octobre 27, 2020

Hitchcock/Truffaut

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De : Kent Jones

Avec Olivier Assayas, Wes Anderson, Martin Scorsese, David Fincher

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Documentaire

Résumé:

Des réalisateurs discutent autour du livre de François Truffaut, le Cinéma de Hitchcock, et comment il a influencé leur travail.

Avis:

Kent Jones est un réalisateur qui s’intéresse aux réalisateurs. Donnant dans le documentaire, le réalisateur, avant de s’intéresser aux célèbres entretiens entre les deux légendes du cinéma que sont Alfred Hitchcock et François Truffaut, avait déjà dédié son premier film à une autre légende du cinéma, Elia Kazan. Un documentaire qui n’a jamais franchi nos frontières.

Cinq ans après « A Letter to Elia« , Kent Jones nous présente son nouveau projet, et quel projet, car le réalisateur s’attaque cette fois-ci aux entretiens que Truffaut a eus avec Hitchcock au milieu des années 60. Des entretiens cultes, qui sont une bible pour beaucoup de réalisateurs et autres cinéphiles. Mais voilà, si le film est vraiment très intéressant, qu’on en apprend beaucoup et qu’on saluera le gros travail qu’a fourni Kent Jones pour que le film existe, on ne peut pas dire que le film soit une entière réussite. Car le tout est parfois confus et il nous reste un goût d’inachevé. Un peu comme si la copie présentée au festival de Deauville n’était pas la version définitive.

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Été 1962, Hitchcock est à l’apogée de son art, François Truffaut, lui, est l’un des très beaux espoirs du cinéma français. Truffaut est complètement fasciné par Hitchcock et lui propose de faire une immense interview qui durera une semaine complète. Un projet presque impossible, mais qui verra tout de même le jour.

Avec « Hitchcock/Truffaut« , Kent Jones nous propose de dresser le portrait de l’un des plus grands réalisateurs à travers les yeux de son premier admirateur, mais aussi à travers les yeux de la profession complète.

Partant d’images d’archive, de conversations enregistrées ainsi que d’images de leur propos, Kent Jones nous invite à analyser, comprendre et peut être connaitre un peu plus Sir Alfred Hitchcock mais aussi François Truffaut. On entre très facilement dans ce film, qui se révèle, à bien des égards, très intéressant. Bien documenté, le film de Kent Jones permet de s’inviter au plus près de la création du maître du suspens. Ainsi, on va pouvoir découvrir comment le réalisateur travaillait. On va pouvoir découvrir sa vision du cinéma, on va redécouvrir son univers, son langage. À grands coups d’analyses de séquences par d’autres réalisateurs admirateurs (David Fincher, Martin Scorsese, Richard Linklater, Wes Anderson, mais aussi Arnaud Desplechin, Olivier Assayas et bien d’autres encore) de l’œuvre de celui que l’on peut appeler le patron, on prend plaisir à revoir ces plans incroyables, indémodables même. On prend un très beau plaisir à découvrir cette amitié qui naît entre les deux cinéastes. C’est très subtil et tissé de petits détails. Le travail que Kent Jones a réalisé au niveau de la documentation est assez exceptionnel, nous offrant des images des deux réalisateurs à toutes les périodes de leur vie. Des images qui parlent d’elles-mêmes et démontrent déjà le talent d’Hitchcock, quand ce dernier était tout jeune. Mais le réalisateur n’en oubliera pas François Truffaut. Même si son film parle énormément, voire même principalement, du cinéaste britannique du point de vue de Truffaut, Kent Jones aborde aussi le cinéma de François Truffaut, de ses films, de ses envies, des échanges sur papier qu’il avait avec Alfred Hitchcock, et encore une fois, c’est très intéressant. D’ailleurs dans ce sens-là, le film est quelque peu frustrant, car on aurait aimé en avoir un peu plus.

Mais voilà, comme dis plus haut, « Hitchcock/Truffaut » n’est pas une totale réussite et il a ses petits défauts, ses maladresses et surtout cette sensation que le film présenté est loin d’être fini. Même si ça reste toujours intéressant, le film est confus. Particulièrement au niveau de son montage. Sans vraiment de ligne directrice, si ce n’est son sujet, le documentaire a tendance à partir dans tous les sens. Ça se suit bien sûr, mais parfois, c’est dérangeant, dans le sens où l’on ne comprend pas très bien pourquoi on passe de telles choses à telles choses. Autre défaut du film, et celui-ci n’est pas des moindres, c’est le montage son. Truffaut ne parlait pas anglais, il avait donc engagé une traductrice pour l’aider à communiquer sur cette interview. La traductrice traduisait donc au réalisateur presque instantanément, et allez savoir pourquoi, le réalisateur a décidé de garder la voix de cette femme. Une chose qui aurait pu ne pas être dérangeante, si Kent Jones n’avait pas rajouté une voix off, qui parle exactement en même temps que la traductrice. Du coup à l’écran, ça donne un brouhaha assez insupportable et surtout très difficile à suivre. Une erreur qui est d’autant plus incompréhensible que le réalisateur la réitère une fois sur deux.

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Ce premier documentaire laisse un sentiment mitigé, car dans un sens Kent Jones a réussi son film. On en découvre plus sur les deux réalisateurs. Le travail de recherche que le réalisateur nous a offert est incroyable. Certaines images sont comme des cadeaux précieux d’une époque magique qui n’existe plus. Mais dans l’autre sens, le cinéaste a quelque peu raté son film, car il a des côtés vraiment très agaçants et décevants. Après, l’impression d’inachevé se fait vraiment sentir à la sortie de la salle et on se pose vraiment la question si la copie présentée est la définitive. On peut donc espérer que peut être, le film sera remanié au moment de sa sortie… Enfin, du moins s’il arrive chez nous.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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