wire, seul titre qui utilise des compos de Hanneman.

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Nanti d’une violence qui a fait l’image du groupe, Slayer n’oublie pas pour autant l’autre aspect qui a fait sa renommée, l’ambiance. Il se dégage de Repentless une certaine lourdeur tout autant qu’une certaine mélancolie. Il suffit d’écouter When the Stillness Comes, avec son intro plutôt calme mais presque malsaine et nostalgique, laissant ensuite plus de place à des riffs agressifs. On remarquera aussi le choix d’Araya de poser sa voix, de presque susurrer les paroles avant de se lâcher sur le refrain en gros chant crié. Cast the First Stone est aussi dans les mêmes tonalités, offrant une intro pesante, presque tribale avec sa batterie, pour ensuite partir sur une rythmique infernale et laissant une place de choix à Kerry King pour placer un solo dantesque et chaotique. Avec ces morceaux, l’auditeur n’a plus de doutes permis, entendant bien que si Hanneman est décédé, Slayer est toujours vivant et bien vivant. Cerise sur le gâteau, Pride in Prejudice, qui clôture l’album, donne un rythme un poil plus lent, mais restant toujours dans une violence non contenue, tout en mettant en avant des riffs lourds, mais moins rapides. Preuve, s’il en était besoin, que le groupe est aussi très technique et pas seulement un bourrin de première.

Au final, Repentless, le dernier album de Slayer, est un excellent cru qui fera mentir les détracteurs du groupe ou ceux qui pensaient que le groupe était fini suite au décès de Hanneman. Slayer prouve qu’il est toujours là, que la musique survit à la mort et qu’elle reste un bon moyen de ne pas oublier les morts, de les honorer, de les garder près de soi. Bref, un album violent, sans fioriture, technique et diablement efficace.

  1. Delusions of Saviour
  2. Repentless
  3. Take Control
  4. Vices
  5. Cast the First Stone
  6. When the Stillness Comes
  7. Chasing Death
  8. Implode
  9. Piano Wire
  10. Atrocity Vendor
  11. You Against You
  12. Pride in Prejudice

Note : 17/20

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Par AqME

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